Mercredi 4 février, le comité de tennis du Tarn a organisé une sortie à l’Open d’Occitanie, à Montpellier, regroupant plus de 270 licenciés. Une démarche visant à récompenser les clubs, et qui est appréciée par tous.
Les yeux brillent et les bouches sont grandes ouvertes. L’ébahissement est frappant. “Mon rêve, c’est d’être ici”, entend-on au sein d’un groupe de garçons scrutant Stan Wawrinka, ancien 3e mondial et triple vainqueur d’un tournoi du Grand Chelem (Open d’Australie 2014, Roland-Garros 2015, US Open 2016), batailler avec le Serbe Hamad Medjedović, en 16e de finale de l’Open d’Occitanie de Montpellier. Ace du Suisse, la Sud de France Arena, acquise à sa cause, hurle, un enfant est estomaqué : “Ouah 2018 km/h, j’aimerais servir comme lui.”

Peut-être retrouvera-t-on un jour un de ces joueurs de tennis en herbe sur le GreenSet du tournoi ATP 250 héraultais. En attendant, c’est dans les tribunes et les coursives de la plus grande salle du sud de la France que ces Tarnais élisent domicile, le temps d’une journée. Ce mercredi 4 février, le comité de tennis départemental organisait sa traditionnelle sortie annuelle à l’Open d’Occitanie. “C’est la troisième fois que l’on y vient. L’idée est d’intéresser les gamins, leur montrer le haut niveau, leur donner envie de jouer et donc, forcément, les fidéliser au sein des écoles de tennis”, détaille Pierre Rouanet, président du comité.
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L’excursion, financée à 80 % par le comité – les participants paient leur place pour le tournoi –, était jusqu’ici limitée à 250 licenciés. Devant le succès et les fortes demandes rencontrées, des efforts ont été consentis. “On a ajouté un cinquième bus un peu au dernier moment. C’est un événement qui a bien pris chez nous”, enchaîne Rouanet. Au total, 272 enfants, des petits de 7 ou 8 ans jusqu’aux adolescents, ont embarqué en direction de la préfecture de l’Hérault, évidemment encadrés par des parents ou enseignants des 14 clubs représentés.
La chasse aux autographes
Le lieu, fermé et sécurisé, offre en sus une certaine liberté de déplacement aux participants, y compris les plus jeunes, aussi attirés par les divers ateliers disposés dans l’enceinte de l’arena permettant par exemple de mesurer la vitesse de son service. Car s’ils ne tiennent pas une raquette entre leurs mains, certains transpirent autant que sur un court. Assis dans les gradins devant le match de la pépite tricolore de 16 ans Moïse Kouamé, Valentin, 12 ans, essuie son front luisant de sueur. “J’ai beaucoup couru, avoue ce licencié à l’AS Pierre-Fabre. Il le faut si je veux avoir mes autographes. J’ai eu celui d’Auger-Aliassime, j’attends Cobolli, à 15h, et j’espère avoir Kouamé.” Avec ses amis Owen, Gabin et Timéo, ils ont tout calé à la minute près : “On a bien étudié le programme dans le bus ce matin pour maximiser nos chances de voir tout le monde.”

La course à la signature est lancée, “parfois ils demandent des dédicaces à des tennismen qu’ils ne connaissent pas” s’amuse Bruno, accompagnateur de Labruguière. Derrière une porte noire à deux vantaux, pas dissimulée mais discrète puisque menant à une mini-tribune du court central, une petite bande, vêtue d’un t-shirt bleu floqué “TC Sorèze”, a déniché l’endroit parfait : peu de monde et sur le passage emprunté par les joueurs pour sortir du court.

La paire toulousaine Sadio Doumbia-Fabien Reboul – entraînée par le Castrais Paul Cayre –, vient de se qualifier en quarts. Grosse balle jaune et marqueur permanent en main, t-shirt presque déjà tendu pour être dédicacé, les Sorèzois sont prêts. “C’est vraiment impressionnant d’être ici. Je découvre un nouvel environnement, une vitesse de jeu folle”, lance Mia, 14 ans. Julien, son entraîneur, tire également une vertu éducatrice dans cette sortie : “C’est intéressant qu’ils assistent à ce type de compétition pour leur plaisir déjà, mais aussi pour saisir les attitudes, les gestes des joueurs. Des fois, il vaut mieux voir, en vrai, pour comprendre, que d’expliquer.”
Récompenser aussi les petits clubs
Les bons souvenirs ressortiront de cette journée. Certains, comme Apolline de l’USSPA, étaient déjà présents l’an passé et ont souhaité revenir. “Voir du tennis c’est top. Pouvoir autant approcher les pros, c’est encore mieux. Ils jouent le jeu et cette proximité est vraiment appréciable”, confie l’ado de 15 ans, indéniablement plus heureuse ici avec ses amies “qu’en cours”. Ce tournoi vaut bien la peine de rater un jour d’école, même si cela et le fait de rentrer un peu tard, aux alentours de 21h ou 22h, peuvent freiner des parents à inscrire leurs enfants. Or une belle opportunité se saisit à pleines mains, encore plus quand de nombreux clubs ne sont pas en capacité d’offrir une telle expédition à leurs membres.

Le vœu du comité réside aussi là, à savoir d’équilibrer la chose, de récompenser tout le monde, y compris les plus petits clubs. À l’image de celui de Viviers-lès-Montagne, représenté par deux licenciés, Paul et Louis, accompagnés par Stéphanie, leur maman et présidente : “On n’a pas l’occasion de les amener sur des tournois de cette ampleur. Pourtant, c’est intéressant qu’ils voient à quoi ça ressemble, qu’ils découvrent d’autres choses. Mais je comprends aussi que d’autres facteurs fassent hésiter les parents à envoyer leurs enfants.” Au vu du nombre croissant de demandes afin de participer à cette journée, il semblerait que les hésitations s’évanouissent peu à peu. Le bouche-à-oreille relatant le succès de la sortie, et tous les bons souvenirs qui en découlent, font peu à peu leur œuvre.

