Martin Malvy, qui fêtera ce mardi 24 février ses 90 ans, a passé quelques jours à Figeac. L’ancien maire emblématique de la sous-préfecture du Lot n’a pas manqué de faire campagne pour soutenir la liste d’union de la gauche Figeac Ensemble conduite par Guillaume Baldy. Rencontre avec un amoureux de Figeac toujours aussi passionné et engagé.
À quelques jours de vos 90 ans, vous revenez à Figeac où se profilent de nouvelles élections municipales. Que cela vous évoque-t-il ?
J’ai été élu pour la première fois conseiller municipal en 1971, puis maire en 1977. C’était il y a 56 ans et je suis resté jusqu’en 2001, c’est-à-dire pendant 24 ans. Mais en réalité, beaucoup plus longtemps puisque je suis resté président de région tout en restant élu de Figeac jusqu’en 2020. J’ai été passionnément engagé dans l’action locale. C’est ma vie, en réalité. Je n’étais pas Figeacois d’origine, mais mon grand-père était né à Figeac, place Carnot. J’étais venu voir Figeac et j’avais été séduit. À l’époque la ville était très délabrée, triste. Je m’étais baladé, j’avais vu des amis que j’y connaissais et je m’étais dit qu’il y avait des choses formidables à faire. Je suis tombé amoureux de Figeac qui avait des atouts, mais ne les exploitait pas. C’était une ville endormie. Nous avons fait beaucoup de choses ensemble. Je crois que c’est reconnu ici par les Figeacois. Ce qui m’amène à dire que Figeac Ensemble, l’intitulé de la liste, ce n’est pas seulement un slogan. Pour moi, c’est une méthode qui fait l’expression d’une volonté. C’est l’expression d’une force. Et d’une union de la gauche qui a fait ses preuves sans jamais défaillir et que je pense toujours être la seule hypothèse d’accession de la gauche au pouvoir en France. Je déplore très fortement depuis plusieurs années sa dissociation. Et j’espère qu’à un moment donné, quelqu’un y mettra un terme.

Pourquoi tenez-vous à vous impliquer dans la campagne à Figeac ?
Pour moi, c’est important d’être là aujourd’hui, d’apporter ce témoignage. Les Figeacois et les Figeacoises m’ont donné la chance d’effectuer ce parcours, de suivre pendant des années le destin d’une ville et son évolution, son adaptation. Je leur en suis très reconnaissant à l’achèvement d’une campagne qui est pour moi la dixième. La dixième campagne municipale que je traverse de plus loin, mais en ayant néanmoins une attention particulière. Quand on est convaincu comme je le suis, que le chemin qui a été parcouru depuis ces années était le bon, on ne peut pas souhaiter autre chose qu’il soit poursuivi, même si évidemment il doit être adapté à l’époque. C’est parce que je pense à cette continuité dans le mouvement et dans l’adaptation au changement que je soutiens Guillaume Baldy et l’équipe qu’il a constituée et qui est renouvelée à 50 %.
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Quel regard portez-vous sur Guillaume Baldy que vous avez intégré très jeune dans votre équipe municipale ?
Je connais Guillaume depuis longtemps, je l’ai connu enfant. Il a mûri, il est prêt, il est engagé. Il en a envie et il a maintenant de l’expérience. Il est vice-président du Département et adjoint à la ville Figeac. Il a 46 ans. Moi j’en avais 41 quand j’ai été élu maire de Figeac. Il n’y a dans son discours ni démagogie, ni promesse creuse. Par contre, des réponses aux problèmes du quotidien, une vision de la ville, des priorités municipales comme le développement économique dont tout dépend. Le développement économique, industriel, mais aussi commercial, touristique. Pour ce qui est du réchauffement climatique et des mesures qui peuvent être prises dans une ville, pour ce qui est de la vie associative, de la problématique de la santé ou de la sécurité, le projet qui est le sien me paraît totalement s’inscrire dans une dynamique du Figeac de 2030, de 2040, c’est-à-dire la projection de la ville vers son avenir.

Quels sont les enjeux selon vous de cette campagne ?
Nos concitoyens sont confrontés aujourd’hui à des difficultés auxquelles il faut chercher à apporter des réponses. Ceci étant, il faut être attentif à ne pas les induire en erreur en leur proposant des leurres et non des solutions. Je pense notamment au problème du commerce, sur lequel j’ai été amené à me pencher, avec l’association des Sites et cités remarquables de France. Le commerce traverse une crise qui est nationale, si ce n’est européenne et mondiale. Je pense que parmi les réponses à apporter, il y a l’attractivité de la ville. Guillaume entend bien suivre les opérations d’amélioration de l’habitat menées depuis 30 ans mais c’est insuffisant, il faut que l’État mette en place une politique beaucoup plus volontaire, sur la réhabilitation de l’habitat dans les centres anciens. C’est absurde de continuer à construire à l’extérieur en mangeant des terres et en imperméabilisant les sols. Je crois que pour le commerce aujourd’hui, c’est l’une des politiques à pratiquer, au-delà du débat sur faut-il une demi-heure ou une heure gratuité, ce qui ne changera pas grand-chose au problème.
Je vois dans le débat que certains mettent en avant la diminution de l’impôt local de 5 % sur le mandat. Cela représente quoi ? La mairie n’a d’action que sur 60 % de l’impôt local donc c’est 5 % de 60 %, soit à peu près 3 % de baisse en 5 ans. Et comment on fait pour diminuer l’impôt et pour faire des choses nouvelles ? C’est vrai que l’impôt local pose problème avec l’ensemble des charges qui sont venues l’accompagner. C’est vraiment d’une réforme de l’État, en intelligence avec les collectivités locales, que peut naître la solution. Chacun est libre d’adhérer aux idées qu’il veut défendre, c’est un problème de liberté fondamentale auquel je suis attaché. Mais mieux vaut dire quelle est son orientation. À Figeac, sur la liste de droite, un peu, beaucoup macroniste, je pense qu’il serait souhaitable – parce qu’il y a ce débat entre l’État et les collectivités – que cette liste affiche officiellement sa couleur.
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