April 9, 2026

Fraude fiscale : plus de 17 milliards d’euros réclamés par le fisc l’an dernier, un record dû… à l’intelligence artificielle

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En 2025, le ministère de l’Économie et des Finances a réclamé un montant inédit de 17,1 milliards d’euros suite à des contrôles fiscaux. Ce bilan historique est porté par une utilisation massive de l’intelligence artificielle.

La traque aux fraudeurs change de dimension. L’administration fiscale française a franchi un nouveau cap l’an passé en notifiant 17,1 milliards d’euros de redressements aux particuliers et aux entreprises, s’appuyant sur des outils technologiques de pointe pour débusquer les irrégularités.

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L’intelligence artificielle au service du fisc

L’époque des contrôles aléatoires semble révolue. Aujourd’hui, l’algorithme est le premier inspecteur de France. Le ministère explique cette progression record par “le recours accru à l’intelligence artificielle pour détecter les fraudeurs”. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : plus de 57 % des contrôles chez les professionnels et 63 % chez les particuliers sont désormais orientés par ces technologies.

Cette stratégie de “data mining” (exploitation des données par l’IA) a porté ses fruits, permettant de recouvrer à elle seule 2,8 milliards d’euros. L’objectif est clair : moderniser les méthodes face à des montages financiers de plus en plus opaques. Selon David Amiel, ministre de l’Action et des comptes publics, “la réponse publique la plus efficace reste celle qui rend la fraude impossible”.

Une pression fiscale qui s’intensifie

Depuis 2021, la courbe des montants réclamés ne cesse de grimper, passant de 13,4 milliards d’euros à ce nouveau sommet. En 2025, les contrôles sur place ont généré 9,8 milliards d’euros de notifications, contre 7,3 milliards d’euros pour les contrôles sur pièces.

Toutefois, si les sommes réclamées explosent, les encaissements réels marquent un léger pas de retrait. Bercy a effectivement encaissé 11,4 milliards d’euros en 2025, soit une baisse de 0,6 % par rapport à l’exercice précédent.

De nouvelles ambitions législatives

Le gouvernement ne compte pas s’arrêter là. Un projet de loi de lutte contre les fraudes sociales et fiscales est actuellement en discussion. L’exécutif espère que ce texte permettra de faire entrer “rapidement dans les caisses 1,5 milliard d’euros” supplémentaires.

Cette nouvelle étape vise à renforcer les sanctions et à donner des moyens de recouvrement accrus aux organismes publics. Près de 20 milliards d’euros de fraudes globales avaient été détectés par l’administration en 2024.

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