L’association Destination train de nuit organisait un colloque à Paris en présence de représentants de la SNCF afin de clarifier certains points au sujet de ce mode de transport plébiscité mais maltraité. S’ils n’ont pas vraiment obtenu les réponses qu’ils espéraient, les représentants de l’association vont néanmoins continuer de mettre la pression pour améliorer le service du train de nuit.
À Paris, au sein du palais Bourbon, la semaine dernière, la députée des Hautes-Alpes Valérie Rossi, avec l’association Destination trains de nuit, avait invité plusieurs députés et sénateurs mais surtout de hauts responsables de la SNCF pour évoquer “plusieurs questions cruciales” concernant l’avenir de ce mode de transport très prisé et pourtant si maltraité.
Pour Stéphane Coppey, le président de l’association, il s’agissait d’interroger les responsables de la SNCF, dont Jean Castex, le PDG, qui était invité mais qui a été remplacé au dernier moment. “Comment se fait-il que 40 % des trains de nuit ont été supprimés au mois de janvier 2026 ?” ; “Est-ce raisonnable d’exploiter toutes les lignes nocturnes avec un parc de seulement huit locomotives thermiques (cause de nombreux retards et suppressions de trains)” ou encore “comment se fait-il que de nombreux trains sont complets, alors que sur un parc de 120 voitures, seules la moitié d’entre elles sont engagées chaque nuit ?”.
“Malheureusement, la majeure partie de ces questions restent aujourd’hui en suspens mais au moins, elles ont été débattues”, se félicite Stéphane Coppey. Surtout, ce colloque a permis de souligner “la forte attente des usagers, du tissu économique et des territoires ruraux vis-à-vis du train de nuit”, poursuit-il.
Un train de nuit “utile pour le territoire”
La ligne Rodez-Paris ne fait pas exception et fait régulièrement l’objet de mobilisation afin de dénoncer les nombreux retards ou les suppressions. “L’État et la SNCF se renvoient sans cesse la balle concernant leur responsabilité. Nous allons demander que les choses soient clarifiées en matière de responsabilité”, explique Stéphane Coppey. “D’autant que les usagers du train au départ de Rodez ont subi plusieurs changements qui ne sont pas acceptables. Il s’agit en réalité d’un train de jour qui est raccroché à un train de nuit. Les passagers subissent des appels en permanence, ils ne disposent pas d’une voiture service, etc. Et pourtant, ce train continue d’être fréquenté. Il est surtout utile pour les territoires”, insiste le président de l’association.
“En tout cas, nous ne lâcherons rien, prévient Stéphane Coppey. Nous continuerons à mener un lobbyisme intensif pour accompagner l’avenir de ce moyen de transport. Mais pour cela, la SNCF doit mener une politique ambitieuse de développement du train de nuit.”
La ligne qui relie Paris à Briançon sera particulièrement scrutée, dans la perspective des Jeux olympiques d’hiver de 2030. “Alors qu’un nouveau matériel roulant, qui doit être commandé d’ici fin 2026 et doit circuler sur la ligne, ce qui semble à tous les experts irréaliste, ne devrait-on pas réaliser plutôt une rénovation des voitures Corail, qui serait moins hasardeuse ?”, avance le président de l’association Destination Train de nuit. Une opération qui pourrait également bénéficier à la ligne Rodez-Paris.
De manière générale, “l’État va-t-il continuer à rester le dernier des pays européens frontaliers en investissement ferroviaire annuel par habitant, alors que dans les années 1970-1980, avant le TGV, il était dans le trio de tête, au monde, avec le Japon et la Suisse ?”, s’interrogent les membres de l’association.

