Un membre de la protection civile au milieu des débris après des frappes israéliennes noctures dans la banlieue sud de Beyrouth, le 6 mars 2026. – / AFP
Déjà sept jours depuis le début du conflit qui embrase le Moyen-Orient et ne cesse de prendre de l’ampleur, jour après jour. Les frappes israéliennes se poursuivent ce vendredi 6 mars sur la capitale libanaise, plongeant la ville dans la panique. Tsahal continue également de frapper l’Iran, indiquant viser à Téhéran « l’infrastructure du régime » iranien.
• Des frappes « à grande échelle » sur Beyrouth
D’importantes destructions sont visibles ce vendredi dans la banlieue sud de Beyrouth soumise toute la nuit à des frappes intensives de l’aviation israélienne, selon des images de l’AFP.
L’armée israélienne a annoncé avoir mené « une vaste série de frappes », visant notamment « des centres de commandement du Hezbollah » et « une installation de stockage de drones ». La banlieue sud, où vivent en temps normal entre 600 000 et 800 000 habitants, abrite les principales institutions du Hezbollah.
Deux séries de frappes ont, par ailleurs, ciblé tôt ce vendredi le village de Dours, en périphérie de Baalbek (est), selon la même source. Israël a donné l’ordre à ses forces d’avancer plus en profondeur au Liban afin d’étendre leur zone de contrôle le long de la frontière.
Des dizaines de milliers d’habitants fuient les frappes israéliennes à travers le pays, souvent sans savoir où aller. 300 000 personnes ont été déplacées au Liban, selon l’ONG Conseil norvégien pour les réfugiés. Le bilan des frappes israéliennes continues sur le Liban depuis lundi s’élève à 217 morts et et 798 blessés, a annoncé vendredi le ministère libanais de la Santé.
Jeudi, la panique s’était emparée de Beyrouth, après un appel inédit d’Israël à évacuer la banlieue sud de la capitale, un bastion du Hezbollah où des embouteillages monstres se sont immédiatement formés.
Depuis lundi, Israël a annoncé avoir mené 26 vagues de frappes sur la banlieue sud. Vendredi matin, l’Agence nationale d’information (Ani, officielle) a rapporté que des frappes se poursuivaient sur des localités du sud et de l’est du Liban. L’aviation israélienne a notamment visé la ville de Tyr, dans le sud du pays, dont les sites antiques sont classés par l’Unesco au patrimoine mondial, selon un photographe de l’AFP sur place et un média d’Etat.
• Pluie de roquettes du Hezbollah sur Israël
Environ 70 roquettes ont été tirées vendredi en direction d’Israël par le Hezbollah, a annoncé l’armée israélienne qui a aussi fait état de « plus de 70 » combattants de ce mouvement libanais soutenu par l’Iran tués depuis lundi.
Huit soldats israéliens ont été blessés, dont cinq grièvement, par des tirs dans le nord d’Israël, à la frontière avec le Liban, a annoncé un porte-parole de l’armée israélienne.
Le Hezbollah a appelé la population du nord d’Israël à évacuer les localités situées à moins de cinq kilomètres de la frontière libanaise, tandis qu’un porte-parole militaire israélien a déclaré que l’Iran et ce mouvement avaient coordonné jeudi des tirs « simultanés » de missiles sur Israël.
• Macron veut « empêcher » le Liban d’être entraîné dans la guerre
« Pour le Liban, nous devons agir » : le président français Emmanuel Macron s’est efforcé jeudi de se poser en médiateur pour empêcher que le conflit au Moyen-Orient ne déborde au Liban, où Israël mène déjà des frappes contre le Hezbollah pro-iranien et menace d’engager une opération terrestre.
« Tout doit être fait pour empêcher que ce pays proche de la France soit à nouveau entraîné dans la guerre », a exhorté le président français Emmanuel Macron, répondant à un appel en ce sens de son homologue libanais Joseph Aoun.
Ex-puissance mandataire au Liban, la France garde un attachement fort avec ce pays, où elle dispose encore de leviers d’action et ambitionne de continuer à jouer un rôle. Le Liban constitue de fait un de ses derniers relais d’influence histoires dans la région.
Comme lors de la dernière campagne de frappes israéliennes visant à détruire les capacités du Hezbollah en 2024, Emmanuel Macron tente à nouveau de faire office de médiateur entre Israël, les Etats-Unis et le Liban.
La France va « renforcer sa coopération avec les Forces armées libanaises et mettre à leur disposition des véhicules de transport blindés ainsi qu’un soutien opérationnel et logistique », a ajouté le chef de l’Etat, à l’issue d’une rencontre entre le chef d’état-major des armées françaises, le général Fabien Mandon, et le président Joseph Aoun à Beyrouth.
Invité du 20-heures de TF1, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a annoncé le déploiement d’aide humanitaire. « Cinq tonnes d’aide médicale » et « plusieurs tonnes de matériel humanitaire » destinées à la population libanaise contrainte de fuir vers le sud ont été mobilisées et seront envoyées au Liban « dès la semaine prochaine », a-t-il précisé.
Selon le ministère libanais de la Santé jeudi soir, au moins 123 personnes ont été tuées et 683 blessées depuis lundi.
• Nouvelles frappes sur Téhéran
Donald Trump a exigé la « capitulation sans conditions » de l’Iran après une semaine de guerre, des explosions secouant de nouveau Téhéran vendredi.
La télévision publique iranienne Irib a fait état de « plusieurs explosions » dans l’ouest et l’est de Téhéran, après que l’armée israélienne a annoncé une vague de frappes « à grande échelle contre l’infrastructure du régime terroriste iranien à Téhéran ».
Tsahal a indiqué viser « l’infrastructure du régime » dans le cadre d’une vague de frappes « à grande échelle ». « Après avoir mené à bien la phase d’attaque surprise, au cours de laquelle nous avons établi notre supériorité aérienne et neutralité le réseau de missiles balistiques, nous passons maintenant à la phase suivante du plan », a annoncé jeudi soir dans une déclaration télévisée le chef d’état-major israélien. Il a rappelé qu’Israël poursuivrait l’objectif d’un « démantèlement du régime » iranien et de ses capacités militaires au cours de cette nouvelle phase. L’armée israélienne annonce vendredi avoir frappé 400 cibles en Iran.
Téhéran se tient « prêt » à l’éventualité d’une invasion terrestre, a déclaré jeudi le chef de la diplomatie iranienne, assurant qu’une telle opération serait un « désastre » pour les ennemis de la République islamique. L’Iran ne demande par ailleurs ni « cessez-le-feu » ni « négociations » avec les Etats-Unis, a-t-il dit. Interrogé par la chaîne NBC News, Donald Trump a jugé qu’un déploiement de troupes au sol n’était pas nécessaire et représenterait « une perte de temps ».
Le ministère iranien de la Santé a fait état de 926 morts à l’agence Iran, soit un nombre moins élevé que certaines autres sources officielles. « Le Nouvel Obs » et l’AFP ne sont pas en mesure de vérifier ces chiffres de façon indépendante.

