Reportage
La ville est le symbole de cette autre guerre qui se déroule en Cisjordanie occupée, grande oubliée du plan de « paix » du président américain Donald Trump. Dans ce berceau des trois religions monothéistes, tronçonné par les implantations juives illégales, les exactions de l’armée israélienne contre les Palestiniens se multiplient depuis le 7-Octobre.
« L’histoire n’est que la géographie dans le temps, comme la géographie n’est que l’histoire dans l’espace », disait le géographe Elisée Reclus. Ce n’est nulle part aussi vrai que dans ce petit bout de terre disputé qu’est la Cisjordanie, territoire balafré de murs où la géographie et l’histoire se cognent à devenir fou : ici, les routes mènent toujours à un checkpoint et rendent dingues les GPS. C’est peut-être à Hébron, l’une des plus anciennes cités du Proche-Orient, ville sainte pour les trois religions monothéistes en raison de la présence du tombeau des Patriarches – Abraham, Isaac et Jacob –, qu’on comprend le mieux ce terme de « territoires occupés ». Hébron – Al-Khalil en arabe ou Hévron en hébreu, ce qui dans les deux cas veut dire « l’ami » –, l’une des plus grandes villes palestiniennes, est la seule à abriter une colonie juive dans son centre historique. Cela en fait une anomalie en soi, dans un territoire en forme d’anomalie : cette Palestine tronçonnée où tout a été fait pour séparer les populations.
C’est aussi la ville symbole de cette autre guerre qui se déroule en Cisjordanie, grande oubliée du plan Trump pour la bande de Gaza, à quelques dizaines de kilomètres de là. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : depuis deux ans, 1 043 Palestiniens de Cisjordanie ont été tués, dont plus de 200 enfants,…
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