April 9, 2026

" On travaille, mais on n’est pas payés" : la détresse des salariés du Toulouse Aviron sports et loisirs

l’essentiel
Les six salariés de l’association toulousaine de sports et loisirs basée sur le bord du canal latéral à la Garonne, impasse de la Glacière, n’ont pas reçu leur paye du mois de mars. Le président de la structure leur a simplement expliqué qu’il n’y avait plus d’argent. Mais où sont passées les subventions ?

“Il n’y a plus d’argent” ! Voilà l’explication lapidaire que le président de l’association Toulouse Aviron Sports et Loisirs (TASL) vient de donner aux six salariés du club, inquiets de ne pas avoir touché leurs salaires du mois de mars. Pour le reste, c’est silence radio et une grosse angoisse qui monte au sein de cette petite structure à vocation sociale. “Quand on a vu que l’argent n’arrivait pas, on a aussitôt interpellé Bruno Khoudour, le président, mais il ne répond jamais au téléphone ni aux mails”, s’inquiète Ahmed Lashkar, le porte-parole des employés. Le malaise ne date pas d’aujourd’hui. Déjà, en septembre dernier, c’est le directeur de l’association qui avait été licencié. “Depuis, on a senti une grosse baisse d’activité, explique-t-il. Mais le problème, c’est que l’on ne nous dit rien. On a continué à travailler, mais on n’est plus payés et nous n’avons aucune explication sur ce qui se passe.” Avec de petits salaires, le personnel de l’association est fragilisé. “La plupart n’ont plus un centime sur leur compte bancaire et leurs cartes bleues ont été rejetées”, s’alarme Ahmed Lashkar, en se demandant où est passée la trésorerie du club.

Une mission éducative

Cette association sportive a été créée en 1982, sur le bord du canal latéral à la Garonne, impasse de la Glacière, avec comme mission le développement de l’aviron, en proposant à ses adhérents des entraînements et des compétitions. Mais elle a aussi une vocation éducative à destination des quartiers, notamment aux Izards, en s’adressant à des jeunes de 11 à 18 ans, “pour former et éduquer grâce à la pratique du sport et favoriser la mixité femme-homme”. Une activité subventionnée en partie par les pouvoirs publics, la mairie de Toulouse ou la Caisse d’allocations familiales (CAF). “Moi-même, je suis payé par les services de l’État, en l’occurrence la préfecture, confie Ahmed Lashkar. Il n’y a donc aucune raison pour justifier que le mois de mars ne m’a pas été payé.” D’autant que les services préfectoraux lui ont confirmé avoir débloqué l’argent. Mais le président Bruno Khoudour, que nous avons sollicité en vain, noie le poisson.

La protection du droit du travail

“Il nous a d’abord dit qu’on aurait peut-être un acompte, puis qu’on aurait quelque chose, mais pas avant le mois de mai”, se désole Ahmed Lashkar. Avec ses collègues, il a finalement sollicité une avocate pour étudier les meilleures solutions à la sortie de crise et sécuriser le personnel. “Il est urgent que l’inspection du travail soit prévenue et que l’on puisse au moins engager une procédure de chômage technique, voire envisager un redressement judiciaire, pour que l’on puisse au moins être licenciés et indemnisés”, plaide-t-il. Pour l’heure, les six salariés concernés sont dans le flou, en attendant que le président du club daigne enfin s’expliquer sur cette impasse financière et qu’il agisse dans l’intérêt du personnel de l’association, qui s’enfonce toujours plus dans une grande précarité.

source

TAGS: