Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse à Toulon, le 29 août 2025. MANON CRUZ / AFP
Blocage politique en France, guerre en Ukraine, rapport de force avec Donald Trump… Le président français Emmanuel Macron a tenu ce vendredi 29 août une conférence de presse en compagnie du chancelier allemand Friedrich Merz. « Le Nouvel Obs » fait le point sur ce qu’il faut retenir.
• Macron ne démissionnera pas
Quelle que soit l’issue du vote de confiance demandé par François Bayrou le 8 septembre, Emmanuel Macron a assuré ce vendredi 29 août qu’il entend « exercer jusqu’à son terme » le « mandat qui (lui) a été confié par les Français ». « La démocratie consiste à ce que des gens votent pour un mandat donné (…) n’en déplaise y compris à ceux qui ont été défaits à plusieurs reprises lors de ces mêmes élections », a déclaré le chef de l’Etat. Refusant de faire « de la politique-fiction » sur une éventuelle nouvelle dissolution, Emmanuel Macron a estimé que son Premier ministre était face à « un défi qui n’est pas insurmontable » et appelé les forces politiques à trouver « des chemins d’accord » sur le budget.
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• Sans sommet avec Zelensky d’ici à lundi, Poutine se « sera joué » de Trump
Si le chef de l’Etat russe ne rencontre pas son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky d’ici lundi comme demandé par Donald Trump, « cela voudra dire que le président Poutine se sera joué du président Trump », a estimé Emmanuel Macron. Si cette réunion bilatérale « à laquelle le président Poutine s’est engagé auprès du président Trump » ne se déroule pas d’ici à lundi, « je crois qu’une fois encore, ça voudra dire que le président Poutine se sera joué du président Trump » et « ça ne peut pas rester sans réponse », a-t-il fait valoir. « Nous parlerons l’un et l’autre au président Trump » ce week-end et « si nous devions constater la semaine prochaine qu’une fois encore, après des mois de promesses non tenues, ce n’était pas le cas, nous plaiderions très clairement pour que des sanctions primaires et secondaires soient prises » contre la Russie, a-t-il ajouté.
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• Poutine va vers une « dérive autocratique »
Emmanuel Macron, qui avait qualifié son homologue russe Vladimir Poutine d’« ogre » et de « prédateur », a réfuté toute insulte à son encontre et de nouveau dénoncé la « dérive autocratique » et « l’impérialisme révisionniste » du maître du Kremlin. « Quand on dit qu’il y a un ogre aux portes de l’Europe (…), je crois que ça qualifie ce que les Géorgiens, les Ukrainiens et beaucoup d’autres nations ressentent très profondément, c’est-à-dire un homme qui a décidé d’aller vers une dérive autoritaire, autocratique et de mener un impérialisme révisionniste », a-t-il déclaré, répliquant aux accusations d’« insultes vulgaires » de la diplomatie russe. « Nous continuerons d’exercer la pression pour que des sanctions supplémentaires soient prises par nous-mêmes, et nous y sommes prêts, mais aussi par les Etats-Unis d’Amérique pour forcer la Russie à revenir autour de la table des discussions », a affirmé le président.
• Les menaces de Trump appellent une « réponse des Européens »
Le chef de l’Etat a averti que les menaces de droits de douane de Donald Trump sur le secteur numérique seraient assimilables à de la « coercition » et que les Européens y répliqueraient. « Si de telles mesures étaient prises, elles relèveraient de la coercition et elles appelleraient une réponse des Européens », a-t-il lancé, promettant une position « inflexible » sur le sujet.