Le coût total du programme, sous-marins inclus, est estimé à près de 200 milliards d’euros sur les 30 prochaines années. Le contrat annulé aux dépens du français Naval Group aurait coûté quatre fois moins cher.
Le gouvernement australien a annoncé ce dimanche 15 février débloquer l’investissement initial pour la construction d’un nouveau chantier de sous-marins à propulsion nucléaire, dans le cadre de l’alliance Aukus. Ce pacte avait été signé par Washington en 2021 avec le Royaume-Uni et l’Australie avec comme objectif de juguler l’influence de la Chine dans le Pacifique, entraînant l’annulation d’un méga-contrat entre Canberra et la France. La rupture du “contrat du siècle” avait créé un conflit diplomatique entre les deux pays.
200 milliards d’euros sur les 30 prochaines années
L’investissement de 3,9 milliards de dollars australiens (2,4 milliards d’euros) dévoilé est “crucial pour fournir l’Australie en sous-marins à propulsion nucléaire équipés d’armes conventionnelles”, a déclaré le Premier ministre Anthony Albanese. A long terme, l’investissement dans le nouveau chantier naval est estimé à un total de 30 milliards de dollars australiens (18 milliards d’euros).
Dans un premier temps, l’accord prévoit la fourniture à l’Australie à partir de 2032 de trois à cinq sous-marins américains à propulsion nucléaire de classe Virginia. Puis, à partir de 2040, la co-construction par le Royaume-Uni et l’Australie d’une nouvelle classe de sous-marins furtifs à propulsion nucléaire. Le coût total du programme, sous-marins inclus, est estimé à près de 200 milliards d’euros sur les 30 prochaines années.
Trahison, mensonges et dépendance aux Etats-Unis
L’annonce de ce pacte en 2021 avait été vécue à Paris comme un coup de poignard dans le dos car il avait vu Canberra annuler brutalement un mégacontrat avec la France pour des sous-marins conventionnels. Signé en 2016, celui-ci portait sur la construction de 12 sous-marins conventionnels français qui auraient été construits en Australie, à Adelaïde. Le contrat annulé aux dépens du français Naval Group aurait coûté quatre fois moins cher.
Le journaliste australien Andrew Fowler nous avait dévoilé les résultats de son enquête “Nuked” sur les raisons profondes de la rupture du “contrat du siècle” avec la France. Il dévoilait les manœuvres entre Américains, Britanniques et Australiens pour tromper la France, avant de révéler leur alliance pour contenir la Chine, l’Aukus, en 2021. Dans cet entretien, il révélait les dessous d’une affaire qui a “rompu la relation de confiance” entre la France et l’Australie, comme l’avait confié Emmanuel Macron.
Le soutien de Trump
L’acquisition de nouveaux sous-marins est au coeur du projet de Canberra d’augmenter ses capacités de frappe à longue distance dans le Pacifique, où la Chine renforce son influence. Un temps mis en doute par l’administration Trump alors que les chantiers navals aux Etats-Unis peinent déjà à fournir la marine américaine, l’engagement de Washington envers l’alliance Aukus, conclue sous Joe Biden, avait finalement été confirmé en décembre.

