March 3, 2026

Municipales 2026 à Toulouse : que proposent les principaux candidats pour l’économie toulousaine ?

l’essentiel
Économie, emploi et pouvoir d’achat des Toulousains sont au cœur de la campagne pour la mairie de Toulouse et surtout pour la métropole qui porte la compétence économique.

Une campagne municipale ne se gagne pas en priorité sur les enjeux économiques. Toutefois, les programmes des candidats donnent une coloration, voire une orientation à la future politique économique qui est, avant tout, une compétence de la métropole avec l’attractivité touristique et des entreprises et le foncier à vocation économique.

Moudenc : zéro hausse d’impôts et mutuelle communale

Le maire sortant Jean-Luc Moudenc s’appuie sur son bilan qu’il souhaite amplifier. Après le mandat du socialiste Pierre Cohen (2008-2014), il a réconcilié la collectivité avec le monde économique en lançant le Small Business Act à la Toulousaine pour favoriser les PME locales dans la commande publique.

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Côté bilan, le sortant capitalise sur la création de campus par filière : aerospace à Montaudran, santé à l’oncopole, mobilités décarbonées à Francazal, mais aussi sur le titanesque chantier du métro (3,4 milliards d’euros d’investissement). Elle est baptisée la ligne de l’emploi car elle dessert les grands bassins économiques de la métropole, de Colomiers à Labège en passant par la gare Matabiau, soit 220 000 salariés avec une entrée en service en 2028.

Dans le programme 2026, la liste Moudenc se dit favorable à l’accueil d’entreprises de la tech (IA, data centers…) et d’industries y compris du secteur de la défense et promet zéro augmentation de cotisation foncière des entreprises (CFE). Jean-Luc Moudenc, qui veut prolonger le téléphérique jusqu’au quartier Malepère, est favorable à la présence des organisations patronales à Tisséo. Côté pouvoir d’achat, la mutuelle communale moins chère que le marché sera étendue et généralisée à tous et la taxe foncière ne sera pas augmentée.

Briançon : logements sociaux et davantage de bus

François Briançon, candidat de la gauche unie (PS, PC, Archipel, PRG…), se dit lui aussi favorable à l’aéronautique et pousse fort des propositions pour le logement avec la production de 15 000 logements sociaux par an contre 10 000 prévus dans le PLUiH. Sur le mandat, le budget consacré serait d’environ 100 M€ de contributions, chiffre le candidat socialiste qui veut aussi instaurer l’encadrement des loyers pour le pouvoir d’achat. La réhabilitation de 30 000 logements sociaux et privés nécessiterait la mobilisation d’aides à hauteur de 25 M€ par an, dont environ 7 M€ sur fonds propres de la Métropole.

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Le socialiste propose aussi une hausse de l’offre de transports en commun de 20 % qui sera portée par Tisséo (+ 112 M€) ainsi que la gratuité des transports pour les moins de 18 ans (6 M€ / an). Sera aussi instaurée une tarification des transports en fonction des revenus dès 2027. Le gros morceau sera la participation au lancement du RER métropolitain baptisé SERM*. Un coût chiffré à 5 milliards d’euros sera à partager avec la région Occitanie et l’État. François Briançon propose un audit des finances de Tisséo pour connaître la capacité précise d’investissement et donc sa future participation au SERM…

Piquemal : encadrer les loyers, augmenter les fonctionnaires

François Piquemal, candidat LFI, s’inscrit dans la ligne de son parti puisque Manuel Bompard a déclaré : “Le programme politique de la France Insoumise est anticapitaliste, et je n’ai pas de problème à le dire !”. Le Toulousain veut lancer un grand plan de rénovation énergétique des bâtiments publics (50 M€ pour 25 % des écoles), un plan bio pour les cantines et créer un service d’aide aux entreprises et producteurs locaux pour leur permettre de bénéficier des marchés publics. Son équipe a chiffré les mesures de son programme à grand trait.

Il souhaite titulariser les emplois précaires à la mairie et la métropole et augmenter leurs bas salaires pour un coût de “quelques millions d’euros”. Instaurant l’encadrement des loyers, François Piquemal veut aussi remettre 230 000 m² de bureaux vacants sur le marché ou les préempter pour les mettre à disposition de PME, artisans et ateliers d’artistes. L’offre de bus sera augmentée de 20 % avec la création de nouvelles lignes Linéo (35 M€ par an) avec la gratuité de l’abonnement Tisséo pour les – 26 ans (35 M€ par an). Il propose aussi de lancer le SERM estimé entre 4 et 5 milliards d’euros en réaffectant les fonds de la LGV puisque LFI est contre la ligne Bordeaux – Toulouse.

La CPME envoie une charte aux candidats

Pour les municipales à Toulouse, la CPME propose le “réflexe PME” pour sensibiliser les candidats à la place des PME notamment dans les marchés publics et a envoyé une charte d’engagement à tous les candidats. “Le but est que la CPME soit systématiquement consultée pour les décisions économiques” explique Nicolas Durand. Le président de la CPME 31 rappelle que sur les projets comme le SERM ou le plan de construction de logements poussé par certains candidats “le budget sera un point central pour savoir comment sera assuré le financement” alors que Jean-Luc Moudenc a mis en garde contre “des promesses à crédit”.

Le Medef 31 est plus tranché sur la LGV : “Si un seul LFI rejoint la liste de François Briançon entre les deux tours ce sera un obstacle car ils sont contre la LGV Bordeaux – Toulouse » a prévenu Pierre-Olivier Nau, le président du Medef 31.

* Service express régional métropolitain

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