Adresse renommée de Montauban (Tarn-et-Garonne), la boulangerie viennoiserie de la rue de la République a vu son histoire s’arrêter brutalement vendredi 13 mars 2026. Sur demande des gérants, l’établissement avait été placé mardi en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce.
Dans l’échoppe du 16 rue de la République à Montauban (Tarn-et-Garonne), à l’heure du déjeuner de ce vendredi 13 mars 2026, l’ambiance est à l’émotion et aux souvenirs. Ouverte depuis des décennies, la Croquantine, célèbre adresse chère au cœur des Montalbanais, devait baisser le soir même le rideau pour la dernière fois.
“C’est très triste, confie Frédérique Beaumont, cogérante avec son mari depuis 2012 de l’établissement. Cela fait un an et demi que nous cherchions à vendre mais nous n’avons pas réussi.” Et pour cause, le commerce a subi de plein fouet les récentes crises qui ont émaillé le quotidien des Français.
Des coûts qui ont explosé
Les travaux de la place Foch, la guerre en Ukraine et l’augmentation du prix de la farine et de l’électricité qui en a découlé ont fini de mettre à sac l’entreprise qui avait déjà subi la pandémie de Covid : “Nous étions ouverts à l’époque, car nous étions un commerce essentiel, mais les gens ont arrêté de venir car ils avaient de moins en moins de moyens”, poursuit Mme Beaumont.
Dans la salle, Anaïs est attablée. La jeune femme travaille aux Délices Lamarque, l’établissement situé juste en face. Cela faisait trois ans qu’elle venait tous les jours pour “déjeuner, prendre le café, avoir un simple lien humain avec des gens qui étaient formidables”.
On venait ici car c’était l’une des dernières boulangeries qui faisait tous ses produits en 100 % fait maison. C’est terrible de constater qu’on perd une partie de ce patrimoine à Montauban.
Assaillie par l’émotion, elle se met à pleurer sous le regard d’un couple de retraités qui partagent sa peine : “On venait ici car c’était l’une des dernières boulangeries qui faisait tous ses produits en 100 % fait maison. C’est terrible de constater qu’on perd une partie de ce patrimoine à Montauban. On a vu énormément de choses fermer mais une boulangerie, on ne s’y attendait pas.”
La Croquantine était notamment connue pour fabriquer les meilleures chouquettes de la ville. Que faire de la suite ? Telle est la question que tous se posent. Les deux salariées présentes en arrière-boutique peinent elles aussi à cacher leur tristesse.
“On savait que c’était difficile, mais on ne s’attendait pas à ce que ce soit aussi rapide”, raconte l’une d’elles.
Frédérique Beaumont, qui n’a jamais cherché à licencier aucun de ses employés, est elle aussi embarrassée : “Nous nous sommes battus, beaucoup de gens sont venus enthousiastes pour reprendre la boutique mais n’ont jamais rappelé. Désormais, on en est là et on ne sait pas ce que l’on va faire de nos vies”.
Malgré tout, en signe d’espoir, la quinquagénaire tient à adresser à chacun de ses clients un “Ne vous inquiétez pas, nous nous reverrons”. Une manière de positiver malgré la réalité dramatique de l’économie.

