Âgé de 27 ans, le Lomagnol Loïc Ducasse a été élu à la présidence des Jeunes Agriculteurs 82. Il arrive à un moment compliqué pour la profession, mais il s’avance avec humilité et ambition.
Quel a été votre parcours avant d’arriver à la présidence des JA ?
Je suis agriculteur à Gimat depuis le 10 octobre 2019 et je me suis associé avec mon frère pour créer l’EARL d’En Suis. Nous produisons des céréales, des noisettes et de l’ail.
Et sur le plan syndical ?
J’étais membre du bureau en tant que stagiaire dès 2018 et j’arrive un peu comme un cheveu sur la soupe. Depuis cette époque, on avait toujours le même bureau et il fallait amener du sang neuf. Il y a 20 ans qu’il n’y avait pas eu un Lomagnol à la tête des JA alors que nous sommes l’un des plus gros cantons en représentation avec 54 membres.
Le hasard a fait que vous avez effectué une première sortie avec le préfet pour rencontrer les agriculteurs sinistrés…
Oui, depuis que je suis installé, c’est la première fois que je vois un préfet et des représentants de la DDT. On est du mauvais côté de la Garonne. Pour l’instant, on est encore sous l’eau. Personnellement, je suis installé sur un coteau et j’ai subi onze glissements de terrain, d’où une réelle perte de fonds et de récolte.
Que comptez-vous apporter au syndicat ?
Je suis dans la continuité mais je souhaite apporter de l’humain et de l’événementiel. On peut faire des déversements dans les périodes tendues, mais je pense qu’il y a la place pour organiser de belles festivités à Montauban. Par exemple une soirée estivale avec un grand repas pour échanger et discuter avec tout le monde. A propos du Mercosur, je pense que le consommateur peut être le plus grand décisionnaire. A dix minutes de Montauban on peut trouver des produits de qualité, notamment des volailles et des cochons. Il faut aussi que l’on soit meilleur en communication pour que les agriculteurs comprennent nos actions.
Étiez-vous sur les dernières manifestations ?
J’ai fait toutes les manifestations depuis 2023 alors que chez moi, personne n’est syndiqué, je suis un peu un ovni. Pour avoir un dialogue construit et pour avancer, il faut de la sérénité, mais si les paroles ne sont pas respectées, je serai chef de cortège dans les prochaines manifestations. Le préfet est à l’écoute des agriculteurs et il a un discours très clair par rapport à la DDT qui est plutôt tatillonne.
Quel message souhaitez-vous adresser à vos collègues agriculteurs ?
Il y a un mal-être et il faut de la solidarité entre nous. On peut demander beaucoup de choses, mais il va falloir s’adapter pour pérenniser le métier. A un moment, nous étions au bord de la faillite. Nous avons lancé un magasin de producteur que l’on revend, une entreprise d’épareuse et d’élagage et de vente de bois de chauffage. Cette force d’adaptation nous a permis de remonter la pente.

