Fin du direct
C’est la fin de ce direct, merci à toutes et tous de l’avoir suivi.
L’audience est suspendue. Reprise demain à 9h.
“Lors de l’attaque, les chiens étaient encore dans le camion”
Des parties du témoignage du maître de chasse à courre Sébastien Van den Berghe sont lues par la présidente Radiguet. Il a indiqué que “lors de l’attaque, les chiens étaient encore dans le camion” et “qu’ils avaient pu ensuite passer sur le lieu où a été trouvé la dépouille”.
“Il est impossible pour des chiens de chasse de se détourner de leur proie”, a-t-il témoigné. Les participants ont par ailleurs indiqué que les chiens de chasse ne se sont jamais séparés ou égarés.
La présidente Radiguet reprend avec les éléments liés à la chasse à courre
Au vu de l’heure, la présidente va simplement lire les pièces, demander les observations de Christophe Ellul. Toutes les questions seront posées demain.
La présidente Armelle Radiguet s’applique à lire tout le déroulé de la chasse à courre qui s’est déroulée ce 16 novembre 2019, selon les témoignages et éléments recueillis. “A 13h46, la chasse n’a pas encore commencé”, détaille-t-elle. Pour rappel, l’heure de la mort d’Elisa Pilarski est estimée à 13h30.
“Les chiens sont toujours en meute”, a indiqué un médecin spécialisé, “il arrive que les chiens s’égarent, mais les chasseurs les voient toujours”. Pour rappel, l’enquête a écarté toute responsabilité de la meute de chiens dans la mort d’Elisa Pilarski.
L’audience est suspendue. Reprise à 19 heures…
“Je n’oublierai jamais Elisa et Enzo”
C’est au tour de Me Novion de poser des questions à son client. “Je n’ai jamais été contre la chasse mais c’est ce que j’ai vu : les chiens sur place étaient ceux de la chasse à courre et Curtis”, répète encore une fois le prévenu.
“Je n’oublierai jamais Elisa et Enzo”, déclare Christophe Ellul en réponse à la prise de parole de son avocat. “Je ne mens pas et je sais ce que m’a dit Elisa au téléphone, tout ce que j’ai dit c’est que j’ai vu et c’est ce qu’elle m’a dit”.
“Combien de temps on met à retrouver ses esprits après une telle découverte ?”, demande Me Novion. “Je ne sais pas si je les ai retrouvés”, répond Christophe Ellul.
La procureure met Christophe Ellul dans les cordes
“Ma femme a été mangée, mon chien est plein de sang”, aurait dit Christophe Ellul lors de son appel au secours. “Pourquoi n’avez-vous pas parlé de ces chiens ?”, demande la procureure. “Je ne sais pas”, répond le prévenu. “Quand vous êtes victime, vous n’étiez pas sûr, et quand vous êtes mis en cause, vous êtes sûr”, constate la procureure. “C’est difficile entre les différentes dépositions, j’ai pu m’emmêler dans mes mots”, justifie le maître de Curtis.
“Au 17 ou à votre employeur, vous ne dîtes pas qu’elle est mordue par des chiens”, dit la procureure face à un Christophe Ellul qui ne répond plus rien. “Aux 7 chasseurs que vous croisez, vous dîtes : ‘Attention mon chien est dangereux'”. “Non, c’est faux, ça, c’est leur version”, rétorque le prévenu.
“Pourquoi avez-vous dit qu’elle hurlait de douleur ?” “Je ne sais pas, mais elle n’a pas hurlé de douleur”, répond Christophe Ellul. “Elle est mordue mais elle ne hurle pas ?”, lance la procureure sans attendre de réponse. “Votre ex-compagne vous a qualifié de menteur, qui croit à ses mensonges”, relance-t-elle face à un homme qui nie encore. “Je ne suis pas un menteur”.
Retour sur le fameux message, “Je le fais piquer”
“Qui a dit que le message était effacé ?”, demande la procureure à propos du SMS “je le fais piquer”. “Ce message n’est pas trouvé sur votre téléphone, mais sur celui d’Elisa”, continue-t-elle en direction du prévenu. “Personne n’a dit que le texto avait été effacé, on dit juste que vous n’en avez pas parlé”.
