Le garde des Sceaux a annoncé, ce mercredi 8 avril, l’ouverture d’une enquête administrative suite à la diffusion dans la presse d’informations confidentielles sur la garde à vue de Rima Hassan.
La justice cherche l’origine de ses propres fuites. Suite aux révélations médiatiques ayant émaillé l’audition de l’eurodéputée LFI Rima Hassan le 2 avril dernier, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a saisi l’Inspection générale de la justice.
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Cette procédure vise à faire la lumière sur la divulgation d’éléments de l’enquête, alors que les échanges entre le gouvernement et La France Insoumise virent à l’affrontement personnel.
Une enquête sous haute tension
Répondant aux interpellations du député Thomas Portes, Gérald Darmanin a confirmé : “J’ai fait mon travail depuis ce matin (mercredi). L’Inspection de la justice est saisie”. Au cœur de la discorde, le rôle du porte-parole de la Chancellerie, Sacha Straub-Kahn, accusé par les Insoumis d’avoir orchestré ces fuites.
En retour, le ministre a fustigé l’attitude de LFI, dénonçant une mise en danger du magistrat. Ce dernier a d’ailleurs déposé plainte pour diffamation et suite à la réception de “plus de 300” messages antisémites sur les réseaux sociaux.
Des accusations et des zones d’ombre
L’affaire trouve son origine dans le traitement médiatique de la garde à vue de Rima Hassan pour “apologie du terrorisme”. Durant l’interrogatoire, des informations concernant la saisie d’une “faible quantité de stupéfiants” avaient fuité, une information que le parquet n’a pas confirmée, restant “dans l’attente d’analyses complémentaires”.
Pour l’élue de 33 ans, qui a également porté plainte, il s’agit d’une instrumentalisation manifeste. De son côté, Sacha Straub-Kahn nie avoir évoqué le “contenu de (la) garde à vue” avec des journalistes, comme l’affirmait pourtant un article du Canard enchaîné. La justice administrative devra désormais déterminer si le secret de l’enquête a été sacrifié sur l’autel de la communication politique.

