La Commission Nationale des Titres-Restaurant (CNTR) a donné son feu vert à l’enseigne Hema pour accepter les titres-restaurant. Une décision critiquée par l’Umih qui dénonce l’ouverture d’une “boîte de pandore”. Dans quels commerces est-il possible de les utiliser ? On fait le point.
Les consommateurs pourront désormais utiliser leurs tickets-restaurants pour se procurer de produits alimentaires dans l’enseigne Hema. Une enseigne néerlandaise spécialisée dans les articles pour la maison à bas prix. Or, l’offre alimentaire s’y limite à des friandises et des confiseries, insuffisantes pour constituer un vrai repas.
L’Umih, premier syndicat d’hôtellerie et de restauration, a écrit au ministre du Commerce pour dénoncer la possibilité d’utiliser ces moyens de paiement dans l’enseigne qui n’appartient pas au secteur de la restauration. Pour le syndicat, cette décision apparaît comme “emblématique des dérives permises par la prolongation de l’extension des titres-restaurant à l’ensemble des produits alimentaires, extension dont les effets sont aujourd’hui particulièrement préjudiciables au secteur de la restauration”. Pour l’Umih, cette décision ouvre “une boîte de Pandore, puisque désormais il suffira à une chaîne de magasins de sport de commercialiser des barres énergétiques et des bouteilles d’eau et à des magasins de prêt-à-porter, quelques snacks ou friandises pour être éligibles au dispositif des titres-restaurant”.
Où peut-on utiliser les titres-restaurant ?
Plus de plus de 5,5 millions de salariés utilisent les titres-restaurant (Ticket Restaurant, Chèque déjeuner, Pass Restaurant, UpDéjeuner, Swile…) pour régler des repas et des courses alimentaires dans plus de 240 000 établissements affiliés. Les tickets peuvent être utilisés dans des restaurants mais aussi des commerces assimilés, des supermarchés ou épiceries.
Le gouvernement souhaite pérenniser la possibilité d’utiliser les titres-restaurant pour payer ses courses alimentaires en supermarché, qui court jusqu’à fin 2026, via une réforme du secteur qui devrait être discutée cette année au Parlement. Face à cela, l’Umih demande l’instauration d’un double plafond de dépenses, plus élevé dans la restauration que dans la distribution.
Quels montants pour les titres-restaurant ?
Le montant du titre-restaurant dépend de l’employeur qui est libre de le déterminer. En 2025, il s’élevait en moyenne à 9,40 euros avec un plafond fixé à 25 euros par jour. Celui-ci est cofinancé par l’employeur, à hauteur de 50 à 60 %, et par le salarié avec 40 à 50 % de reste à charge. Ils doivent être accordés sur une base égalitaire à l’ensemble du personnel salarié d’une entreprise et peuvent être utilisés pendant l’année de leur émission.
Interrogée par RMC, la présidente de la Commission Nationale des Titres-Restaurant, Sandrine Lambert, indique qu’il “suffit d’être un commerce librement accessible, et de vendre des produits éligibles. À savoir de la nourriture.”
D’autres commerces comme Action, Normal ou Décathlon pourraient tout à fait demander un agrément et l’obtenir. Ces enseignes n’auraient pas encore entamé une telle démarche.

