Un investissement immobilier à Paris vire au cauchemar pour un jeune propriétaire qui avait confié la gestion de son appartement à une agence spécialisée dans la location de courte et moyenne durée. Malgré un loyer impayé de 40 000 euros, la justice refuse l’expulsion d’un locataire devenu squatteur pour “irrégularité sur le bail”.
Pensant réaliser un investissement immobilier sécurisé, un jeune propriétaire achète en mai 2024 un appartement de 38 m² dans le XXᵉ arrondissement de Paris pour 290 000 euros. Le bien est financé par un crédit sur plusieurs années, rapporte Le Parisien.
Pour optimiser la rentabilité, il confie la gestion à Checkmyguest, une société spécialisée dans la location de courte et moyenne durée. La plateforme promet alors une gestion clé en main. “Confiez-nous vos biens immobiliers pour vous assurer la meilleure rentabilité” promet l’entreprise.
1900 euros par mois
Checkmyguest est un site privé destiné aux séjours temporaires, principalement touristiques ou liés à des missions professionnelles. Si ce type de location peut s’avérer plus rémunérateur que le marché classique, les avis sont contrastés et évoquent parfois des dysfonctionnements et un manque de suivi. Malgré ce risque, e propriétaire accepte un montage lui garantissant 1 900 euros par mois, sur un loyer affiché à 2 250 euros, une somme suffisante pour couvrir ses 1 700 euros de mensualités bancaires.
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Après plusieurs locations de courte durée, un locataire s’installe en avreil 2024 pour une période d’un an. Il règle le premier mois de loyer, puis cesse tout paiement. La situation s’enlise et se transforme progressivement en squat, avec une dette qui atteint aujourd’hui près de 40 000 euros.
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Des démarches contre la plateforme
Estimant avoir été mal accompagné, le propriétaire engage des démarches judiciaires. “L’agence est tenue de vérifier la solvabilité des candidats, mais les vérifications minimales n’ont pas été réalisées”, commente son avocate auprès du Parisien. Mais ses requêtes sont rejetées. En mai 2025, la justice refuse tout remboursement, invoquant “une irrégularité sur le bail”. Dans le contrat, Checkmyguest s’est déclaré bailleur et non mandataire.
De son côté, la plateforme assure, par la voix de ses avocats, ne pas être mise en cause à ce stade. Selon eux, il n’appartient pas à l’entreprise de procéder à une expulsion, mais au propriétaire, conformément aux conseils fournis. La situation reste floue et le propriétaire, en attendant, doit assumer seul les pertes financières.
Loi anti-squat
En France, la loi anti-squat, renforcée par la loi du 27 juillet 2023, a durci les sanctions contre l’occupation illégale d’un logement, avec des peines pouvant aller jusqu’à trois ans de prison et 45 000 euros d’amende. En revanche, ces dispositions s’appliquent difficilement lorsque l’occupant dispose d’un bail, même irrégulier, comme dans le cas de loyers impayés. Le propriétaire doit alors engager une procédure judiciaire classique, souvent longue, pour obtenir une résiliation du bail et une expulsion. La récupération des loyers dus reste incertaine.
Concernant les squats après une entrée dans logement airbnb, une proposition de loi déposée au Sénat le 28 novembre 2025 a été adoptée en première lecture le 20 janvier 2026. Si celle-ci est adoptée, l’intrusion illégale ne pourrait être établie et les individus deviennent expulsables en 72 heures, comme le prévoit la loi anti-squat.

