February 13, 2026

Fermeture de la RN20 : les buralistes d’Occitanie sortent du silence et dénoncent une "indignation à géométrie variable" face à la crise du Pas-de-la-Case

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Fermeture de la RN20 : les buralistes d’Occitanie dénoncent une “indignation à géométrie variable” face à la crise du Pas-de-la-Case. Alors que le blocage de l’axe routier inquiète la principauté, les syndicats régionaux rappellent deux décennies de distorsion fiscale et de fragilisation du réseau français.

La fermeture de la RN20, axe vital entre l’Ariège et l’Andorre, n’en finit pas de faire réagir. Après les inquiétudes relayées le 11 février dernier dans nos colonnes, sur la situation des buralistes du Pas-de-la-Case, les fédérations des buralistes d’Occitanie sortent à leur tour du silence. Dans un communiqué de presse publié ce vendredi 13 février 2026, elles indiquent avoir pris connaissance “avec surprise” de cet article et souhaitent dénoncer une “indignation à géométrie variable”.

Si elles reconnaissent que “toute situation économique difficile mérite considération”, les fédérations régionales s’étonnent du ton employé et des revendications exprimées, au regard de ce que vivent, selon elles, les buralistes français, “et en particulier ceux d’Occitanie”, depuis plus de vingt ans.

Une concurrence installée depuis deux décennies

Le cœur du problème est connu dans les territoires frontaliers. “Depuis deux décennies, l’écart considérable des prix du tabac entre la France et l’Andorre alimente un trafic d’achats transfrontaliers massif”, rappellent les buralistes. Une situation qu’ils qualifient de “structurelle” et qui “fragilise durablement les buralistes des territoires frontaliers”, dont une part importante de l’activité “s’évapore au profit d’un différentiel fiscal assumé”.

Les élus régionaux soulignent que ces difficultés ne datent pas d’hier. “Pendant plus de 20 ans, les alertes répétées des buralistes d’Occitanie sont restées sans réponse concrète du côté andorran”, écrivent-ils, évoquant “aucune empathie” et “aucune prise en compte des conséquences économiques et sociales pour les commerces français de proximité”.

En Ariège, un effet immédiat

La fermeture temporaire de la RN20 agit aujourd’hui comme un révélateur. “Par contraste”, elle met en lumière “l’ampleur des flux habituels” vers l’Andorre. Les fédérations indiquent que “les remontées du terrain montrent déjà une évolution significative des volumes vendus côté français depuis cette interruption de circulation, notamment en Ariège”.

Pour les buralistes, ces constats confirment ce qu’ils dénoncent de longue date : “une distorsion structurelle qui détourne une consommation massive vers l’Andorre”, au détriment à la fois “du réseau des buralistes français” et “des finances publiques nationales”.

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“L’équité économique ne peut être à sens unique”

Dans leur communiqué, les fédérations prennent soin de préciser qu’elles “ne se réjouissent pas des difficultés de leurs homologues andorrans”. Mais elles insistent sur un principe : “l’équité économique ne peut être à sens unique”.

Elles appellent ainsi “à une réflexion globale et équilibrée sur les politiques de santé publique” et demandent “une révision de l’écart des prix entre la France et les pays limitrophes”. Pour elles, “la stabilité économique des territoires frontaliers français ne peut continuer à être la variable d’ajustement d’un différentiel fiscal durablement entretenu”.

Les buralistes d’Occitanie assurent enfin qu’ils resteront mobilisés “pour défendre leur réseau, leurs emplois et la vitalité commerciale de leurs territoires”.

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