Anna N. avant le départ d’un convoi de l’association SOS Donbass vers l’Ukraine, en avril 2023 à Pau. QUENTIN TOP/MAXPPP
Incarcérée depuis fin novembre à la prison de Fleury-Mérogis, Anna N., 40 ans, a le temps de regarder les chaînes info. Elle n’a rien manqué, en ce mois de janvier, des tractations diplomatiques entre la France, la Russie et les Etats-Unis autour du chercheur français Laurent Vinatier incarcéré à Moscou depuis juin 2024, car accusé d’espionnage. Pour permettre sa libération, Paris a consenti à celle de Daniil Kasatkin, un basketteur russe incarcéré en France, et réclamé par Washington qui le soupçonne d’avoir fait partie d’un réseau de hackeurs. Pourquoi lui et pas Anna N. ? Pourquoi n’aurait-elle pas été échangée, elle, contre Laurent Vinatier ? « Elle s’est posé la question, confie son avocat, Mᵉ Philippe de Veulle, contacté par “le Nouvel Obs”. C’est à la fois une question, une supposition, un espoir. » Doit-on y voir l’aveu que celle-ci a « travaillé » en France à la solde de Moscou ? « Pas du tout », affirme Mᵉ de Veulle, qui nie que sa cliente puisse être une espionne et ait fourni la moindre information stratégique à la Russie, ou ait tenté de déstabiliser le débat public français. Pour l’avocat, ce dossier ressemble à « l’affaire Dreyfus », et sa cliente est « victime d’une ambiance géopolitique ».
Anna N., franco-russe depuis son mariage avec un Français au début des années 2010, est aujourd’hui au cœur d’une vaste enquête menée par les services de renseignements intérieurs – la DGSI –, sous la houlette d’un juge de la section antiterroriste du tribunal de Paris. Interpellée le 17 novembre, e…
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