Grues, chantiers, immeubles flambant neufs… À Toulouse, le quartier Malepère pousse à vue d’œil. À la veille des élections municipales, nous sommes allés à la rencontre des habitants pour qu’ils racontent leur quotidien et disent leurs attentes.
Il est un peu plus de 11 h 30, à Malepère, au sud-est de Toulouse. Les grues dominent le paysage, les travaux sont omniprésents et les rues changent de configuration. Dans ce quartier appelé à accueillir plusieurs milliers d’habitants, le quotidien est rythmé par les chantiers. À moins de deux mois des élections municipales, les habitants observent attentivement la manière dont la ville accompagne cette croissance rapide.
Autour de la place Nina-Simone, futur cœur du quartier, les aménagements ne sont pas achevés. Le stationnement s’impose comme le sujet n° 1. Faute de places suffisantes, de nombreuses voitures sont garées à même la chaussée ou le long des pistes cyclables dans un quartier pensé pour limiter l’usage des véhicules.
À la pharmacie, Patricia, la patronne, décrit un secteur en transition. “Il y a encore beaucoup de travaux donc c’est un peu compliqué.” Elle souligne l’absence, pour l’instant, “d’un véritable cœur de quartier”. “Ce n’est pas qu’il y a trop de travaux, c’est que tout est arrivé d’un coup.”
“Ils ont tout rasé”
Cette accélération, Monique l’a vécue de près. Installée dans le quartier depuis quarante ans, elle décrit un paysage profondément transformé. “Ils ont tout rasé et il n’y a pas eu assez de respect pour la végétation”, regrette-t-elle. Elle parle aussi des problèmes de propreté et de stationnement gênant et souhaite “plus de panneaux et de contrôles de police”.
Les habitants arrivés récemment portent un regard plus nuancé. Élodie, qui promène son chien, vit ici depuis un an. Elle apprécie la proximité avec le centre-ville et les zones d’emploi mais évoque “des incivilités et des dégradations dans les immeubles” et un stationnement “compliqué tous les soirs”. “Il manque aussi des commerces de proximité, comme une boulangerie”, ajoute-t-elle.
“Agréable sur le papier”
Tout le monde attend désormais la fin des constructions. Installée depuis trois ans, Sophie parle d’un quartier “agréable sur le papier” mais encore compliqué à vivre. “On nous a beaucoup parlé d’écoquartier et de qualité de vie. Pour l’instant, on est surtout dans une phase très dense”, observe-t-elle.
Devant un arrêt de bus, Marc, 32 ans, explique avoir anticipé les contraintes. “Je savais en arrivant que ce serait un quartier en construction”, explique-t-il, en pointant, lui aussi, les difficultés pour se garer.
El Amin est installé depuis près de deux ans ici. Et il a déjà écrit à la mairie. “Le stationnement, bien sûr, mais aussi la signalétique. Il n’y a pas assez de panneaux de limitation, les voitures roulent trop vite. Et pour les enfants, un parc plus grand serait nécessaire.”

