February 16, 2026

TEMOIGNAGES. Municipales 2026 : ils ont moins de 25 ans et entrent en campagne… ces jeunes croient fermement à la vocation d’élu local

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À 21 et 22 ans, ils choisissent de s’engager là où la fonction se complexifie et s’expose davantage. À Saint-Béat-Lez (Haute-Garonne) comme à Grisolles (Tarn-et-Garonne), une nouvelle génération revendique sa place dans la vie municipale.

Ne lui parlez pas d’un “coup de tête”. Si Charlotte Perefarres brigue le fauteuil de maire à Saint-Béat-Lez (Haute-Garonne) à seulement 21 ans, c’est au prix d’une réflexion patiente, construite et assumée. “Mon engagement comme maire, je le fais passer au-dessus de tout”, commente la jeune femme. Au-dessus de l’exigence croissante du poste, dont elle a parfaitement conscience. Au-dessus de la technicité grandissante des dossiers aussi, ou du sentiment de solitude que beaucoup de maires décrivent aujourd’hui.

Pour l’heure, une seule liste est engagée à Saint-Béat-Lez. Charlotte Perefarres a ainsi de fortes chances de faire partie des 4,7 % de maires qui, aujourd’hui en France, ont moins de 35 ans. En 1983, ils représentaient 12 % des élus : “Il y a un sujet autour de ces jeunes édiles qui, dans certains cas, décrochent avant la fin de leur mandat pour terminer leurs études ou pour commencer une activité professionnelle”, commente Jean-François Vigier, vice-président de l’association des maires de France (AMF). “Ce n’est pas un sujet pour moi, rétorque la jeune candidate, étudiante en master de droit des collectivités territoriales et monitrice de ski. Si je m’engage, c’est pour un mandat complet de six ans et avec la volonté forte de rester – au quotidien – au contact de mes administrés, sur le terrain”.

Un amour pour les “institutions”

La Saint-Béataise le sait : sa vocation de maire – toujours intacte chez elle – pourrait avoir une incidence sur sa vie personnelle et sur ses aspirations professionnelles. Pas de quoi freiner son enthousiasme : “J’ai toujours admiré la force d’engagement de nos élus”, atteste la jeune femme, qui assoit son amour pour les “institutions”. Il faut dire que la candidate part en campagne avec trois années d’expérience passées au sein du conseil municipal de son village natal : l’occasion pour elle de mesurer dit-elle, la “complexité budgétaire et administrative d’une commune rurale”.

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Cette sensibilisation à la vie politique, c’est son père – Hervé Perefarres, ancien maire de Saint-Béat – qui la lui a sans doute légué. La candidate estime, elle, que sa démarche dépasse l’héritage familial. “Le maire reste une figure emblématique du village, un symbole républicain, insiste-t-elle. Ne dit-on pas d’ailleurs que c’est l’élu préféré des Français ?”

Réconcilier la jeunesse avec l’engagement

Cet engouement pour l’engagement politique à l’échelle locale, Léo Morin le tient lui aussi de sa famille. De son grand-père, ancien premier adjoint de Grisolles (Tarn-et-Garonne), pour être précis. À tout juste 22 ans, le jeune homme a rejoint comme colistier la candidature sans étiquette de Geoffrey Sapin, au sein de son village natal. “L’idée d’apporter de la jeunesse dans les décisions communales, ça me plaît ! revendique le Grisollais, qui ne se voit pas pour autant dans le fauteuil de maire. Je vois cela comme une fierté, un don de soi.”

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Le sentiment d’exposition constante des élus locaux et la montée des exigences citoyennes, Léo Morin les anticipe. “Les attentes envers les élus sont fortes, parfois accompagnées de jugements personnels, analyse l’intéressé. Nous nous exposons à des critiques auxquelles il faudra faire face. Je reste de mon côté convaincu que la médiation entre élus et citoyens est primordiale.”

Le Grisollais a aussi conscience de la charge de travail et des concessions personnelles qu’un mandat de conseiller municipal impliquerait si d’aventure il était élu. Lui, élève ingénieur en génie mécanique et alternant à la SNCF, se montre pourtant résolument optimiste sur le sujet : “C’est du travail, bien sûr… Mais tout est une question d’organisation”, sourit le jeune homme. De quoi rassurer et, peut-être, réconcilier durablement une nouvelle génération avec l’engagement local.

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