Christophe Ellul se trouve un peu décontenancé par l’intervention de la procureure. “Je peux intervenir ?” “Non”, répond-elle sèchement. “Vous êtes considérée comme une victime, votre téléphone n’est pas exploité”, répète la procureure. “Personne n’a rien supprimé, vous avez juste omis de lire ce message”. Christophe Ellul est clairement dans les cordes, il a du mal à répondre.
“Vous croyez que je n’ai pas de la peine ? Vous croyez que je n’ai pas souffert ? Moi aussi je cherche la vérité et si Curtis est coupable, piquez-le”, s’emporte Christophe Ellul à la barre. “Si j’étais coupable, je me serais enfui, je serais pas là pendant 3 jours à chercher la vérité”.
“J’aurais tué Curtis”
“Les messages dont vous me parlez, je ne m’en rappelle plus”, reprend l’homme en noir. La présidente suggère que Christophe Ellul ait pu envoyer un tel message parce qu’il savait que Curtis avait pu attaquer Elisa Pilarski. “Si c’était le cas et qu’il y avait une preuve, j’aurais tué Curtis”, répète une nouvelle fois le prévenu.
“Cette histoire de message m’énerve parce qu’à cause de cela, Nathalie me croit plus”, ajoute-t-il en se tournant vers la mère d’Elisa Pilarski.
“Les premiers chiens que j’ai vu autour d’Elisa étaient des chiens de chasse”, répète Christophe Ellul après une question de son avocat Me Alexandre Novion.
Christophe Ellul a-t-il envoyé le SMS : “Je le fais piquer” ?
Une série de messages envoyés par Christophe Ellul lors de ses recherches le 16 novembre 2019 ont intéressé les enquêteurs. Il y indique notamment “tu es où ?”, “je le fais piquer”, “je te cherche”… Le lendemain, il dit à nouveau vouloir faire piquer Curtis après que ce dernier l’ait mordu devant les forces de l’ordre. Pourquoi a-t-il affirmé vouloir faire piquer Curtis ? “J’étais sûrement énervé”, justifie-t-il. “J’ai moi-même donné mon téléphone pour qu’il soit étudié par les enquêteurs”.
“Trois personnes ont eu mon téléphone entre les mains : moi, ma sœur et la gendarmerie”, dit Christophe. “Je ne me rappelle plus l’avoir écrit, mais peut-être que je l’ai fait sur le coup de l’énervement”, continue Christophe Ellul. “Je ne dis pas que l’ai écrit, je ne dis pas que ne l’ai pas écrit, je ne sais pas… Mais si j’avais écrit ce message, il serait encore sur le téléphone”, assure le prévenu. À la barre, le maître de Curtis commence à s’énerver, il coupe son interlocutrice et le ton monte. La présidente Radiguet le reprend et il s’excuse. L’échange reprend.
Christophe Ellul se souvient du 16 novembre 2019, “j’ai pensé qu’elle s’était fait violer
Christophe Ellul revient sur son récit : “Avant que je vois Curtis, j’ai vu des chiens de chasse à cet endroit, et ensuite j’ai vu Curtis couché près du corps”. Il affirme avoir des difficultés à mobiliser tous ses souvenirs avec précisions. Il est visiblement ému et marmonne.
A 14h44, après avoir appelé les secours, Christophe Ellul tente d’appeler sa compagne sur son téléphone pendant 2 minutes et six secondes. “Pourquoi cet appel à ce moment-là”, lui demande la présidente. Christophe Ellul ne se souvient plus.
“J’ai pensé qu’elle s’était fait violer. Découvrir la femme que vous aimez, comme cela, toute nue…”, Christophe Ellul continue son récit. Après avoir trouvé le cadavre d’Elisa Pilarski, il a prévenu une voisine du secteur. “Elle est mangée de partout, elle promenait mon chien, il est rempli de sang”, aurait alors dit Christophe Ellul à cette personne, selon la présidente. Le prévenu ne proteste pas et écoute le récit de cette après-midi dramatique par Armelle Radiguet. Lorsqu’il est invité à commenter, il dit ne pas se souvenir.
“J’ai vu Elisa en bas du fossé, j’ai cru que c’était un tronc d’arbre”
Christophe Ellul a découvert le corps d’Elisa Pilarski à 14h35-14h40. C’est le moment où le prévenu a appelé les secours. “Je n’ai pas appelé avant parce que je n’imagine pas ce qu’il s’est passé”.
“J’ai vu Elisa en d’un fossé, j’ai d’abord cru que c’était un tronc d’arbre”, explique-t-il. “Vous avez témoigné que lorsque vous l’avez touché, vous avez constaté que le corps était déjà froid”, ajoute la présidente.
L’appel à l’aide d’Elisa Pilarski à Christophe Ellul
De retour à la barre, Christophe Ellul répond à nouveau aux questions de la présidente Radiguet. Nouveau point abordé, l’appel passé entre les deux au moment du drame .”Le dernier échange téléphonique que j’ai eu avec elle, c’est celui où elle me dit qu’elle est mordue aux bras et à la jambe par des chiens, et qu’elle n’arrive pas à tenir Curtis”, répète Christophe Ellul.
Au moment de cet appel, l’homme est au travail à Roissy et il explique avoir prévenu son chef pour pouvoir partir rejoindre sa compagne. Il avait alors tenté de la joindre à 22 reprises sur la route.
Lorsqu’il arrive sur le chemin que le couple avait l’habitude d’emprunter en promenade, Christophe Ellul affirme avoir trouvé des vêtements d’Elisa Pilarski, puis avoir croisé un cavalier de la chasse à courre. “Je lui ai demandé s’il n’avait pas vu une jeune femme avec un chien noir”. Après une réponse négative, il affirme avoir continué sa route, avoir croisé des chiens et être tombé sur 4 chasseurs, qui, eux non plus, n’avaient rien vu. “J’ai continué sur le chemin et c’est là que j’ai entendu Curtis aboyer”.
Légère interruption, la présidente soupçonne une personne du public de filmer les débats
La mère d’Elisa Pilarski parle de Christophe Ellul
Nathalie Pilarski n’est visiblement pas très à l’aise avec le fait d’être à la barre. Elle retourne s’asseoir à chaque fois qu’elle finit de parler, mais est invitée à se relever quand une nouvelle question lui est posée. “Avant de rencontrer Christophe, elle ne faisait pas du tout de sport canin”, assure la mère d’Elisa Pilarski. “Elle m’avait dit qu’il avait 4 chiens, je trouvais que cela faisait un peu beaucoup, mais bon…”
“J’ai toujours dit à Christophe : ‘Un chien reste un chien’. S’il a peur, on ne sait pas comment un animal peut réagir”, explique la mère d’Elisa Pilarski. “Surtout qu’il ne peut pas savoir, comme il n’était pas sur place”.
“Après la mort d’Elisa, Christophe est venu à la maison, mais c’est devenu pesant… Il tournait comme un lion en cage”, raconte la petite dame derrière la barre..
“Elisa n’avait pas peur du danger que pouvait représenter un animal”
“Elisa s’était rendu quatre fois chez Christophe”, témoigne Nathalie, la mère d’Elisa Pilarski. “Pour ce qui est de sa relation avec Curtis, elle m’avait dit que ça se passait plutôt bien”.
“Elisa m’avait dit que le couple avait décidé que ce serait Elisa qui guiderait Curtis dans les concours”, raconte la mère de la victime. Elle explique que sa fille était une amoureuse des animaux. “Sa grosse faiblesse c’est qu’elle n’avait pas peur du danger que pouvait représenter un animal… Moi, je n’ai jamais vu Curtis, donc c’est dur à dire”.
La procureure fait notifier à Nathalie Pilarski qu’Elisa ne s’était plus rendue chez Christophe depuis août 2019.
La mère d’Elisa Pilarski s’avance vers la barre
“Curtis ne s’est jamais battu, il n’était pas méchant”
Les débats se prolongent sur la dangerosité potentielle de Curtis, que le prévenu nie en bloc. “Se retourner contre Elisa ? Je ne sais pas, Curtis reste un animal”, développe Christophe Ellul, avant de se reprendre. “Mais je n’étais pas là. Tout ce que je sais, c’est qu’il ne s’était jamais battu, qu’il n’était pas méchant”.
