Pour tous les spectateurs, la finale de la CAN qui a sacré le Sénégal au Maroc en janvier 2026 a été le théâtre d’évènements difficilement compréhensibles. Un des champions d’Afrique présent sur le terrain ce jour-là est revenu sur ce match qui a basculé dans l’irréel dans une interview donnée ce vendredi 6 février.
La finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) ce dimanche 18 janvier 2026 devrait rester dans les mémoires des fans de football pendant de longues années. Tout était réuni pour qu’elle soit une rencontre des plus plaisantes avec deux équipes qui comptaient parmi les favorites au début du tournoi : le Maroc, pays hôte, et le Sénégal. Finalement, c’est son scenario qui a fait basculer le match dans l’irréel.
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Plusieurs semaines après les évènements, Iliman Ndiaye, vainqueur de la compétition avec les Lions de la Teranga, a accepté de revenir ce vendredi 6 février sur le déroulé irréaliste de cette finale auprès du Times, un quotidien britannique. Il a apporté quelques éclairages sur le principal incident du match, intervenu à la toute fin du temps réglementaire quand les joueurs sénégalais ont décidé de rentrer aux vestiaires en signe de protestation.
Ndiaye a raconté l’état d’esprit qui l’habitait lui et ses coéquipiers lors de cette scène lunaire. “Nous sommes devenus fous, assure l’ancien joueur de l’OM. On se demandait : “Que se passe-t-il ?” Nous avions complètement perdu la tête. C’est une finale et nous étions à quelques minutes de perdre.” Il estime que la décision de sortir du terrain, suite à une consigne de Pape Thiaw, sélectionneur sénégalais, puis d’y revenir, après une prise de parole de la légende Sadio Mané, représente la cohésion de son équipe.
“Nous trouvions que ce n’était pas juste”
“Nous pensions simplement : cela ne peut pas nous arriver. Après tout ce que nous avons traversé, nous trouvions simplement que ce n’était pas juste”, détaille-t-il encore. L’arbitre du match avait annulé un but au Sénégal avant d’accorder un pénalty au Maroc quelques minutes plus tard. Une décision que les Sénégalais ont considéré comme un traitement pas “équitable”.
Le match a basculé dans l’irréel quand Brahim Diaz, meilleur buteur du tournoi, s’est avancé pour convertir cette occasion dans les ultimes instants de la rencontre. “On se disait tous : “Il va rater, il va rater.” Il a raté et nous n’avons pas réagi”, se souvient l’attaquant d’Everton qui a prié pour cette issue.
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Surtout, Brahim Diaz, coéquipier de Mbappé au Real Madrid, a tenté une panenka qu’il n’a pas réussi à transformer. “J’ai trouvé ça un peu irrespectueux. Je ne dis pas qu’il voulait nous manquer de respect, mais c’était soit ça, soit il voulait se comporter comme une star après tout ce qui venait de se passer. Tu es à quelques minutes de devenir le roi de ton pays. Ils n’avaient pas gagné depuis tant d’années et il te suffisait de marquer le but”, déclare le Sénégalais à propos du malheureux attaquant marocain, en larmes après son échec.
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Il s’est finalement imposé avec ses coéquipiers après une prolongation particulièrement tendue remportée à la faveur d’un but de Pape Gueye à la 94e minute. “Ce sont des moments qu’on veut revivre. Cela donne de la motivation”, insiste Iliman Ndiaye qui fêtait son premier titre continental, célébré dignement avec un défilé euphorique dans les rues de Dakar, la capitale. Cette interview montre que, plusieurs semaines après son dénouement, cette finale continue d’habiter les protagonistes, qui ne pourront jamais oublier les multiples incidents qui l’ont émaillée, entre soupçons d’empoissonnement, altercations avec les stadiers, rebondissements sportifs et litiges arbitraux.

