February 21, 2026

Scandale immobilier à Toulouse : l’argent des victimes a-t-il été utilisé pour régulariser une succession familiale ?

l’essentiel
EXCLUSIF. Alors que le scandale financier du cabinet l’Immeuble ébranle Toulouse, une nouvelle plainte vise Thierry Oldak et Jean-Claude Vergnes pour escroquerie. Les enquêteurs s’intéressent toujours aux relations d’affaires entre le promoteur toulousain et Jean-Claude Vergnes. Révélations.

La justice cherche à déterminer si des fonds issus de l’activité du cabinet l’Immeuble ont pu transiter vers les structures de Thierry Oldak. D’après nos informations, au moins une nouvelle plainte pour escroquerie a été déposée par un investisseur. Elle a visé Jean-Claude Vergnes et l’homme d’affaires en fin d’année 2025. « Mon client est une victime. Nous n’avons jamais trouvé trace de virements sur ses comptes. Thierry Oldak n’a pas perçu un centime illégalement ; Jean-Claude Vergnes a tout fomenté dans son dos », insiste Me Simon Cohen, l’avocat de Thierry Oldak.

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Pourtant, ce récent épisode s’ajoute aux zones d’ombre d’un dossier judiciaire tentaculaire lié au cabinet l’Immeuble, suspecté d’avoir détourné près de 30 millions d’euros via une « cavalerie ». Dans cette affaire, Jean-Claude Vergnes et ses fils sont mis en examen. À l’inverse, l’homme d’affaires toulousain, propriétaire de murs commerciaux prestigieux, n’est pas poursuivi. Il reste néanmoins cité par de nombreuses victimes, y compris au sein de sa propre famille.

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7 % de rendement promis

1,2 million d’euros ont disparu de la succession du grand-père de Thierry OLDAK, décédé en 2006, et dont les actifs étaient gérés par le Cabinet l’Immeuble. Cet argent devait être reversé aux autres membres de la famille. Accusé par les héritiers lésés, Jean-Claude Vergnes aurait refusé de restituer cette somme. Pour se justifier, le gérant du cabinet l’Immeuble aurait affirmé que ces 1,2M€ avait déjà été injecté dans les sociétés de Thierry Oldak par le biais de conventions de trésorerie. Mais Thierry Oldak rejette la faute sur son père, Bernard Oldak. « C’est mon père qui aurait perçu cette somme avant sa mort en 2020. Je ne sais pas comment il a fait mais il utilisait cet argent pour vivre », se défend Thierry Oldak. Selon lui, le cabinet l’Immeuble a été condamné à rembourser les sommes disparues de la succession : « Jean-Claude Vergnes a probablement utilisé des conventions de trésorerie pour rembourser la dette. » Bernard Oldak étant décédé dans l’intervalle, sa dette aurait ainsi été épongée par des conventions de trésoreries au nom de sa propre succession, dont Thierry Oldak est l’héritier.

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L’une des victimes de l’escroquerie a été approchée par Jean-Claude Vergnes deux fois, en 2018 et 2020. D’après nos sources, sa convention mentionne que les fonds devaient être versés sur des comptes personnels sous l’intitulé « succession Bernard Oldak » pour combler la fameuse dette paternelle. En échange, le businessman promettait un rendement supérieur à 7 %. L’épargnant a alors injecté plusieurs centaines de milliers d’euros dans l’espoir de dividendes rapides.

Un double problème a conduit au dépôt d’une plainte : non seulement ce placement n’a produit aucun dividende mais pire, l’investisseur n’a pas revu un seul euro du capital confié à Jean-Claude Vergnes, malgré ses nombreuses relances. Selon des éléments rapportés au cours des investigations, Thierry Oldak a affirmé n’avoir connaissance d’aucune convention de trésorerie et avoir rompu tout lien avec le cabinet l’Immeuble dès 2015, suite à un “trop-perçu” litigieux de 1,5 million d’euros versé par Vergnes. Il a même déposé plainte contre le Cabinet l’Immeuble en février 2020.

Une question demeure : pourquoi cette convention a-t-elle été signée en octobre 2020, neuf mois après ce dépôt de plainte, favorisant la succession du père du magnat ? « Il signait à mon nom sans mon autorisation. Les audits montrent que nous n’avons rien perçu et le parquet ne me poursuit pas », soutient Thierry Oldak

Des SMS pour demander des versements de “50K”

Thierry Oldak affirme avoir cessé toute relation avec le syndic mais la comptable de sa société GTO a maintenu des échanges de SMS troublants. En 2018, alors que le groupe devait rembourser le trop-perçu, elle réclamait régulièrement des virements de 50 000 € au cabinet l’Immeuble pour combler un manque de trésorerie. « Je n’ai pas connaissance de ces SMS. Ce devait être des reliquats de gestion. Mon client n’avait pas besoin de ces sommes », balaie son avocat. Thierry Oldak concède toutefois : « Vers 2020, il nous versait encore quelques loyers suite à des contrats de location. »

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Selon la version de Jean-Claude Vergnes, interrogé en juillet 2024, ces sommes auraient bien été perçues par Thierry Oldak et son père. En décembre 2020, Tracfin, le service de renseignement financier de Bercy, soulignait d’ailleurs que les comptes personnels de Thierry Oldak enregistraient des mouvements « incohérents » avec un fonctionnement normal. “Les fonds servaient à alimenter ses sociétés sans justification économique évidente”. Reste une énigme : où sont passés les 30 millions d’euros ? Une partie de cet argent pourrait se trouver sur les comptes d’un mystérieux Toulousain basé à l’étranger, surnommé « EJZ ». Le reste s’est envolé.

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