“Curtis n’a jamais montré un signe d’agressivité. C’est peut-être à cause du hasard du fait que la chasse à courre passait là”, continue le prévenu. “Quand elle m’a appelé, elle m’a dit que plusieurs chiens l’attaquaient”.
“Elisa avait l’habitude de maîtriser son chien, Ice, qui faisait le double de Curtis”
“Avec son petit gabarit, Elisa Pilarski pouvait maîtriser Curtis ?”, demande la présidente. Christophe Ellul : “Elisa avait l’habitude de maîtriser son chien, Ice, qui faisait le double de Curtis”. Le prévenu ajoute qu’il avait conseillé à sa compagne de le “lâcher” en promenade “parce qu’il tire fort et je ne voulais pas qu’elle se blesse”.
Les chiens étaient-ils muselés ? Curtis portait-il une muselière le jour du drame ?
“Les chiens étaient-ils muselés ?”, demande la présidente. “Des fois oui, des fois non… Quand on sortait Curtis… Je ne pense pas, mais je ne me souviens pas”, bredouille Ellul plaidant l’oubli.
Lors de l’enquête, le prévenu avait témoigné sur le sujet : “Ils sont tous en laisse, mais seul Ice porte une muselière”. Quant à Curtis ? “Non, il était juste en laisse comme les autres”. A plusieurs reprises, il aurait affirmé, à l’époque, qu’Elisa lui mettait la muselière avant de sortir. “Ils ont retrouvé une muselière, donc il y avait une muselière”, répond simplement l’homme vêtu de noir.
“Est-ce qu’il l’avait sur le museau, ou autour du cou ? Je ne sais pas. J’étais pas là”, répète Christophe Ellul. Une muselière avait été retrouvée sur les lieux du drame en forêt de Retz.
“Nous allons entrer un peu plus dans le dossier”
Les débats vont porter sur la journée dramatique du 16 novembre 2019 et l’emploi du temps d’Elisa Pilarski, alors que Christophe Ellul était sur son lieu de travail, à Roissy. “Nous allons entrer un peu plus dans le dossier”, annonce la présidente Armelle Radiguet.
En procédure, Christophe Ellul a dit que ses chiens étaient “durs à maîtriser”, note la présidente. “C’est plus facile de sortir un chien tout seul qu’avec un chien dans chaque main”, justifie Christophe Ellul sur la promenade d’Elisa Pilarski. Selon lui, la jeune femme avait pour habitude de le promener seul. “On était comme une famille, cela se passait super bien avec les chiens”.
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Sur de potentiels inquiétudes quant au fait qu’Elisa Pilarski sorte Curtis seule, Christophe Ellul est clair : il n’avait aucune inquiétude. “Curtis, avant ce croisement avec la chasse à courre, n’a jamais eu d’incident. Le seul incident qui a eu lieu, c’est ce jour-là.” Le prévenu répète que jamais Curtis n’aurait pu attaquer sa compagne, selon lui.
L’audience reprend avec la suite des questions à Christophe Ellul
“Curtis était le bébé d’amour d’Elisa”
Sur le rapport de la victime aux animaux et son lien avec Curtis : “Pour Elisa il n’y avait que les animaux, elle n’aimait pas les gens”.
“Curtis était le bébé d’amour d’Elisa”, assure Christophe Ellul toujours appuyé sur la barre. “Tout le monde disait qu’il écoutait plus Elisa que moi. C’était un truc de ouf, ils étaient tellement fusionnels…”
“Donc tout le monde ment monsieur Ellul ?”
Les questions fusent, les réponses précises moins… “Votre ex-femme ment, les experts mentent, l’éleveuse ment… Donc tout le monde ment monsieur Ellul ?”, lance la procureure pour conclure ses questions, face à un prévenu agité. Il semble acquiescer.
Avant cela, Christophe Ellul n’avait pas hésité à dire : “Je mens puisque vous m’accusez, je mens…” L’homme est visiblement tendu et mis à mal par les questions qui lui sont opposées. La matinée commence à être longue pour le prévenu qui a de plus en plus de mal à garder son calme. “Cela fait 7 ans que je suis fatigué, que j’en ai plein la tête”.
“Ne soyez pas acerbe” : tensions entre Christophe Ellul et la procureure
“Votre ex-femme dit que c’est vous qui aviez ramené Curtis des Pays-Bas”, interroge la procureure, “Nous”, précise-t-il. “Je ne parle pas anglais, nous étions tous les deux”. “Sharon, l’éleveuse, affirme que c’est vous qui aviez récupéré Curtis”, lui est-il opposé. Il nie encore tout en assumant avoir eu la garde Curtis après la séparation.
“Pendant la journée, les chiens étaient en cage”, répond Christophe Ellul. “On les promenait tout le temps”. La procureure s’interroge : “Quand Elisa n’était pas là, vous les sortiez ?”, “Oui”.
Sur le fait qu’il aurait voulu donner Curtis à sa fille, Christophe Ellul s’énerve : “Pourquoi j’aurais donné Curtis à Charlotte ?” Il précisera ensuite qu’il n’a aucune relation avec sa fille et qu’elle “n’a que de la haine” pour lui, à cause de la séparation avec sa mère.
Le prévenu se tend face aux questions de la procureure sur de potentielles falsifications de papiers d’identité. “Ne soyez pas acerbe monsieur, cela va vous desservir, cela tend les gens”, prévient-elle. Christophe Ellul, plein d’ironie, vient de proposer de rappeler les experts pour répondre aux questions qui lui sont posées.
Christophe Ellul achetait-il ses chiens pour participer à des concours ?
Au cœur des débats, la question de savoir si Christophe Ellul achetait ses chiens pour des concours. “Vous les avez achetés pour quelles raisons vos chiens”, lui demande la présidente. “Pour des activités sportives”, rétorque le prévenu. “Curtis a-t-il été acheté dans un autre but que les compétions ou concours sportifs ?” “Non”.
Lorsque la présidente Radiguet présente des photos de pratiques de sports canins, Christophe Ellul balbutie quelques explications.
Christophe Ellul reconnaît avoir participé à un concours d’American Pitbull Terrier avec Curtis
“C’est surprenant qu’un propriétaire de chien ne soit pas plus au fait que ça sur la nature de son chien, vous êtes quand même nébuleux”, constate la présidente Armelle Radiguet face à un Christophe Ellul démuni, ne sachant pas quoi répondre.
Lorsqu’elle lui oppose que Curtis a participé à un concours, dans lequel seul des American Pitbull Terrier ne pouvaient être inscrits, Christophe Ellul confirme.
“Vos chiens étaient-ils souvent en cage pour être séparés, comme il a été affirmé ?”, demande la présidente. “C’est faux”, répond Christophe Ellul avec vigueur. “Les chiens, je les sortais le matin et le soir en rentrant du travail, ils vivaient en forêt”, assure-t-il. Juste après les faits, Curtis a été trouvé en cage chez le prévenu. “J’utilise la cage pour le transport, pour les faire manger sans qu’ils ne se blessent ou lorsque je pars au travail et qu’ils sont seuls”. Les explications de Christophe Ellul sont vagues et ne semblent pas satisfaire la présidente.
Pourquoi Christophe Ellul n’a jamais connu la race précise de Curtis ?
La présidente Radiguet s’interroge sur le fait que Christophe Ellul n’arrive pas à déterminer le croisement précis de Curtis. Pendant, il a changé plusieurs fois de versions, en donnant plusieurs croisements différents. Patterdale Terrier, Griffon, Whippet… Plusieurs races ont été énoncées. Mais cela semble peu probable selon les experts au vu du poids de Curtis qui pesait environ 20 kg au moment des faits. L’expertise a bien établi que Curtis est un American Pitbull Terrier.
Curtis est-il un pitbull ? Christophe Ellul hausse le ton face à ces interrogations : “C’est lui l’expert, c’est pas moi… Moi, j’étais embrouillé par tout ce qu’il se passait, je cherchais mes mots…” L’échange se tend entre la présidente Radiguet et le prévenu. Ce dernier ne se montre pas très coopératif et développe très peu concernant l’identification de Curtis.
Lors de son dernier interrogatoire face à la juge, Christophe avait finit par admettre la possibilité que Curtis soit un pitbull. “Je ne sais pas si c’est un chien de première ou deuxième catégorisé”, ajoute aujourd’hui le prévenu, toujours vague en abordant le sujet de son chien.
