Inflation, hausse des charges, recettes sous tension : malgré un contexte compliqué, la Ville d’Agen affiche en 2025 des finances solides. Épargne élevée, investissements massifs, dette sous contrôle et zéro hausse d’impôts : le cap est maintenu. Explications d’un équilibre budgétaire qui mise sur l’action sans alourdir la facture des Agenais.
Inflation, hausse des charges, incertitudes nationales… Dans ce contexte tendu, la Ville d’Agen affiche des comptes 2025 robustes. Adopté en conseil municipal le 23 février, le Compte Financier Unique (CFU) confirme une trajectoire assumée : investir massivement sans dégrader les équilibres.
« On a commencé le mandat avec le Covid, puis l’inflation liée à la guerre en Ukraine. Malgré cela, on a maintenu le cap », résume Mohamed Fellah, adjoint aux finances.
Une épargne solide, véritable thermomètre
Premier indicateur scruté : l’épargne brute. En 2025, elle atteint 6,6 millions d’euros (7,9 M€ avec éléments exceptionnels), soit 12,9 % des recettes. Un niveau supérieur à l’objectif interne fixé à 10 %.
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Concrètement ? Cela signifie que la Ville dégage des marges pour investir et rembourser sa dette sans tension excessive. « On arrive à dégager 6 millions d’euros d’épargne par an. C’est un bon niveau qu’il faut conserver », insiste l’élu.
Cette performance repose sur un plan d’économies engagé depuis deux ans : 757 000 € économisés sur les charges courantes, 244 000 € sur la masse salariale. Résultat : les dépenses de fonctionnement baissent de 5,4 % en 2025, dont – 7 % sur les charges générales, notamment grâce à la baisse des coûts énergétiques.
Investir fort, mais sans déraper
Deuxième marqueur : l’investissement. Sur la période 2020-2025, 118,6 millions d’euros ont été engagés, soit près de 20 M€ par an, presque le double du mandat précédent.
En 2025, cela se traduit par la nouvelle école Paul-Chollet (4,2 M€), la ceinture douce avenue Jean-Jaurès (3 M€), le parc urbain Fallières (2 M€).
Des projets visibles, concrets, qui structurent la ville. « Notre projet de mandat demandait d’investir 20 millions d’euros par an. On a tenu cet engagement », souligne Mohamed Fellah.
Autre point fort : 31,7 M€ de financements externes ont été obtenus. Les subventions couvrent désormais 28 % des investissements, contre 19 % auparavant.
Une dette maîtrisée
Investir suppose d’emprunter. La dette atteint 42,1 M€ fin 2025, soit 1 045 € par habitant, un niveau proche de la moyenne des villes comparables.
Mais l’indicateur clé reste la capacité de désendettement : 6,4 ans. Bien en dessous du seuil d’alerte fixé à 12 ans. « En début de mandat, nous étions très en dessous de la moyenne. Aujourd’hui, nous sommes au niveau de la strate. Il faut désormais s’y maintenir », analyse l’adjoint.
Autrement dit : la Ville a utilisé sa capacité d’endettement sans la dépasser.
Pas d’augmentation d’impôts
Dernier message martelé par la majorité : aucune hausse des taux communaux sur l’ensemble du mandat.
Dans un contexte où certaines recettes reculent – notamment la taxe d’habitation sur les résidences secondaires (-758 000 €) – et où les dotations de l’État représentent près de 30 % des ressources, l’équation était complexe.
« Malgré le contexte très compliqué, on a réussi à maintenir l’épargne, investir massivement et ne pas toucher aux taux communaux », résume Mohamed Fellah.
Le cap maintenu
Au final, le CFU 2025 dessine une ligne claire : maîtrise des dépenses, épargne préservée, investissements soutenus et dette contenue.
Un équilibre délicat, revendiqué comme un succès par l’exécutif municipal, et qui place Agen dans une situation financière jugée « saine et sécurisée » à l’approche de la fin du mandat.

