February 9, 2026

Trafic de drogue : de Reims à Carcassonne, ces petites mains venues du nord inquiètent les autorités judiciaires

l’essentiel
Un possible réseau de trafic de stupéfiants entre Reims et le quartier de Fleming à Carcassonne inquiète les autorités judiciaires. Jugés en comparution immédiate le 2 février 2026, deux jeunes au profil similaire, interpellés sur le même point de deal, viennent renforcer ces soupçons.

Le lundi 2 février 2026, le tribunal correctionnel de Carcassonne a eu à juger le cas de jeunes majeurs pour une affaire de trafic de stupéfiants. Les deux dossiers présentent de nombreuses similitudes, notamment le lieu et la raison de l’interpellation, mais surtout — et c’est ce qui a retenu l’attention du tribunal — la ville d’origine des deux jeunes. Depuis plusieurs mois, des Rémois sont fréquemment retrouvés sur le point de deal de Fleming. Ce phénomène croissant interroge les autorités judiciaires. Carcassonne serait-elle en train de devenir un point névralgique du trafic ? “Manifestement, il y a un échange de petites mains entre Reims et le quartier de Fleming pour vendre des stupéfiants. C’est curieux de voir deux amis originaires de Reims sur le même point de deal et à la même audience”, interroge la présidente.

Une errance géographique

Les deux jeunes de 21 ans ont tous deux fait l’objet d’une comparution immédiate après avoir été interpellés le 31 janvier 2026 à Fleming. Le premier explique être venu visiter des amis à Carcassonne et s’être retrouvé pris dans un trafic de stupéfiants malgré lui : “J’étais posé et je me suis fait menacer, j’ai dû ramener une poche à une certaine personne et j’ai rechargé le point de deal”. Le second, habitant entre Angers et Balma, assure avoir seulement fait guetteur “pour rendre service et payer sa consommation de cannabis”. Ils sont tous deux poursuivis pour vente de stupéfiants.
À leur âge, les deux jeunes hommes ont déjà un casier judiciaire bien rempli : cinq condamnations pour le premier et huit pour le second. “Vous allez faire quoi de votre vie ?”, demande la présidente, rappelant que le trafic de stupéfiants n’est pas considéré comme une activité. Tous deux semblent être sur la voie de l’insertion, l’un cherche une formation dans la manutention, l’autre travaille déjà en intérim. Mais leur errance géographique a fait douter le tribunal de leurs bonnes intentions.

“Recrutés sur Snapchat”

Pour le parquet, ils font “partie de ces jeunes recrutés sur Snapchat pour le trafic de drogue. Le ministère public veut faire comprendre à ces individus que la seule réponse de la justice sera la détention provisoire”. D’après la procureure, ces jeunes ont délibérément fait le choix de la délinquance et n’ont fourni aucun élément permettant d’attester des projets de vie. Pour le premier, le parquet a requis six mois de prison ferme avec l’interdiction de venir dans le département de l’Aude pendant trois ans. Même interdiction pour le second mais avec une peine de prison de huit mois.
Les deux avocats de la défense ont plaidé sur le jeune âge des prévenus pour tenter de leur faire éviter la prison. “La détention n’est pas la réponse à tout, c’est un jeune encore en devenir”, a plaidé l’avocat du premier.
Après délibération, il sera condamné à une peine de six mois d’emprisonnement à purger à domicile avec un bracelet électronique et l’interdiction de venir dans l’Aude pendant trois ans. Le deuxième, en raison de son casier judiciaire plus fourni et de son refus de communiquer le code de son téléphone, a été condamné à huit mois de prison ferme avec également l’interdiction de se rendre dans le département pendant trois ans.

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