“C’est mon ex-femme qui gérait les papiers des chiens”
“Votre chien est né et immatriculé aux Pays-Bas”, énonce la présidente Radiguet. “C’est un American Pitbull Terrier”. Selon le docteur qui a procédé à son examen après les faits, l’animal est pucé. Hormis cela, Curtis n’avait jamais été vu par un vétérinaire et n’avait jamais été vacciné. “Vous êtes allé le chercher aux Pays-Bas lorsqu’il avait deux mois. Il s’agit du frère de Drago”. “Oui”, confirme, très simplement le prévenu, qui a acquis le chien le 16 février 2017.
Curtis est détenu dans un refuge de Haute-Garonne. Le 27 février 2026, son directeur a fait état des conditions d’accueil de Curtis à la présidente. Il est détenu dans des conditions compatibles à son bon développement et un expert a écarté toute maltraitance. Il dispose d’un box de 10 m2, il est nourri tous les jours et soigné. En janvier, Curtis a dû subir une intervention sous anesthésie générale. Il présentait des lésions cutanées.
“J’ai pris des nouvelles, mais j’ai arrêté”, assure Christophe Ellul, invité à s’exprimer. Sur le fait que Curtis n’ait jamais été vu par un vétérinaire : “Je pensais que tout était à jour. C’est mon ex-femme qui gérait les papiers des chiens, je ne m’occupais pas des suivis, je ne suis pas ‘quelqu’un à papiers'”.
Place au profil psychologique de Christophe Ellul
L’expertise psychologique du prévenu, réalisée en 2021, le décrit comme dépressif et dans une “grande détresse” liée à la mort d’Elisa Pilarski. Il était alors en “double deuil”, à cause de la perte de sa compagne et de son futur fils, Enzo. Le prévenu ne présente aucune pathologie psy.
C’est un homme “droit” qui assure alors que Curtis “ne peut pas avoir mordu Elisa”. Il est déterminé que le prévenu n’a pas rencontré d’expert-psychiatre. La présidente le questionne sur le sujet. “Je ne comprends pas la question, je ne sais pas…” Christophe Ellul marmonne et a du mal à s’exprimer.
“Je me consacre au travail et j’essaye de tenir comme cela”, affirme Christophe Ellul après une nouvelle question de la présidente sur son état psychologique actuel et sa façon de se reconstruire. On comprend que le prévenu n’est plus suivi. “Aujourd’hui, je n’ai plus rien”, souffle-t-il.
Rencontre via Facebook, passion pour les chiens et brouille liée à l’âge
La rencontre entre Christophe Ellul et Elisa Pilarski se fait via Facebook. Notamment grâce au fait que les deux sont passionnés par les chiens. Les deux se retrouvent soit chez lui dans l’Aisne, soit chez elle dans les Pyrénées-Atlantiques. “Elle venait en 4×4 avec son chien Ice”, précise-t-il sans pouvoir quantifier le nombre de rencontres. “Moi, je descendais là-bas en avion, sans les chiens”. En tout, le couple avait à sa charge 5 chiens. La mère d’Elisa Pilarski a témoigné que sa fille ne restait jamais plus d’une semaine chez son compagnon.
Le couple s’est disputé en octobre 2019. Le sujet de la brouille : l’âge de Christophe Ellul, qui s’est rajeuni de 6 ans à leur rencontre. “Quand je l’ai rencontrée, je lui ai dit que j’avais une quarantaine d’années”, justifie le prévenu. Ce dernier cherchait un emploi pour se rapprocher de sa compagne dans le Sud-Ouest.
La mère d’Elisa Pilarski refuse de prendre la parole
Pendant un court instant, la présidente dresse un portrait d’Elisa Pilarski, qui habitait dans les Pyrénées-Atlantiques. “Elle était très attachée à ses montagnes et à ses chevaux”, est-il rappelé. Invitée à prendre la parole, la mère d’Elisa Pilarski décline la proposition.
“Je n’ai plus Elisa, je n’ai plus Enzo” : les premiers mots de Christophe Ellul
La présidente Armelle Radiguet s’adresse à Christophe Ellul : “Vos certitudes, sont-elles ébranlées ?” Il hésite : “Comment je pourrais dire… S’il y a une preuve que Curtis a tué Elisa, je l’aurais piqué moi-même. Je n’ai plus Elisa, je n’ai plus Enzo”, dit-il. “Je me bats pour leur mémoire”. “Tout ce que je sais, c’est ce que j’ai vu quand je suis arrivé sur les lieux, je ne sais pas… Je veux avoir la vérité.”
“Si Curtis est coupable, piquez-le, mais donnez-moi les preuves”, lance Christophe Ellul, visiblement ému. “Mettez les preuves sur la table”. Il cherche ses mots. “Toutes ces expertises qui ont été faites… On n’a jamais eu de réponse. Il y avait plein d’incohérences. Aujourd’hui, je suis perdu… Je sais plus…”
“Ils ont bouffé ma femme”
Le rappel des faits commence. Le 16 novembre 2019, les pompiers sont appelés et interviennent en forêt de Retz. Une jeune femme est découverte entre la vie et la mort, les secours tentent de la réanimer. A 15h30, le SMUR constate le décès d’Elisa Pilarski, elle était enceinte de 6 mois. Plusieurs traces de morsures à la tête, au cou et aux membres supérieurs sont relevées. Sur le coude et l’avant-bras droit, des plaies pénétrantes de type morsure sont constatées.
“Ils ont bouffé ma femme”, disait Christophe Ellul, selon les premiers secours arrivés sur place. Il était là, car Elisa Pilarski l’avait appelé en lui assurant, selon lui, être attaquée par des chiens. Arrivé sur place, il s’est engagé sur le chemin où le couple allait souvent se promener. Après avoir rencontré un chasseur, Christophe Ellul a découvert le corps de sa compagne entouré de chiens de meute. Il était déjà froid, selon lui. Curtis, son pitbull, était aussi présent sur les lieux.
Christophe Ellul fait face à la présidente. Il reste droit et écoute attentivement, les mains jointes devant lui.
Christophe Ellul est de retour à la barre, place au rappel des faits
“On ne va pas se couper la parole pendant 3 jours”
La présidente est définitivement énervée par les interventions successives d’avocats. “On ne va pas se couper la parole pendant 3 jours”, prévient-elle, notamment à l’attention de Me Novion qui est prolixe. Elle rappelle qu’elle avait demandé du respect dans les débats : “Un homme est jugé et une famille attend des réponses”.
L’audience est suspendue. C’est déjà la deuxième pause après un peu plus d’une heure… Le rappel des faits n’a toujours pas commencé.
“Christophe Ellul n’a pas inventé l’existence de la chasse à courre”
“Je rappelle qu’il s’agit d’un accident dont certains pensent, qu’il peut s’agir d’un accident de chasse”, déclare Me Alexandre Novion. “Christophe Ellul n’a pas inventé l’existence de la chasse à courre, il l’a vu et il l’a constaté”.
L’avocat conteste donc la présence de la société de vènerie, qui est une association, Les Amis du Rallye La Passion. Selon lui, une telle constitution en partie civile serait une “marque de partialité” du tribunal. “L’association n’a rien à faire dans ce procès”.
La présidente hausse le ton après plusieurs prises de parole d’avocat.
Courte suspension, l’avocat de Christophe Ellul prend la parole
A la reprise, l’avocat bordelais de Christophe Ellul se lance dans une longue tirade : il conteste notamment la constitution de partie civile d’une association de défense animale.
Il est 9h45, l’étape primordiale du rappel des faits n’a toujours pas commencé. Me Alexandre Novion accapare la parole depuis de longues minutes. Son client n’est toujours pas revenu à la barre.
Les échanges sont déjà tendus entre la présidente et l’avocat de la défense. “Me Novion, avez-vous conclu ?”, répète-t-elle, visiblement agacée. Incompréhension autour de la transmission des conclusions au tribunal…
Le programme de la matinée
La matinée sera consacrée à un rappel des faits, à la personnalité de Christophe Ellul puis à la description de la situation du chien Curtis.
L’audience est suspendue après une intervention de Me Novion, l’avocat du prévenu. Il demande à ce que des documents soient portés à la connaissance de toute la cour.
