March 2, 2026

Yazid Soukri a relooké le O’Carlow de Gaillac

l’essentiel
Le premier pub de la ville a accentué son côté british. Sur la façade, dans la salle et au comptoir avec une carte de bières plus large.

“Il y a trente-quatre ans, j’étais le plus jeune. Aujourd’hui, je suis le plus ancien dans la limonade.” Yazid Soukri regarde par-dessus l’épaule : il en a connu des péripéties depuis ces années de serveur au Chantilly et ailleurs. Stylé comme personne. C’est son pote Vincent Moscato, le roi de la métaphore, qui en parle le mieux.

“Il avait l’élégance d’un danseur de tango, le duende et la cambrure féline d’un matador enchaînant les véroniques. Il glissait d’un pas duveteux entre les tables de la terrasse. Avec dix consos sur le plateau. C’était un spectacle, une chorégraphie.” Puis Yazid a eu des velléités d’entrepreneur, il a créé le O’Carlow il y a vingt et un ans. Le premier pub de la ville a vite attiré la colonie britannique, mais pas que. Sa croissance était fulgurante. Jusqu’à la nuit du 30 au 31 mai 2016, quand tout l’immeuble s’effondre. Le trou restera béant pendant huit ans. Yazid trouve vite la parade dans un ancien kebab, à une centaine de mètres. “C’était mieux que rien, mais on perdait en visibilité.” Dès que s’est libéré un espace donnant sur la place, avec une large terrasse, il a déménagé. Le picaresque, c’est le transfert du bar, une relique qui avait survécu à l’effondrement. “On l’a transporté sur des roulettes en le poussant avec le déménageur Cadillac. Les agents de la police municipale réglaient la circulation.” L’immeuble a été reconstruit, Yazid et Laure son épouse l’ont mis à la vente.

Le QG de Moscato

L’actualité du O’Carlow, c’est le relookage par l’entreprise Cailhol, de Sénouillac. À l’intérieur, les tons “vert anglais” et la façade rouge soulignent un peu plus l’esprit pub. Le bar actuel – couleur acajou – est plus long (12 mètres) avec huit tireuses, dont la Guinness. “J’en passe 30 litres par semaine depuis vingt et un ans. De toute façon, si on ne passe pas 1,5 fût/semaine, Guinness arrête de fournir. La bière, pour être parfaite, ne doit pas stagner dans les tuyaux.”

Yazid, Laure et les deux employées Emma et Anne-Lise servent sept marques : Tuborg, La Bête (ambrée), les deux Green, la Fada (artisanale), l’Anosteke (championne du monde) et la bière du moment qui change tous les deux mois. Les gammes imposantes de whisky et de rhum ont aussi leur clientèle. Le premier lundi du mois, Gerry Carter déboule pour une soirée irlandaise. “Il sera avec nous également pour le week-end de la Saint-Patrick, du 17 au 20 mars.”

Deux dates dans le mois sont réservées à une soirée thématique (bières, cocktails) en musique. L’été, la programmation musicale monte en régime : une soirée au moins par semaine. Le O’Carlow se réinvente : cette réactivité lui a permis de traverser les années. Le mot de la fin à Vincent Moscato. “C’est mon QG. Le O’Carlow devrait être inscrit au patrimoine. Yaze est entré vivant dans la légende de la limonade.”

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