February 24, 2026

PORTRAIT. "J’ai eu un déclic" : À 26 ans, cette Agenaise quitte le coaching pour ouvrir sa boutique de sport

“Il était temps de penser à moi.” À 26 ans, Eve assume le virage qu’elle s’apprête à prendre. Derrière son sourire, elle reconnaît encore “un peu de peur”. Pendant six ans, elle a été coach sportive dans une salle agenaise. Aujourd’hui, elle décide de changer de voie. “J’adorais mon métier, vraiment. Mais je voulais aller plus loin”, explique-t-elle aujourd’hui.

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Née à Martigues (Bouches-du-Rhône), arrivée à Agen en 2007 pour se rapprocher de ses grands-parents, Eve dit avoir toujours vécu au rythme du sport. Gymnastique, judo, puis athlétisme pendant près de dix ans : “Le sport, c’est un besoin”, résume-t-elle. Après le baccalauréat, elle obtient un BPJEPS activité de la forme. Son stage la conduit dans une salle de sport d’Agen, où elle est embauchée en CDI à 19 ans. Elle y restera six ans, augmentant progressivement son temps de travail.

De la timidité à l’assurance

“Au début, j’étais très timide”, confie Eve. Selon elle, le plus difficile n’était pas d’animer les cours mais de composer avec le regard des autres. Jeune femme dans un univers encore largement masculin, elle dit avoir parfois douté de sa légitimité. “Je ne me sentais pas forcément à ma place.”

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Avec le temps, elle gagne en assurance. Les adhérents la sollicitent pour des conseils personnalisés, certains lui confient vouloir atteindre ses résultats. Elle évoque un “lien fort” construit au fil des années. “Ce qui va me manquer, c’est le côté social”, reconnaît-elle, tout en espérant retrouver cette proximité dans son futur commerce.

Le point de rupture

L’envie d’évoluer mûrit peu à peu. Eve explique avoir souhaité davantage de responsabilités au sein de la structure sportive, sans obtenir de réponse favorable. En septembre, elle dit avoir posé un ultimatum. “C’était soit j’évoluais, soit je partais.”

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Quelques semaines plus tôt, la jeune femme confie avoir perdu son frère. “Ça a été l’élément déclencheur”, assure-t-elle. Elle évoque une période devenue “difficile moralement”. Elle se met en arrêt maladie avant de signer, en décembre, une rupture conventionnelle avec son employeur. “Au début, je culpabilisais beaucoup. Puis j’ai ressenti un soulagement”, raconte-t-elle, tout en précisant garder “de bons souvenirs” de ses années passées dans la salle.

Un pari personnel

À l’automne, l’idée d’ouvrir une boutique de vêtements de sport prend forme. “Je ne voulais pas faire un travail juste pour gagner de l’argent. Il me faut du sens”, affirme la jeune entrepreneuse. Elle imagine un lieu mêlant vêtements qui allient technicité, confort et élégance, pensés aussi bien pour la pratique sportive que pour la vie de tous les jours.

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Le local “ReveL Sport”, d’environ 50 m², devrait ouvrir boulevard de la République. L’ouverture pourrait intervenir à la mi-avril, sous réserve des délais de livraison et du déblocage des financements. Selon elle, le parcours bancaire n’a pas été simple. “Pendant un mois et demi, c’était refus sur refus.” Elle indique avoir finalement obtenu un accord de principe d’un établissement bancaire et être en attente d’une réponse pour un prêt d’honneur.

“J’ai peur parce qu’on ne sait pas si ça va marcher, reconnaît la jeune femme. Mais en même temps, j’ai l’impression que je suis faite pour ça.” À 26 ans, l’ancienne coach sportive s’apprête ainsi à franchir une nouvelle étape professionnelle, consciente que l’entrepreneuriat reste un pari.

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