Christophe Ellul est à la barre
Christophe Ellul est à la barre, il comparait libre. La présidente du tribunal lui énonce ses droits et décline son identité à la cour et procède à un rappel des faits. Il est notamment accusé d’homicide involontaire.
Face à ces accusations, Christophe Ellul reste droit et stoïque à la barre. Dans son costume, tout en noir, le maître de Curtis écoute, attentivement, les mains posées devant lui.
Première interruption : un portable sonne. La présidente procède à un rappel à l’ordre.
Le procès de Christophe Ellul est ouvert
Christophe Ellul est arrivé dans la salle
Celui qui risque jusqu’à 10 ans de prison est arrivé accompagné de ses conseils, dont son avocat historique Me Novion. Christophe Ellul attend debout devant son banc, il discute avec un collaborateur de son avocat. Cet homme à la carrure imposante est tout de noir vêtu : costume noir et chemise noire.
La famille d’Elisa Pilarski est présente. La petite salle d’audience du tribunal de Soissons est pleine à craquer. Une deuxième salle a dû être prévue pour retransmettre les débats et accueillir plus de public et journalistes. Au total une trentaine de médias sont présents.
Le procès de Christophe Ellul va s’ouvrir plus de 6 ans après la mort d’Elisa Pilarski
Un procès très attendu… Quelle place pour le public
A Soissons, l’accueil du public sera encadré au vu de la taille du tribunal, selon nos confrères de L’Aisne Nouvelle : vingt places en salle, vingt en salle de retransmission.
Cette salle de retransmission vidéo dédiée aux médias a dû être installée au vu du nombre de médias présents. Plus de 100 journalistes sont accrédités.
Comment l’enquête a permis d’écarter la responsabilité de la meute de chiens de chasse ?
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Qu’aurait dit la téléphonie ?
Après une confrontation en mars 2021, l’oncle d’Elisa Pilarski avait directement mis en cause Christophe Ellul. L’expertise a révélé qu’elle avait “pris pas moins de 20 photos avec Curtis qui se promène en forêt de Retz, avec elle, en laisse, mais non muselé”, a-t-il assuré, précisant que ces images étaient “horodatées […] cinq minutes avant qu’elle ne soit attaquée”.
“À 13h45, alors que Christophe Ellul est en voiture pour gagner la forêt, il va envoyer un SMS à ma nièce dans les termes suivants : ‘Je le fais piquer’. Par ce seul SMS, il reconnaît que son chien est à l’origine du décès de ma nièce”, a estimé Vincent L.
Quelle peine encourt Christophe Ellul ?
Christophe Ellul est mis en examen “pour avoir par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de prudence ou de sécurité […] involontairement causé la mort” de sa compagne, Elisa Pilarski.
Par ailleurs, le juge d’instruction a considéré également que ce délit était aggravé par trois circonstances, ce qui porte à 10 ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende les peines principales encourues par l’accusé. En principe, sans circonstances aggravantes, l’homicide involontaire est puni de 3 ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende.
Notre entretien avec Me Terquem, l’avocat de la famille d’Elisa Pilarski ⬇
Un procès plus de 6 ans après les faits
Six ans après la mort de la Béarnaise Élisa Pilarski, son compagnon Christophe Ellul est jugé du 3 au 5 mars pour homicide involontaire au tribunal de Soissons dans l’Aisne. Enceinte de 6 mois au moment des faits, Elisa Pilarski a été attaquée lors d’une balade en forêt Curtis, le pitbull de son compagnon.
Christophe Ellul est jugé pour homicide involontaire. Le 16 novembre 2019, la jeune femme promène Curtis, le chien de son compagnon, à proximité d’une chasse à courre en forêt de Retz. Elle appelle son compagnon pour lui demander de l’aide et lorsqu’il arrive plus d’une heure plus tard, il trouve son cadavre visiblement attaqué par un ou des chiens.
Les expertises réalisées ont abouti à la conclusion que seul Curtis, le chien de l’accusé ne peut avoir attaqué Elisa Pilarski. Christophe Ellul, lui, accuse la meute de chiens de chasse à courre. Mais rien n’y fait, c’est bien lui qui se trouve sur le banc des accusés, ce mardi 3 mars à Soissons.

