Un article publié par l’Équipe ce lundi 9 février met en avant des contrats passés par Antoine Dupont et Anthony Jelonch, deux stars du Stade Toulousain, avec 3S-Alyzia, une société partenaire de leur club. Un potentiel contournement du salary cap est envisagé car aucune prestation ne semble justifier les sommes qui leur sont versées pour l’utilisation de leur image.
Après l’affaire Jaminet, le Stade Toulousain se retrouve à nouveau dans la tourmente. Une vaste enquête publiée par le quotidien sportif l’Équipe ce lundi 9 février met en cause des contrats signés par Anthony Jelonch et Antoine Dupont. Au cœur de ces soupçons, l’entreprise 3S-Alyzia, passé sponsor officiel du club rouge et noir il y a deux ans, qui apparaît sur les maillots et les affichages publicitaires d’Ernest-Wallon. Les deux joueurs ont signé un partenariat avec la société.
À lire aussi :
Stade Toulousain : simple entorse pour Gourgues, faible indisponibilité pour Romain Ntamack… Le point sur l’effectif “rouge et noir”
Concernant Jelonch, c’est avec sa société AJ-32 que 3S-Alyzia contracte “pour les activités de service, le droit exclusif d’exploitation des droits attachés à la personnalité de M. Jelonch, dans un but publicitaire”, selon le document consulté par l’Équipe. Pourtant, le joueur toulousain n’apparaît nulle part et son image ne semble pas utilisée par ceux qui lui versent pourtant 75 000 euros pour la saison 2022-23, puis le même montant pour la saison suivante. Lui-même dit ne pas se souvenir d’avoir fait quoi que ce soit pour 3S-Alyzia, bien que son contrat stipule que “sa participation aux événements précités étant une condition déterminante” de l’accord et peut entraîner sa “résiliation” en cas de non-respect.
Des prestations fantômes pour des revenus réels ?
La seule chose dont il se souvient concernant cette collaboration, “des soirées one shot”, 2 pour un total de 170 000 euros, un montant qui ne colle absolument pas à la réalité économique du milieu. Autre élément qui pose question, les liens entre le contrat de Jelonch avec 3S-Alyzia et le club. Interrogé par nos confrères, le joueur assure que le contrat qui le lie à la société est personnel et n’implique pas le club. Les investigations de l’Équipe ont pourtant mis en lumière plusieurs mails échangés entre l’avocate de 3S-Alyzia, le joueur et ses représentants et Didier Lacroix, le président du champion de France.
À lire aussi :
Avec Dupont, Ramos et autres joueurs premium, pourquoi le Stade Toulousain est le grand perdant des nouvelles règles du salary cap
Antoine Dupont, de son côté, est lié à la société depuis son arrivée au Stade Toulousain, et son contrat doit lui rapporter 1,8 millions d’euros à terme. Mais, là non plus, pas de trace de l’utilisation de l’image du demi de mêlée, si ce n’est sa présence en tant qu’invité d’honneur au gala de fin d’année de 3S-Alyzia et à quelques évènements ponctuels comme le salon du Bourget. Les journalistes de l’Équipe vont jusqu’à mettre en doute la présence de Dupont au salon aéronautique en 2019. De quoi ajouter aux soupçons de salaire dissimulé qui permettent aux joueurs d’éviter l’impôt et au club de ne pas payer de cotisations sociales. Ni Dupont et Jelonch, ni leurs agents, ni le club et ses représentants, ni 3S-Alyzia n’ont répondu aux questions de nos confrères afin de lever les soupçons qui entourent ces contrats. Pire, un contournement présumé du salary-cap par un contrat entre Dupont et Fiducial (non déclaré dans le salary cap), est mis en avant par l’Équipe.

