March 4, 2026

"Outil indispensable", "enjeu capital" : pour le fret et tourisme, le rail, ce moteur vital de la transition dans ce département des Pyrénées

l’essentiel
Face aux récentes interruptions de trafic dues aux intempéries, Dominique Fourcade, maire d’Ax-les-Thermes et vice-président de la CCHA chargé du développement, dresse un constat pragmatique.

Le rail n’est plus un simple complément de transport pour la haute Ariège, c’est le moteur de son évolution. L’infrastructure actuelle, mise à l’épreuve par des épisodes météo violents, doit désormais se mettre au diapason des ambitions de transition d’un territoire qui a fait du train son meilleur allié.

La gare d’Ax-les-Thermes, point névralgique pour un tourisme décarboné.
La gare d’Ax-les-Thermes, point névralgique pour un tourisme décarboné.
DDM FD

L’effondrement partiel de la voie entre Foix et Tarascon-sur-Ariège a rappelé l’importance économique du rail, le maire estimant une « perte sèche » de plus de 600 skieurs par jour et 1 200 le week-end lors des pics d’activité. Pour l’élu, cet événement souligne surtout la nécessité de pérenniser un outil qu’il juge « indispensable », rappelant que dans le bilan carbone du tourisme, « c’est le transport essentiellement qui accumule les tonnes de CO2 ». En structurant l’offre Skirail, la vallée a réussi à « rendre accessible à beaucoup de monde le ski et à renouveler la clientèle », tout en garantissant un bilan environnemental exemplaire, les remontées mécaniques fonctionnant déjà à l’électricité.

Vers une montagne « quatre saisons » connectée

Au-delà de l’exploitation hivernale, la Communauté de Communes de la Haute-Ariège (CCHA) s’engage dans une stratégie touristique annuelle. Dans le cadre du dispositif « Avenir Montagne », Dominique Fourcade et son équipe misent sur le rail pour connecter le territoire aux amateurs d’activités outdoor : « Le train peut servir à amener les gens sur beaucoup de sports, que ce soit pour le vélo ou l’escalade », explique-t-il. Cette approche intègre aussi le volet thermal et « wellness », ou bien-être, avec des formules de soins à la journée accessibles sans voiture. Pour l’édile, cette mutation ne pourra réussir qu’en s’appuyant sur le train de nuit, qu’il considère comme un « enjeu capital » pour l’attractivité de la destination.

À lire aussi :
Train suspendu en Ariège : “Il y en a pour plusieurs mois avant de pouvoir reprendre la circulation”, un coup dur pour les Ariégeois

Le grand chantier structurel reste le fret ferroviaire, levier indispensable pour désengorger une RN20 saturée. Si la Région Occitanie soutient activement une étude pour basculer les marchandises de la route vers le rail, le projet attend un signal fort de l’Andorre. Dominique Fourcade ne cache pas son regret de voir les partenaires andorrans hésiter à s’engager concrètement : « Ce sont eux qui tiennent la clé. Il faudrait qu’ils s’engagent sur le ferroutage ».

L’objectif est pourtant vital : améliorer la sécurité routière et la qualité de l’air. L’édile rappelle qu’au moment de la déviation de la ville thermale, les analyses étaient sans appel : « On s’est aperçu qu’on respirait beaucoup mieux, on avait moins de particules. Sortir les camions, c’était améliorer la qualité de l’air et la sécurité des habitants ».

Moderniser l’existant : la priorité du doublement de voie

Enfin, l’élu appelle à concentrer les moyens sur l’efficacité de l’existant plutôt que sur de nouvelles jonctions transfrontalières complexes. Le tunnel hélicoïdal de Saillens limitant techniquement le passage du fret lourd vers les sommets, la stratégie repose sur des plateformes de transfert locales.

Pour Dominique Fourcade, la priorité nationale est claire : « Le vrai enjeu maintenant, c’est que l’État doit investir pour nous doubler la capacité de la voie, ce qui nous permettrait d’avoir un peu plus de fuseaux, un peu plus de trains et un bien meilleur rendement ». C’est par ce doublement de voie que la haute Ariège entend sécuriser son avenir et fluidifier ses échanges.

source

TAGS: