Quelques jours après la mort d’un nouveau-né au Nouveau-Mexique après que sa mère ait consommé du lait cru pendant sa grossesse, une épidémie frappe neuf autres personnes, dont deux enfants, dans l’Idaho. Les autorités sanitaires tirent la sonnette d’alarme.
Neuf personnes, dont deux enfants, ont été hospitalisées dans le comté d’Ada, dans l’Idaho, après avoir consommé du lait cru non pasteurisé, rapporte l’agence de santé locale, citée par le magazine People. Les autorités sanitaires ont indiqué que des analyses en laboratoire ont confirmé la présence d’Escherichia coli (E. coli) productrice de toxine Shiga (STEC), “l’une des toxines bactériennes les plus puissantes connues”, selon la Bibliothèque nationale de médecine.
“Deux enfants sont hospitalisés pour un syndrome hémolytique et urémique, une complication rare mais grave d’une infection à Escherichia coli”, pouvant entraîner une insuffisance rénale et des problèmes de santé à long terme, précisent les autorités.
Toutes les personnes malades ont déclaré avoir bu du lait cru d’une même marque. Selon les autorités locales, le producteur a suspendu sa production et retiré ses produits des rayons, le temps que l’enquête puisse identifier la source de la contamination.
26 personnes infectées en novembre
Il ne s’agit pas de la première épidémie liée à la consommation de lait cru dans l’Etat de l’Idaho où la vente de ce produit est autorisée, sans obligation légale de le tester pour détecter la présence de bactéries au préalable. En novembre dernier, 26 cas, dont six enfants de moins de douze ans, avaient été signalés.
Cette nouvelle épidémie survient par ailleurs quelques jours après l’annonce du décès d’un nouveau-né au Nouveau-Mexique des suites d’une listériose contractée après que sa mère ait consommé du lait cru pendant sa grossesse.
Une tendance poussée par les influenceurs
Alors que ses mérites sont vantés par des influenceurs “bien-être” en ligne, le lait cru connaît un intérêt croissant outre-Atlantique. Selon l’agence AP, les ventes de ce produit ont enregistré une hausse en 2024. Face à cet effet de mode, les autorités sanitaires tentent d’avertir sur les risques liés à sa consommation. En effet, les laits crus et non pasteurisés peuvent présenter un danger pour les personnes les plus fragiles. Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) américains recommandent de privilégier du lait pasteurisé, le processus de pasteurisation éliminant “les germes pathogènes en chauffant le lait à une température suffisamment élevée pendant une certaine durée”. “Le lait pasteurisé offre les mêmes avantages nutritionnels que le lait cru, sans les risques liés à sa consommation”, poursuivent les CDC.

