Après dix-huit mois de galère et 50 000 € de travaux, la péniche qui abrite la Maison Nougaro doit rouvrir en mai, aux Ponts-Jumeaux à Toulouse, sauvée par le groupe Manatour. Récit d’un naufrage évité.
Fermée depuis novembre 2024, la Maison Nougaro est sur le point de rouvrir aux Ponts-Jumeaux. De longs mois de travaux, réalisés de façon artisanale, ont été nécessaires pour démonter puis reconstruire la péniche, âme flottante de Nougaro à Toulouse, sa ville natale.
“Il fallait absolument partir en cale sèche pour faire les vérifications obligatoires”, explique Cécile Nougaro, à qui le chanteur a consacré la plus belle chanson d’un père à sa fille. “Tous les dix ans, les bateaux doivent sortir de l’eau pour qu’un expert maritime vienne contrôler la coque. C’est une obligation mais on avait déjà repoussé deux fois, faute de moyens. On n’avait tout simplement pas les 23 000 € nécessaires”.
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Sans les subventions espérées des collectivités locales et territoriales, des solutions personnelles et privées ont dû être cherchées. “Tout l’argent, c’est nous qui l’avons mis”, ajoute Frédéric Castex, cocréateur de la Maison Nougaro que Cécile appelle son “frère” de cœur et avec laquelle il remonte actuellement la péniche. “J’ai vendu ma maison pour continuer, je ne suis même plus à Toulouse, j’ai déménagé à Castelnaudary. On a tourné en rond pendant des mois, car on ne savait pas comment faire”.
Des frais imprévus
Pendant ce temps, la péniche dont la timonerie a été démontée car elle ne passait pas sous les ponts du canal, est partie à Port Sud, la cale de Ramonville. Nouveau coup dur, l’expert fluvial a découvert des problèmes qui n’avaient pas été imaginés…
“Des petits trous dans la coque ont été décelés ce qui occasionnait des plaques à remplacer”, précise Cécile. “Il fallait poser 50 m² de tôle supplémentaire. Ça représentait 27 000 € de plus. On était déjà à bout. On n’avait plus rien. Heureusement, un partenaire est arrivé et a dit : ‘J’y vais, je paye cette somme-là’ sans lui, c’était fini”.
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Ce sauveur, c’est Pierre-Olivier Nau, directeur du groupe Manatour qui gère notamment Aeroscopia, le musée de l’aviation à Blagnac. “C’est quelqu’un de bien, passionné par la transmission, il nous respecte profondément et a compris ce que représente la Maison Nougaro”, insiste Cécile, émue. “Il a décidé de nous aider, d’investir et de reprendre la gérance du bateau”. Celui qui assurera la gestion du lieu pour trois ans à sa réouverture a payé les 50 000 € nécessaires aux travaux de la péniche.
Réouverture en mai
“La Maison Nougaro, c’est plus qu’un bateau, c’est un symbole”, commente Frédéric Castex. “On ne pouvait pas le laisser couler. Quand Manatour est arrivé, c’était comme une bouée de sauvetage. On s’est dit : ‘Enfin, quelqu’un comprend”.
La commission de sécurité passera le 6 mai. Si tout est validé, la réouverture pourrait avoir lieu dès le 7 mai. “Tout sera en place”, affirment en chœur Cécile et Frédéric. “On veut que les gens reviennent, qu’ils voient que la Maison Nougaro est toujours là, vivante. C’est important de le dire, sinon les gens croiront que c’est fini. Et surtout, on garde l’essence du lieu : la poésie, la musique, la mémoire de Claude Nougaro. C’est ce qui compte”.

