Maho Bah-Villemagne, est devenu un homme après avoir fait une carrière en boxe dans les catégories féminines. Il part en Thaïlande ce lundi 9 février pour poursuivre son rêve d’obtenir une licence professionnelle. Malgré sa différence, il aspire à “être traité comme n’importe quel boxeur”.
Ce lundi 9 février, Maho Bah-Villemagne a quitté la France pour la Thaïlande. Il est le premier athlète français transgenre à s’être vu délivrer une licence amateur par la Fédération française de boxe (FFB). Seulement, après quatre défaites (à chaque fois aux points) à l’automne 2024, sa quête d’une licence professionnelle s’est grandement compliquée. Ce voyage vers “Phuket” s’inscrit dans la suite de cet objectif.
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“Lorsqu’on a trois combats pros à l’étranger, quels que soient les résultats, la FFB délivre une licence pro “, explique à l’Équipe celui qui a changé son état civil (en 2023) et son prénom (en 2021), passant de Margot à Maho. Après une mammectomie et un changement de genre officiellement validé par un jugement du 22 décembre 2023, il n’avait plus le droit d’affronter des femmes. Il veut néanmoins continuer à combattre.
La Thaïlande, un choix stratégique
Après une carrière longue de 27 combats chez les féminines (12 victoires pour 15 défaites) et ponctuée d’une finale aux Championnats de France 2022, il rêve d’une victoire chez les hommes. “Moi aussi, je me suis dit que je n’arriverais pas à battre un homme, mais mon dernier combat m’a montré que je pourrai. Et je me suis dit qu’il me restait une chance de passer pro. Et, pour cela, d’aller en Thaïlande, où ce n’est pas compliqué d’obtenir une licence”, raconte-t-il à nos confrères.
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Un projet qui a d’autant plus de sens que, selon lui, “[s’il n’avait pas eu sa transition de genre, il serait déjà pro depuis longtemps]”. Pour financer ce départ à ses frais, il “donne des cours de boxe au niveau initiation” et a été informaticien au centre épidémiologique de santé publique des armées avant de le quitter parce qu’il pensait que “l’armée [le] bloquerait dans la boxe pro”, ce dont il n’est plus convaincu aujourd’hui.
En contact avec un entraîneur qui officie dans un club thaïlandais, il espère que ce dernier lui trouvera des combats rapidement après avoir jugé de son niveau sur “quelques rounds contre un sparring-partner”. Il compte bien tout donner pour y briller et demande à “être traité comme n’importe quel boxeur”. Son objectif, obtenir le statut de professionnel et être prêt d’ici à un gala, le 17 juin, “organisé par son entraîneur Louis Lavaly”. Pour cela, s’il le faut, il n’hésitera pas à prolonger son séjour à Phuket.

