Au club des Carangues, l’apnée s’apprend en douceur, entre respiration maîtrisée, sécurité et découverte de soi. On se lance dans le grand bain.
Se laisser glisser sous l’eau en retenant son souffle peut impressionner. C’est pourtant avec méthode et bienveillance que le club de plongée des Carangues initie les curieux à l’apnée. Pour mieux comprendre cette discipline, j’ai assisté et participé à une séance.
En maillot, au bord du bassin, une légère inquiétude s’installe. Dans le petit bain, Lucas Marquès, initiateur, commence par les bases. Pas question de performance immédiate : ici, tout débute par la respiration. Les premiers exercices invitent à ralentir, à prendre conscience de l’air dans les poumons et à réaliser de petites immersions en retenant son souffle. Les appréhensions persistent d’abord, puis, guidé, le corps se relâche. Vient ensuite le passage dans le grand bain, équipé de palmes et d’un masque prêtés pour l’occasion. Tandis que les habitués enchaînent les longueurs, l’initiation se poursuit.
Le souffle ralentit, les mouvements sont plus fluides. Peu à peu, l’aisance s’installe sous l’eau. L’apnée* révèle alors une autre facette : une discipline de maîtrise de soi plus que de performance brute. Pour Hubert Marty, instructeur, les bienfaits sont nombreux : “Amélioration de la capacité pulmonaire et de la gestion du souffle, renforcement musculaire et travail de l’endurance en douceur. Elle aide aussi à la détente, à la concentration et au lâcher-prise”.
Au sein des Carangues, l’encadrement insiste sur la progressivité et la sécurité. La règle essentielle, en piscine comme en mer : ne jamais plonger seul. L’objectif n’est pas de battre des records, mais d’apprendre à écouter son corps et à évoluer en confiance dans le milieu aquatique. Une première immersion qui révèle que derrière l’image spectaculaire de la discipline se cache avant tout un patient travail de respiration, de relâchement et de confiance.

