February 14, 2026

Incendie de Crans-Montana : Jacques Moretti aurait refusé d’installer de la mousse anti-feu sur son mobilier "pour des raisons budgétaires"

l’essentiel
Dans un témoignage adressé à la police suisse trois jours après l’incendie qui a provoqué la mort de 41 personnes, un professionnel ayant fourni des meubles au bar Le Constellation en 2015 se souvient que l’établissement “ne pouvait être aux normes des pompiers”. L’avocat de partie civile fustige le fait que ce récit n’a pas été communiqué par les autorités plus tôt.

Ce nouveau témoignage pourrait s’avérer capital. Le Figaro révèle que trois jours après le dramatique incendie survenu à Crans-Montana, un “agent d’usine” a contacté les autorités en affirmant avoir fait fabriquer du mobilier pour Jacques Moretti en 2015 dans le bar Le Constellation. Il a expliqué qu’il avait constaté des failles de sécurité et se souvient que le Corse avait refusé une “mousse anti-feu” en invoquant “des raisons budgétaires”. Ce témoin n’a toujours pas été interrogé par les magistrats chargés de l’enquête.

“Madame, Monsieur, de la police municipale de Crans-Montana. J’ai fait fabriquer les mobiliers à M. et Mme Moretti, pour l’ouverture de leur établissement”, raconte l’homme dans son mail du 3 janvier 2026. Pour l’ensemble des meubles commandés (majoritairement en cuir), le professionnel a proposé “l’intégration d’une protection en mousse anti-feu”. “Cette option a été déclinée par le client pour des raisons budgétaires”, a-t-il indiqué avant de préciser que “le cuir véritable est de nature anti-feu.”

Un témoignage oublié ?

Ancien “directeur d’exploitation en France pour une chaîne d’hôtels”, l’homme affirme disposer d’une certaine expertise. Ainsi, “il ne comprend pas comment l’établissement a pu recevoir un permis d’exploiter.” Ayant pu le visiter avant son ouverture, il se souvient avoir remarqué que “l’accès de la rue se faisait uniquement par un petit escalier étroit, l’espace ne disposait que d’un système d’aération limité. L’issue de secours était une petite porte donnant sur un espace vide, mais celle-ci ne constitue en aucun cas une sortie de secours conforme aux normes.”

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Le 5 janvier, le professionnel a renvoyé un mail à deux inspectrices de police en fournissant des plans et des photos prises à l’époque. Ce témoignage n’a pourtant jamais été ajouté au dossier de l’enquête. Le 4 février dernier, l’avocat de partie civile, Me Sébastien Fanti, a contacté la procureure par mail : “Je vous prie dès lors d’investiguer sans délai à ce sujet et de nous revenir. Sans réponse de votre part, je serai contraint de partir, bien à regret, du principe que rien n’explique cette démarche.”

Le témoin a indiqué à nos confrères du Figaro qu’il n’a jamais été convoqué par la police cantonale ou le ministère public. Il explique cependant avoir porté plainte auprès de “l’ordre des avocats et la procureure adjointe” contre Me Sébastien Fanti à qui il reproche “d’avoir bafoué son devoir de secret” en divulguant son témoignage avec des informations “pas précises”, “incomplètes”, voire “interprétées” à des journalistes italiens.

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