Emmanuel Macron lors de son allocution télévisée, le 3 mars 2026.
JEANNE ACCORSINI/SIPA
Emmanuel Macron s’est adressé ce mardi 3 mars aux Français sur la guerre en Iran et ses répercussions au Proche et Moyen-Orient, quatre jours après l’offensive israélo-américaine contre Téhéran. Le chef de l’Etat avait mis en garde lundi contre un risque « d’embrasement à nos frontières » après le lancement samedi de l’offensive israélo-américaine en Iran.
« La République islamique d’Iran porte la première la responsabilité de cette situation », a indiqué Emmanuel Macron. Le chef de l’Etat a évoqué les « graves conséquences pour la paix et la sécurité de tous » depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. Il a déploré une intervention israélienne et américaine « en dehors du droit international, ce que nous ne pouvons pas approuver ». « L’Histoire ne pleure jamais les bourreaux de leurs peuples », a-t-il toutefois ajouté, en faisant référence au guide suprême Ali Khamenei.
• Deux bases militaires ont subi des « frappes limitées »
« Nous avons renforcé la sécurité de nos bases militaires dans la région. Deux d’entre elles ont subi des frappes limitées, ayant causé des dégâts matériels », a indiqué Emmanuel Macron. Le président a annoncé que la France avait « abattu des drones en légitime défense, dès les premières heures du conflit, pour défendre l’espace aérien de nos alliés ».
• Deux vols évacuant des Français arriveront ce mardi soir à Paris
Le président a évoqué les quelque 400 000 Français « présents dans la région ». Deux « premiers vols » rapatriant des Français du Moyen-Orient en guerre arriveront « dès » ce mardi soir à Paris. Emmanuel Macron a également annoncé des mesures pour accroître la sécurité sur le territoire national. « A ma demande, le gouvernement a renforcé le dispositif de protection militaire Sentinelle et la vigilance autour des lieux et des personnes les plus exposées », a-t-il ajouté en référence aux patrouilles de soldats sur le territoire français.
• Mise en garde contre une opération terrestre d’Israël au Liban
Emmanuel Macron a mis en garde Israël contre une opération terrestre au Liban qui serait « une escalade dangereuse et une erreur stratégique », tout en estimant que le Hezbollah avait commis « une faute majeure » en frappant Israël en premier. « Depuis ces dernières heures, la guerre s’étend au Liban, à partir duquel le Hezbollah a commis la faute majeure de frapper Israël et mettre les Libanais en danger », a-t-il dit lors de son allocution télévisée. « Israël serait en train de décider une opération terrestre : ce serait là aussi une escalade dangereuse et une erreur stratégique », a-t-il ajouté, en l’appelant à « respecter le territoire libanais et son intégrité ». « La France se tient aux côtés des autorités libanaises dans leurs efforts courageux pour reprendre en main leur sécurité. »
• Le porte-avions Charles-de-Gaulle déployé en Méditerranée
Emmanuel Macron a annoncé des renforts militaires au Moyen-Orient en guerre, dont le porte-avions Charles de Gaulle. « J’ai donné l’ordre au porte-avions Charles de Gaulle, à ses moyens aériens et à son escorte de frégates de faire route vers la Méditerranée », a-t-il assuré. Il a aussi annoncé l’envoi dans la région d’avions Rafale, de systèmes de défense anti-aérienne et de radar aéroporté, qui ont été déployés « ces dernières heures », ainsi que l’envoi à Chypre de la frégate Languedoc et de moyens anti-aériens.
• Une « coalition » pour sécuriser les « voies maritimes essentielles »
Le président a annoncé qu’il cherchait à bâtir une coalition afin de réunir des moyens, « y compris militaires », dans le but de sécuriser les « voies maritimes essentielles à l’économie mondiale ». « Aujourd’hui, le détroit d’Ormuz est de fait fermé (…) Le canal de Suez et la mer Rouge sont aussi sous tension et menacés », a-t-il dit lors d’une allocution solennelle. « Nous sommes à l’initiative pour bâtir une coalition afin de réunir les moyens, y compris militaires, pour reprendre et sécuriser le trafic dans ces voies maritimes essentielles à l’économie mondiale », a-t-il ajouté.

