February 14, 2026

Une employée accusée d’avoir piraté le site Cdiscount pour réclamer une rançon de 2 millions d’euros

l’essentiel
Le géant de l’e-commerce Cdiscount a-t-il été victime d’une vengeance interne ou d’un piratage sophistiqué ? Le tribunal correctionnel s’est penché mardi sur une demande de rançon de deux millions d’euros. Au cœur des débats : une employée et son mari, dont l’innocence est défendue avec acharnement.

Qui a piraté le site “Cdiscount” du 9 au 12 mai 2025 ? C’est l’interrogation à laquelle a été confronté le tribunal correctionnel ce mardi 11 février. Face à la technicité de l’affaire, le président du tribunal correctionnel a cité les policiers en charge de l’enquête. “Il y a cent mille requêtes agressives sur le site de Cdiscount par jour mais celle-ci avait quelque chose de particulier”, relate l’officier spécialisé en cybercriminalité.

Particulière par son ampleur : le site a en effet été bloqué par une demande de rançon de deux millions d’euros. Particulière aussi car “elle ne pouvait venir que de l’intérieur”, relate le policier avant d’expliquer “le site n’a pas été forcé donc le hacker avait forcément les codes.” Ainsi, l’attention des enquêteurs s’est portée sur une employée de Cdiscount : Maria-Léna, absente au procès et son mari, Yaël. “Ça ne peut être quelqu’un d’autre”, exhorte Me Alexandre Parra-Bruguière, l’avocat de la plateforme. En tout état de cause, les prévenus clament leur innocence.

Un litige avec une employée

Pour autant, “il y avait un litige entre Maria-Léna et la société Cdiscount, celle-ci n’ayant pas été payée depuis trois mois”, rappelle le procureur. Après avoir étayé ce mobile, le magistrat reprend les éléments à charge : “Des captures d’écran de la rançon effacées dans son ordinateur” ou encore “des échanges de mails troubles entre monsieur et madame”. Pour la gravité de ces faits et les inlassables dénégations des prévenus, le procureur demande 4 ans de prison dont un an ferme aménagé sous la forme d’un bracelet électronique.

À lire aussi :
Cyberattaque au ministère de l’Intérieur : “discret et invisible”, qui est le hacker arrêté et placé en garde à vue

En défense, Me Coline Balducci s’emploie à détricoter le dossier en “cherchant là où les enquêteurs n’ont pas cherché”. Elle apprend au tribunal que la dénonciation de Maria-Léna provient en premier lieu d’un collègue de cette dernière qui lui était hostile. Par suite, elle bat en brèche les incohérences de l’accusation : “Pourquoi Yaël est poursuivi pour avoir piraté le système alors que les enquêteurs affirment qu’il n’y a pas eu d’intrusion extérieure”, s’étonne l’avocate. Après cinquante minutes de réflexion, le doute instigué par Me Balducci a conduit le tribunal à reporter son délibéré au 19 mars prochain.

source

TAGS: