Transport, économie, santé, PNR… Carole Delga fait le point sur les dossiers du sud-ouest de l’Occitanie : le Comminges et les Hautes-Pyrénées.
Dans un contexte économique tendu, l’aide de la Région aux entreprises est d’autant plus importante : quels ont été les engagements de la Région dans le secteur (Comminges et Hautes-Pyrénées) ?
C’est effectivement un sujet fort ici : l’Occitanie est la région qui donne le plus aux entreprises – le double de la moyenne des autres régions. Nous voulons favoriser l’emploi en dehors des métropoles. Depuis 2016 nous avons investi 35 millions d’euros dans le Comminges et près de 68 millions d’euros dans les Hautes-Pyrénées. Cela concerne des centaines d’entreprises, aussi bien l’industrie lourde que les petits commerçants.
Le suivi de ces aides fait parfois polémique : est-il assuré en Occitanie ?
Oui, c’est ce qu’a conclu la commission sénatoriale : contrairement à l’État, les régions vérifient l’affectation des subventions. Et pour une bonne utilisation de l’argent public, j’ai demandé que toutes les subventions soient gérées par les régions à travers un guichet unique, pour plus d’efficacité et de transparence.
Je demande aussi qu’une part de fiscalité soit attribuée aux régions, plutôt que de continuer avec des dotations que l’État peut réviser chaque année (à la baisse en général).
Pour l’aéroport Tarbes-Lourdes par exemple ?
En l’occurrence la subvention n’a pas été menacée, mais nous restons vigilants. C’est un outil crucial pour les Hautes-Pyrénées, tant pour les liaisons que pour le tourisme. Les collectivités locales font le job (4 M€ par an de la Région), il est indispensable que l’État continue à le soutenir.
À propos de tourisme, le remboursement des cures thermales est de nouveau dans le collimateur ?
Nous nous opposons à la réduction du remboursement des cures thermales. Un amendement transpartisan a été proposé pour s’assurer que ce projet ne passe pas.
Autre difficulté dans le secteur : la santé. La Région s’y investit de plus en plus, est-ce la solution à long terme ?
Oui, c’est une des solutions, et elle fonctionne bien. Depuis trois ans, nous avons recruté des médecins dans les Hautes-Pyrénées et en Comminges ; le salariat correspond à une demande croissante des médecins. Nous en sommes à 32 professionnels, ça concerne 10 000 patients qui ont retrouvé un médecin traitant.
Nous avons également créé deux centres de santé dans les Hautes-Pyrénées (Bordères-sur-l’Echez et Loures-Barousse) et trois autres en Comminges (Aspet, Saint-Martory et Montréjeau). Martres-Tolosane et Cazères sont également candidats et seront prochainement intégrés dans ce dispositif.
On travaille aussi sur la formation à travers des options santé dans les lycées de Saint-Gaudens (Bagatelle et Sainte-Thérèse) et Tarbes, (Théophile-Gautier). L’idée, c’est de renforcer les cours sur l’aspect sanitaire afin de créer des vocations. Et ça marche.
Ça entre dans le cadre de l’effort régional pour l’éducation ?
Tout à fait. Les lycées ont tous leur spécificité travers les options que nous proposons : céramique à Cazères (ouvert il y a cinq ans), cinéma et santé sur le lycée Bagatelle de Saint-Gaudens, mécanique vélo à Gourdan-Polignan, énergies renouvelables à Tarbes (Jean Dupuis). À Tarbes, on est le premier financeur de l’université de technologie.
Parc naturel régional : “ça avance”
Après l’avis favorable de l’État, les communes doivent maintenant donner leur avis sur le Parc naturel régional Comminges Barousse Pyrénées. Une soixantaine ont déjà délibéré, les autres ont jusqu’à fin janvier pour une création officielle à l’été 2026.
“C’est une reconnaissance pour le patrimoine du Comminges et de la Barousse – patrimoine naturel, agricole, artisanal, architectural, commente Carole Delga. Il faut juste rappeler qu’on n’est pas ici dans le cadre d’un parc qui interdit. Le parc n’édicte pas de réglementation. Au contraire, un PNR impulse et crée de la dynamique collective. Il permettra notamment aux communes de bénéficier de moyens supplémentaires pour toutes les actions qui permettent de créer de l’emploi à partir des ressources locales et de mieux les valoriser”.

