Sophie Adenot a décollé ce vendredi 13 février pour l’ISS au sein d’un équipage incluant des astronautes américains, mais aussi un cosmonaute russe. Une cohabitation qui interroge en pleine guerre en Ukraine et tensions géopolitiques.
Grand départ pour Sophie Adenot ce vendredi 13 février. Après deux ans et demi de préparation, l’astronaute française a décollé pour huit mois à bord de la Station spatiale internationale (ISS). Elle y rejoint un équipage déjà composé de deux Russes et d’un Américain.
Pour ce voyage, elle partage sa capsule avec deux Américains, Jack Hathaway et Jessica Meir, mais aussi avec un cosmonaute russe, Andrey Fedyaev. Ce dernier remplace Oleg Artemiev, retiré d’urgence de la mission en novembre dernier. Des analystes évoquent des soupçons d’espionnage pour expliquer ce départ soudain, même si la Nasa n’a jamais confirmé l’information.
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Avec la guerre en Ukraine et des tensions diplomatiques au sommet, voir un cosmonaute russe aux côtés d’Américains et d’une Française dans cette mission a de quoi étonner. Pourquoi Moscou est-elle toujours présente à bord de la station spatiale ?
Mission Apollo-Soyouz
Cette collaboration ne date pas d’hier. Dès 1972, en pleine Guerre froide, Richard Nixon et Alekseï Kossyguine avaient signé un accord de coopération spatiale. Ce texte a permis le projet historique Apollo-Soyouz, rappelle la Nasa sur son site. En juillet 1975, pour la première fois, deux vaisseaux ennemis s’amarraient en orbite. Cinquante ans plus tard, la technologie qui permet aux capsules de se fixer à l’ISS est une héritière directe du système mis au point pour cette mission.
L’ISS a été conçue comme un ensemble modulaire totalement interdépendant. La Station spatiale internationale, laboratoire scientifique en orbite depuis plus de vingt ans, repose sur une interdépendance technique entre les différents modules américains, russes, européens et japonais. Impossible, pour l’instant, d’y faire cavalier seul.
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La France a d’ailleurs une longue habitude de ces vols partagés et de cette coopération avec Moscou. Bien avant Sophie Adenot, des spationautes français comme Jean-Loup Chrétien, Michel Tognini, Léopold Eyharts ou encore Claudie Haigneré ont notamment séjourné à bord de la station russe Mir.

