February 4, 2026

"Je ne veux personne sur le site" : face au risque d’un nouvel éboulement, pas de réouverture de la RN20 avant plusieurs semaines

l’essentiel
Alors que l’axe de la RN20 est toujours paralysé entre Ax-les-Thermes et l’Hospitalet-près-l’Andorre, les équipes de la Direction interdépartementale des routes du Sud-Ouest sont sur le qui-vive pour conclure le premier diagnostic de sécurité sur place. Le préfet de l’Ariège l’annonce : il faut compter “minimum plusieurs semaines” pour revoir la RN20 fonctionnelle.

Pour résumer le dossier qui occupe une grande partie de son agenda ces derniers jours, Hervé Brabant, préfet de l’Ariège, choisi le mot “complexe”. Après l’éboulement de 100 m3 de roches sur la RN20, communément la route de l’Andorre, une course contre la montre est lancée au sein des services de l’État, tout comme pour les communes concernées.

Sur place, les pierres dorment toujours sur la route, au pied du mur de 250 mètres de haut duquel elles sont tombées, samedi 31 janvier. Aucune des roches n’a pu être dégagée. L’heure est pour le moment au diagnostic et à l’analyse pointilleuse de la situation.

“Je ne veux personne sur site”

Bien que la permission de nous rendre sur la zone d’éboulement nous a été accordée pour capturer des images, le préfet le répète : “je ne veux personne sur site”. Le risque est jugé beaucoup trop dangereux. La possibilité qu’un nouvel éboulement se déclenche n’est pas du tout à exclure, voire à envisager. “Ce n’est pas un sujet de moyen, c’est un sujet de complexité, d’analyse et de l’impact de la falaise”, communique Hervé Brabant mercredi 4 février. La paroi est dangereuse, il faut prendre toutes les précautions pour l’étudier. C’est pour cela qu’un hélicoptère est à l’usage sur site depuis plusieurs jours.

La route a été endommagée par la chute des matériaux.
La route a été endommagée par la chute des matériaux.
DDM ML

Pour le point de chute et les dégâts causés sur la voirie, ce sera dans un second temps. “Il faut aujourd’hui s’assurer de la solidité du reste avant d’imaginer des travaux plus bas. La première préoccupation du préfet est d’assurer la sécurité. Cette sécurité-là n’est pas acquise, on est sur une zone excessivement dangereuse, avec un réel risque de dérochement”, prononce le préfet.

Pas de réouverture avant “plusieurs semaines”

Inutile de compter les jours, ce sera davantage une question de “minimum plusieurs semaines”, annonce Hervé Brabant. Car une fois le diagnostic posé, il faudra également entamer les travaux de réparation de la voirie, toujours sous les qualités de la Direction interdépartementale des routes du Sud Ouest (DIRSO).

Une importante quantité de roches doit encore être déblayée.
Une importante quantité de roches doit encore être déblayée.
DDM ML

“Visiblement, cet éboulement a quand même bien impacté la route. Il y a une partie de la route qui a été, effectivement, détruite. Pour autant, la complexité du sujet porte plus sur la falaise et sur notre capacité à assurer sa stabilité et assurer le niveau de risque minimum, afin qu’on n’ait pas de nouveaux dérochements qui pourraient être supérieurs à ce qu’on a connu là”, ajoute le préfet.

Du manque à gagner en Haute Ariège

En attendant, il faut faire avec pour les communes d’Ax-les-thermes, de Merens-les-Vals et de l’Hospitalet-près-l’Andorre. La Région Occitanie a déjà traité dans l’urgence la problématique du transport des habitants ou des travailleurs de Haute-Ariège, avec une fréquence renforcée à destination de La-Tour-De-Carol. Il y aura du manque à gagner. L’usine d’Eau Neuve, située à Merens-les-Vals, fait partie des acteurs économiques touchés, tout comme les commerces locaux sensibles aux fluctuations d’activité.

100 m3 de roches ont dévalé la montagne.
100 m3 de roches ont dévalé la montagne.
DDM ML

“Les communes ne sont pas non plus coupées du monde, puisqu’il y a des itinéraires alternatifs par les Pyrénées Orientales qui permettent d’envoyer des vivres et tout ce qui est lié à la santé”, ajoute Hervé Brabant, avant de rappeler qu’une “voie d’urgence a été mise en place, où les ambulances circulent. J’insiste sur le fait qu’elle n’est autorisée qu’aux urgences vitales, car elle nécessite certaines précautions avant d’y circuler”.

“On a fait face à un aléa géotechnique majeur” : la DIRSO à l’action depuis le premier jour

Kevin Viverge est responsable de la maîtrise d’œuvre des travaux qui s’annoncent pour le confortement de la falaise et de réouverture de la chaussée. “Dans la nuit de vendredi à samedi, on a fait face à un aléa géotechnique majeur puisqu’un bloc d’environ 200 ms’est décroché de la falaise, avec la création d’un cratère qui a imposé la fermeture de la voie”, présente-t-il, à quelques mètres des faits. Les services de la DIRSO sont arrivés le samedi 31 janvier au matin. Le responsable de la division ouvrage d’art et géotechnique au service d’ingénierie rejoint le préfet en évoquant cette première phase de diagnostic en cours. “”Elle doit durer encore au moins une semaine, et c’est seulement à l’issue de cette phase qu’on pourra progresser pour la suite.”

“On a de la chance d’avoir une météo clémente”, précise le préfet. “On est soumis à différents aléas, dont la météo, où on a eu des accès uniquement par hélicoptère, que ce soit pour monter ou pour descendre. Tous ces aléas font que le diagnostic prend du temps”, nuance tout de même Kevin Viverge.

Aucun calendrier à l’heure actuelle

Mercredi 4 février, “il reste des zones à purger” sur la falaise, et “il est fort probable qu’on ait des confortements à réaliser sur la zone d’influence”, projette Kevin Viverge, casque orange sur la tête. Tant que la purge des blocs susceptibles de tomber n’est pas faite, “il nous est impossible d’intervenir en pied et donc sur la chaussée au moins identique à l’avant évènement”, abonde le responsable.

Aucun calendrier ne peut être annoncé. “Le calendrier sera forcément soumis aux aléas puisque l’accès en hélico, s’il y a du vent, de la pluie, de la neige, ce n’est pas possible, donc pour l’instant ce n’est pas clair”, confie Kevin Viverge.

source

TAGS: