Pour tester les futurs aménagements de la ligne C du métro, qui doit ouvrir fin 2028 à Toulouse, Tisséo Ingénierie a construit une fausse station grandeur nature, dans un entrepôt. Avec déjà en tête, de nettes évolutions par rapport aux lignes A et B existantes.
À quelques centaines de mètres de la station Labège Madron, près du centre commercial Labège 2, un entrepôt discret abrite un secret bien gardé : un quai de métro reconstitué à l’échelle 1.
C’est ici que se dessine, loin des regards, le visage des 21 stations de la future ligne C, attendue pour fin 2028.
Ce prototype n’est pas un décor. C’est un véritable laboratoire. Carrelages, plafonds, luminaires, escaliers, assises, coffrages des réseaux techniques, sonorité : tout y est testé, comparé, ajusté.
Aucune des 21 stations ne sera totalement identique
“C’est une maquette de travail”, résume Julien Isnard, adjoint au chef de projet ligne C chez Tisséo Ingénierie. “Les matériaux présentés ici ne sont pas toujours définitifs. On a, par exemple, expérimenté deux types de plafonds. Celui avec les tubes lumineux a été retenu.”

Derrière ces choix, un long processus entamé dès 2016. “La question était simple : quel caractère donner aux stations ?”, explique Jean-Jacques Laporte, chef de projet.
Les élus ont souhaité que chacune soit identifiable, ancrée dans son territoire.
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De cette réflexion est née la “charte expérience voyageur”, articulée autour de trois axes : simplicité d’usage, identité commune à la ligne et personnalité propre à chaque station.
Résultat, sur les 21 stations – 17 souterraines et 4 aériennes – aucune ne se ressemblera tout à fait.
Les stations aériennes, comme Saint-Martin-du-Touch ou Sept-Deniers, feront la part belle au bois du Massif central
Les habillages muraux varieront selon l’environnement : formes triangulaires à proximité de l’aéroport, métal à Montaudran, terre cuite à Labège. Les stations aériennes, comme Saint-Martin-du-Touch ou Sept-Deniers, feront la part belle au bois du Massif central. Le granit viendra du Tarn. Une attention particulière est portée à l’éco-conception et aux circuits d’approvisionnement.

Pour autant, l’unité demeure. Les sols seront identiques sur toute la ligne, les plafonds des quais également. Le blanc dominera, “car il permet de travailler les contrastes”, précise Julien Isnard.
Ces contrastes sont au cœur d’un autre chantier majeur : l’accessibilité. Le quai reconstitué a servi de terrain d’essai avec les associations de personnes à mobilité réduite. Les bandes de guidage au sol ont été modifiées, jugées trop en relief.
Les rampes des escaliers seront équipées de lumières LED
La finition des pierres devant les portes palières a été revue pour ne pas tromper la canne d’une personne malvoyante. Les premières et dernières marches sont désormais fortement contrastées, les nez de marche antidérapants et mats pour éviter les reflets.

L’éclairage, lui, signe l’identité de la ligne C. Les rampes des escaliers sont équipées de lumières LED. Des rails de LED encadrent également les portes palières et guident naturellement vers les rames.
Une lumière plus froide le matin, plus chaude le soir pour accompagner les rythmes de vie
Surtout, la lumière sera circadienne : plus froide le matin pour accompagner le réveil biologique, plus chaude le soir pour favoriser l’apaisement.

Au-delà des matériaux, chaque station accueillera une œuvre d’art intégrée à son champ visuel. Les artistes ont été sélectionnés et travaillent déjà avec les architectes.

