La crise du détroit d’Ormuz, point névralgique du commerce d’hydrocarbures mondial, suscite toujours une vive inquiétude sur les marchés. La guerre et les blocus font craindre une hausse durable des prix de l’énergie.
Le mois d’avril “devrait être encore pire que mars”. La prédiction de Fatih Birol, directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), ne laisse présager rien de bon pour les automobilistes. Les prix du carburant risquent donc de continuer à augmenter. Et pour cause, la guerre au Moyen-Orient s’embourbe et les perspectives d’un retour rapide au calme sont minces.
Les États-Unis ont lancé le lundi 13 avril un blocus maritime de l’Iran et du détroit d’Ormuz afin d’empêcher les pétroliers iraniens de fournir leurs alliés, et notamment la Chine, en or noir. Donald Trump a prévenu que les navires de Téhéran qui braveraient le blocus seraient immédiatement détruits. Ce mardi, aucun navire n’avait traversé le détroit, selon les États-Unis. Le régime des mollahs dénonce une “piraterie” américaine et menace de ripostes “sévères”.
Un détroit, deux blocus
Deux blocus empêchent dorénavant le transport des pétroliers dans ce détroit qui voit transiter en temps normal un cinquième du marché mondial des hydrocarbures et du gaz. Celui de l’Iran, depuis le début du conflit, interdit aux navires des autres pays de se fournir par la mer en pétrole des pays du Golfe. Et maintenant, celui des États-Unis, qui vise spécifiquement les quelques pétroliers iraniens qui continuaient de naviguer dans les eaux du détroit malgré la guerre.
L’ONU a condamné les deux blocus comme des violations du droit maritime international. La Chine proteste de son côté contre la coupure de ses approvisionnements pétroliers iraniens. Riyad et Doha, bloqués par l’Iran, plaident pour une désescalade urgente, craignant un embrasement régional qui pourrait aisément devenir hors de contrôle.
Une situation ubuesque provoquée par l’effondrement express des négociations entre Washington et Téhéran lors des pourparlers de paix organisés au Pakistan samedi dernier. Après seulement une journée de discussions, les deux délégations sont rentrées chez elles bredouilles, sans jamais s’approcher d’un accord, le vice-président américain JD Vance claquant la porte après avoir accusé l’Iran de refuser tout désarmement nucléaire.
Une pression durable sur les prix de l’énergie
Pendant ce temps, le cours du baril de Brent continue d’être à des niveaux extrêmement élevés. Malgré une légère baisse par rapport aux 110 dollars le baril que l’on a pu voir le 31 mars, les 96 dollars de ce mardi ne laissent pas entrevoir la possibilité d’une baisse prochaine des prix à la pompe.
En France, les conséquences devraient s’accentuer sur les prix de l’énergie. Le prix de référence du gaz devrait augmenter de 15 % dès le 1er mai, tandis que l’électricité et les produits alimentaires pourraient également subir des hausses conséquentes. Dans ce contexte, les experts n’entrevoient pas un retour à la normale rapidement. La volatilité des marchés reste extrême, et chaque annonce de Donald Trump ou du régime iranien se traduit immédiatement par des variations importantes du prix du baril. Tant que les flux pétroliers en provenance du Golfe resteront perturbés, les prix devraient rester durablement sous pression.
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La crise énergétique devrait cependant perdurer même une fois le conflit terminé à cause des dégâts subis par les infrastructures pétrolières et gazières des pays du Golfe. Selon l’Agence internationale de l’énergie, plus d’un tiers des installations énergétiques de la région ont été gravement endommagées depuis le début du conflit déclenché le 28 février par l’offensive des États-Unis et d’Israël sur l’Iran.

