La fermeture prolongée de la RN20, suite à un éboulement massif, plonge la vallée dans l’incertitude. Le maire de l’Hospitalet-près-l’Andorre réclame des réponses claires et un soutien étatique concret.
La nouvelle est tombée lundi 9 février via un communiqué de la préfecture de l’Ariège : la RN20 restera fermée au moins trois mois entre Ax-les-Thermes et L’Hospitalet-près-l’Andorre, après un éboulement massif survenu dans la nuit du 30 au 31 janvier. Un événement qualifié “d’exceptionnel et rare de par son ampleur” par les experts mobilisés. Si les premiers travaux ont officiellement débuté ce lundi, le retour à la normale n’est pas prévu avant plusieurs semaines, isolant une vallée entière.
Pour Arnaud Diaz, maire de L’Hospitalet-près-l’Andorre, la patience a des limites. Dès l’annonce de la fermeture prolongée, sa colère s’est exprimée sans filtre. “Oui, trois mois… C’est inquiétant pour le secteur économique. Je me répète depuis une semaine, je ne sais pas ce qu’il faut faire”, confie-t-il, évoquant le manque d’informations claires et le flou autour des réunions avec les autorités.
“Il n’est pas venu une seule fois dans la commune”
Le maire déplore l’absence de dialogue direct avec les habitants et les commerçants. “Demain, ça fera 11 jours qu’il n’est pas venu une seule fois dans la commune”, souligne-t-il. Pour lui, les réunions entre élus ne suffisent pas. “La réunion de demain, c’est bien de se réunir entre élus, mais la population attend autre chose. Ce n’est pas qu’une affaire d’élus, il faut écouter la population et expliquer la situation. Je ne ferai pas le service après-vente. L’État doit venir expliquer ce qui se passe.”
Les commerçants, artisans et professionnels de la vallée restent dans l’expectative. “Il faut travailler avec le local, leur expliquer ce qui va se passer, pourquoi ça dure trois mois… Et travailler avec les professionnels, leur dire voilà, il y a ça, ça, tel dispositif est mis en place”, insiste le maire. Mais jusqu’à présent, la communication reste lacunaire : “On nous a expliqué tous nos problèmes, mais on ne nous a pas dit, on va faire ça.”
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Le besoin d’une présence de l’État
Il appelle à un vrai dialogue et à la présence de l’État sur le terrain. “Il faut que la préfecture comprenne que notre territoire a besoin de la présence de l’État et de son soutien pour expliquer ce qui se passe. Les gens sont inquiets, leurs habitudes sont perturbées pendant trois mois.”
À quelques heures de la réunion prévue ce mardi avec le préfet à Mérens-les-Vals, le maire veut être clair : il attend des réponses concrètes, des engagements précis et surtout une vraie prise en compte des habitants. “Stop, maintenant. Et le secteur économique, il va falloir accélérer”, martèle-t-il. Dans cette vallée coupée de la RN20, la colère d’un élu devient le miroir de l’inquiétude et de l’impatience de toute une population.

