February 22, 2026

PORTRAIT. À 75 ans, Jean-François Roullé prévoit un road-trip à moto au Népal

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À 75 ans et en forme exemplaire, Jean-François Roullé souhaite réaliser un road-trip au Népal. Une façon de montrer que l’âge ne veut rien dire. Portrait d’un globe-trotteur mordu de moto.

Voix posée, cheveux grisonnants, sourire timide. Jean-François a tout du grand-père idéal. Mais derrière son apparence calme se cache un aventurier avec une ambition plus folle : réaliser un road-trip… à moto… au Népal !

Depuis qu’il a passé son permis moto à 18 ans, “ça fait partie de ma vie”, sourit-il. Cet amour lui est tombé dessus jeune, un peu par hasard. Depuis, impossible de s’imaginer sans son bolide à deux roues. “Je me sens libre quand je roule, c’est compliqué à expliquer.”

Jean François Roullé sur sa Harley Davidson.
Jean François Roullé sur sa Harley Davidson.
DDM – EMILIE CAYRE

Heureux propriétaire d’une Harley Davidson, si ça ne tenait qu’à lui, elle serait exposée dans le salon. “Ma femme ne le voudrait pas”, s’amuse-t-il.

Jean-François a déjà eu l’occasion de parcourir les routes de Thaïlande à moto l’an dernier. Ce qui lui a donné envie de recommencer. Ni une ni deux, il réunit six amis aussi fous de bécanes que lui, et le projet voit le jour. Le choix de la destination se fait sans trop d’embûches : “Un de mes amis y est allé et a adoré, puis la nature y est restée sauvage, c’est magnifique.”

Au programme : un départ prévu de Katmandou vers le Mustang. Un long chemin passant par une dizaine de villes ponctuées de visites de monastères et autres sites culturels.

Braver les kilomètres… et l’âge

Un voyage de cette ampleur… à 75 ans. Peu commun. Mais ça n’effraie pas cet ancien tanneur. Le retraité a eu l’occasion de travailler dans la plupart des tanneries du globe. Chine, Russie, Nouvelle-Zélande, Argentine… Il part vivre à Istanbul à 45 ans. “Je suis un citoyen du monde”, confirme Jean-François. L’inconnu ne lui fait pas peur, bien au contraire, il y trouve une véritable source de motivation.

Il espère un départ fin octobre, début novembre. Et pour vivre l’expérience pleinement, ils dormiront en “lodge”. Bien loin d’être un petit chalet tout-en-un, il s’agit d’un hébergement situé en pleine nature. Dans certains cas, il peut être plus ou moins rustique.

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Cependant, il y a un hic. Sa famille ne semble pas partager son enthousiasme. “Ma femme me dit que je suis fou de faire ça”, explique-t-il le sourire aux lèvres. Ses enfants s’inquiètent davantage pour sa santé. “Ils me disent que ce n’est plus de mon âge, que je ne peux plus faire ça.” Ce n’est pas le genre de discours qui risque de décourager ce grand-père… Il confirme : “je vais le faire quand même.”

Relever tous les défis

Jean-François n’y voit pas de problème. “Je suis en bonne santé, j’ai de la chance de l’être à mon âge.” Une chance qu’il explique par son passé de grand sportif. Dix ans de volley-ball et de tennis plus jeune, puis, depuis sa retraite, du golf, du paddle et du pickleball. Il a quand même tenu à obtenir l’avis positif de son médecin.

Seulement, Jean-François fait de l’apnée du sommeil. Pour dormir, il a besoin d’une machine à oxygène branchée sur prise électrique. “Je ne sais pas s’il y en aura dans chaque lodge. Ça fait partie des risques, mais ça ne me fait pas peur”, souffle-t-il.

Le défi vaut tous les risques. Il espère montrer que même à 75 ans, la vie ne s’arrête pas. “Quand on a la chance d’être en bonne santé, on peut encore vivre des aventures exigeantes, avec prudence, mais surtout avec passion.” Une expérience qui tente de casser l’image du grand-père sénile, et, pourquoi pas, pourra en motiver certains.

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