Ce mercredi 18 février, un artisan a perdu la vie dans un accident de la route à Foulayronnes (Lot-et-Garonne). Malgré la violence du choc, une chatte, présente dans le véhicule, a réussi à survivre. Le refuge qui l’accueille la qualifie de “miraculée”.
“Héra ? La reine des dieux ? Voilà : maintenant, elle s’appelle comme ça !” Quelques minutes plus tôt, on la prénommait encore Mimine. Surnom doux mais ordinaire. Désormais, cette chatte porte un nom à la hauteur de son histoire. “C’est une miraculée”, assure Marie Dubos, présidente du refuge animalier d’urgence Arpa 47 de Boé.
Le mot n’a rien d’exagéré. Car Héra tient encore sur ses quatre pattes, ce matin du vendredi 20 février. Pourtant, deux jours plus tôt, la mort aurait pu frapper. Mercredi, en milieu de matinée, un artisan agenais circule sur la route entre Agen et Laugnac. À hauteur du hameau de Saint-Julien, commune de Foulayronnes, il percute un platane. Son véhicule dévale une pente d’une dizaine de mètres, et termine dans un champ en contrebas.

Un accident dramatique
L’homme de 51 ans est désincarcéré. Il est déclaré décédé peu après. Dans l’habitacle, un élément attire l’attention des secours : un sac de transport pour chat d’un vert très voyant. Un félin est bien à l’intérieur – sans savoir s’il appartenait à l’artisan ou non. Toujours vivant, malgré la brutalité du choc. Aussitôt, le responsable des services techniques de la commune se rend sur place et contacte l’Arpa 47. La chatte a un sérieux problème de mobilité.
À lire aussi :
« On en a ras le bol » : trois chiots abandonnés retrouvés près d’un lac à Foulayronnes
Il l’amène chez un premier vétérinaire. Il constate une triple fracture du fémur. Héra est opérée jeudi matin chez un autre spécialiste. Elle débarque au refuge de Boé le lendemain. Dans sa “caisse de convalescence”, la survivante porte une sorte de collerette en forme de fleur jaune. Comme si, après le chaos, la vie avait choisi la tendresse. Héra est nichée dans le même sac de transport, dans lequel elle a subi l’accident. Son arrière-train est dépourvu de son élégante fourrure, trace de l’opération subie la veille.

“Elle ne comprend pas trop ce qui lui arrive”
Mais peu importe. Le regard se concentre ailleurs. “Elle a quelque chose dans les yeux”, s’accordent plusieurs bénévoles du refuge en admirant la nouvelle arrivée. “Elle est très équilibrée, observe Marie Dubos. Presque sereine, même. Je pense qu’elle ne comprend pas trop ce qui lui arrive…”
À lire aussi :
“Il avait très peur et souffrait de brûlures” : rescapé d’une collision mortelle, le petit chien blessé retrouvé après 48 heures
Pour autant, elle ne semble pas abattue. Elle se laisse caresser la tête, l’air tranquille. Contraste frappant avec ses deux voisins, recroquevillés dans leur boîte, encore marqués du traumatisme qu’ils ont récemment vécu.
Un nouveau foyer dès lundi
Heureusement, l’histoire va probablement bien se finir. Et très vite. Dès lundi, la petite bête à quatre pattes doit rejoindre une nouvelle famille d’accueil. La présidente du refuge a peu de doutes : elle ne devrait pas avoir de mal à se reconstruire. Même après un tel drame. “On sent un tempérament de résilience”, analyse l’amoureuse des chats.
Tout est dans son nouveau nom. Car ce mercredi-là, au milieu de la tôle froissée, une vie a réussi à s’accrocher. Elle n’a pas encore conquis l’Olympe, mais au moins, elle est vivante. Et c’est déjà une belle victoire.

