L’auto-école FTGR 46 à Lalbenque (46) sera fermée du 21 au 28 février après la découverte de documents falsifiés concernant la formation d’un jeune conducteur. Un incident, rare dans le département, aux lourdes conséquences.
“Il y a eu une erreur, j’en assume les conséquences”, confie Frédéric Filippi, directeur général d’ECF SPS qui gère l’auto-école FTGR 46 à Lalbenque. Quelques mots pour résumer une semaine de suspension, plusieurs dizaines de milliers d’euros de chiffre d’affaires perdus et un jeune conducteur coincé entre faux et formation bloquée.
Par un arrêté, signé le 29 janvier 2026, l’autorisation d’exploitation de l’établissement de Lalbenque sera suspendue du samedi 21 au samedi 28 février. Une sanction qui fait suite à un contrôle réalisé le 18 novembre dernier, révélant de graves anomalies : usage de faux en écriture et détention de documents administratifs falsifiés.

“L’établissement a tenté de contourner la réglementation”
Au cœur du litige : la passerelle permettant de convertir un permis boîte automatique en permis boîte manuelle. Le jeune conducteur concerné n’avait jamais effectué ses heures à Lalbenque. “Après contrôle, il s’est avéré que l’élève n’était pas référencé dans les registres de cette auto-école”, précise Pierre-Antoine Morand, directeur départemental des territoires (DDT) du Lot.
En réalité, l’élève avait suivi sa formation en Haute-Garonne, dans un centre ayant perdu son label de formation. Le dossier a ensuite transité par l’Aveyron avant d’échouer dans le Lot, où des documents falsifiés ont finalement été produits pour régulariser la situation. “L’établissement a tenté de contourner la réglementation pour permettre au jeune d’obtenir son permis définitif”, martèle Pierre-Antoine Morand.
“Nous assumons cette erreur”,
Pour Frédéric Filippi, il s’agit d’une défaillance administrative plutôt que d’une volonté de nuire. “La formation s’est déroulée correctement, mais trois documents n’étaient pas conformes. Nous assumons cette erreur”, précise-t-il. “J’assume, j’ai remis de l’ordre administrativement chez moi”. Une situation qui oblige néanmoins le jeune conducteur à reprendre intégralement sa formation.
À la préfecture, on rappelle que la suspension est une mesure rare mais nécessaire. “Il ne s’agit pas d’une simple incompréhension administrative, mais d’une tentative de contournement de la réglementation”, souligne Élodie Nérin, cheffe du bureau Éducation routière. Elle précise qu’un signalement judiciaire aurait pu paralyser l’ensemble des agences du groupe. “Vu le volume d’activité de cet exploitant, une suspension d’une semaine nous a semblé une mesure raisonnable et proportionnée.” Pour Frédéric Filippi, la sanction représente tout de même un coût significatif, entre perte de chiffre d’affaires et décalage des formations. “Une semaine de suspension correspond à des dizaines de milliers d’euros de chiffre d’affaires. C’est cher, mais nous en assumons la conséquence”, reconnaît-il.
Si le cas de FTGR 46 est exceptionnel dans le Lot, la vigilance reste de mise du côté de la DDT. “La fraude aux examens théoriques, notamment au code, est plus fréquente”, concède Élodie Nérin. “Nous recevons régulièrement des alertes lorsque des taux de réussite anormalement élevés sont constatés dans certains centres d’examen. Ici, c’est un cas isolé.”

