L’ex-prince Andrew, à la chapelle Saint-Georges du château de Windsor, près de Londres, le 31 mars 2024. JUSTIN TALLIS / AFP
La famille royale britannique est toujours plus remuée par l’affaire Epstein. L’ancien prince Andrew est soupçonné d’avoir transmis des informations confidentielles au pédocriminel Jeffrey Epstein. De nouvelles révélations qui poussent le roi Charles III et le prince William à réagir, tant le scandale n’en finit pas d’écorner l’image de la royauté.
Le roi britannique avait déjà pris une mesure historique à l’égard de son frère cadet Andrew en lui retirant en octobre 2025 ses titres royaux et ses privilèges en raison de sa proximité avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein. « Le Nouvel Obs » revient sur ces nouvelles révélations qui fragilisent l’unité au sein de la famille royale.
• Andrew soupçonné d’avoir transmis des rapports confidentiels
La police britannique de Windsor a indiqué lundi « examiner » des informations selon lesquelles l’ex-prince Andrew pourrait avoir transmis au pédocriminel Jeffrey Epstein des informations confidentielles, alors qu’il était envoyé spécial du Royaume-Uni au Commerce en 2010.
Dans un communiqué transmis à l’AFP, la police régionale de Windsor a confirmé avoir été saisie à la suite de ces informations contenues dans des courriels diffusés par le ministère américain de la Justice dans le cadre des documents sur l’affaire Epstein.
« Nous examinons les informations conformément à nos procédures habituelles », a précisé la police dans ce communiqué.
Ces informations sont venues de nouveaux courriels ayant émergé au cours des dernières 24 heures des millions de documents tirés des dossiers Epstein publiés fin janvier par le ministère américain de la Justice.
• Le roi Charles se dit « profondément inquiet »
Le roi Charles III est « profondément inquiet » des allégations visant son frère Andrew ayant émergé de l’affaire Epstein et est « prêt à aider la police » si elle devait l’approcher, a indiqué lundi un communiqué du palais de Buckingham.
« C’est à Andrew Mountbatten-Windsor de répondre aux allégations spécifiques, mais si nous sommes approchés par la police de la Thames Valley [qui couvre le domaine de Windsor, NDLR], nous sommes prêts à la soutenir », ajoute le communiqué du palais.
En octobre, le roi Charles III – qui a de nouveau été brièvement pris à partie sur ce scandale lors d’un déplacement ce lundi – avait déjà pris la mesure historique de déchoir son frère cadet de tous ses titres royaux et de l’obliger à quitter sa résidence du domaine royal de Windsor.
Le communiqué de Buckingham souligne que « les pensées et la compassion de leurs majestés vont aux victimes de toutes formes d’agressions ».
Le roi et le prince Wililam semblent avoir entendu certains experts royaux qui se sont exprimés ces derniers jours. Parmi eux, Ed Owens indiquait ainsi la semaine dernière que le roi devrait « prendre plus encore ses distances » avec Andrew et adopter une « posture morale », dans l’intérêt de son règne comme de la monarchie.
• Le prince William « préoccupé »
Ce lundi, le prince William a aussi mis fin de façon inédite à son long silence sur l’affaire Epstein et ses répercussions pour son oncle. Alors que l’héritier de la couronne s’apprêtait à partir pour une visite de trois jours en Arabie saoudite, Kensington Palace a diffusé un communiqué soulignant que William et sa femme Kate étaient « profondément préoccupés par les révélations qui se succèdent ». Le communiqué ne mentionnait cependant pas Andrew directement.
• De nouvelles allégations d’agressions sexuelles visant Andrew
Car les courriels suggérant que le frère cadet du roi a transmis des informations sur son travail de représentant spécial pour le commerce international ne sont que les dernières informations en date à venir entacher la réputation d’Andrew Mountbatten-Windsor.
Sont apparues aussi des photos non datées montrant l’ex-prince agenouillé et penché au-dessus d’une jeune femme au visage caviardé, ainsi que des e-mails invitant Epstein à Buckingham pour parler en « privé ».
De plus, alors qu’Andrew avait déjà été accusé d’agressions sexuelles par Virginia Giuffre, principale témoin à charge du dossier Epstein qui s’est suicidée en avril dernier, une deuxième femme a affirmé, via son avocat, que le financier l’avait envoyée en Angleterre en 2010 pour avoir des relations sexuelles avec Andrew à Royal Lodge. La police de Windsor avait déjà indiqué la semaine dernière examiner ces informations.
La justice américaine a également diffusé une lettre dans laquelle un avocat américain réclame, au nom d’une cliente, 250 000 dollars pour ne rien divulguer d’une soirée à West Palm Beach en 2006 lors de laquelle Epstein et Andrew l’auraient forcée à des rapports sexuels à trois. Andrew, qui a toujours démenti tout comportement illégal, n’a réagi à aucune de ces allégations.

