February 4, 2026

Guerre en Ukraine : l’Europe a secrètement prévu une riposte militaire en cas de violation par la Russie d’un futur cessez-le-feu

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À la veille d’un nouveau round de discussions trilatérales à Abou Dhabi, le “Financial Times” révèle l’existence d’un projet de déploiement de forces européennes, soutenues par les États-Unis, en cas de violations d’un futur cessez-le-feu par Moscou.

Alors que des négociations trilatérales débuteront ce mercredi 4 février à Abou Dhabi entre Ukrainiens, Russes et Américains, le Financial Times révèle l’existence d’un projet de déploiement de forces européennes, soutenues par les États-Unis, en cas de violations par Moscou du futur cessez-le-feu dont il sera question pendant deux jours aux Émirats arabes unis.
Les discussions confidentielles menées entre décembre et janvier, qui ont impliqué des responsables ukrainiens, européens et américains, auraient abouti à l’élaboration d’un dispositif de réaction gradué face aux potentielles agressions russes.
La stratégie vise à sécuriser un éventuel accord de paix, alors qu’au soir du 2 février, les Russes ont déclenché une attaque de grande envergure contre les installations énergétiques de plusieurs villes ukrainiennes. “Ils ont rompu leur promesse et ignoré les efforts de leurs partenaires américains pour établir une trêve d’une semaine”, a considéré Volodymyr Zelensky. En réponse aux déclarations de Donald Trump, le Kremlin, de son côté, avait annoncé la suspension des frappes contre les installations énergétiques, mais seulement jusqu’au 1er février.

Un plan de réactions gradué

Le nouveau round de négociations qui doit s’ouvrir à Abou Dhabi se déroulera donc dans le climat de défiance et de suspicion qui pèse sur les discussions de paix entre Moscou et Kiev. C’est ainsi que fin 2025, Ukrainiens, Européens et Américains qui évoquaient un éventuel cessez-le-feu, ont simultanément anticipé sa rupture par la Russie et échafaudé un protocole de réaction immédiate.
Toute infraction initiale provoquerait d’abord un avertissement diplomatique, suivi d’une riposte de l’armée ukrainienne sous 24 heures. Si les violations devaient persister, des soldats issus de la coalition des volontaires seraient alors déployés sur le terrain.

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Une opération militaire prévue en cas d’offensive de grande ampleur

En cas d’offensive russe de grande envergure, le document mentionne le déclenchement d’une opération militaire, avec une intervention de soldats déployés par les membres de la “coalition des volontaires”, soit de nombreux pays européens, le Royaume-Uni, la Norvège, l’Islande et la Turquie. Bénéficiant de l’appui des forces des États-Unis, elle interviendrait 72 heures après le constat de la rupture initiale du cessez-le-feu. Ce mécanisme s’appuie sur un accord conclu le 6 janvier entre Paris, Londres et Kiev pour garantir la sécurité de l’Ukraine après le conflit.

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L’implication de l’administration américaine reste toutefois soumise à des conditions logistiques et politiques spécifiques. Si Washington doit superviser le respect des engagements le long de la ligne de contact, l’administration dirigée par Donald Trump demeure imprécise sur les capacités militaires réelles qu’elle compte engager. Le président américain a réaffirmé à plusieurs reprises que la responsabilité du maintien de la paix sur le continent incombait prioritairement aux nations européennes.

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Cette position intervient dans un contexte de réduction drastique de l’aide militaire américaine envers Kiev. Malgré ces incertitudes, le plan entérine le principe d’un soutien des États-Unis à cette force multinationale dirigée par l’Europe. Parallèlement, Volodymyr Zelensky a récemment indiqué que les échanges avec les Américains concernant les garanties de sécurité étaient désormais finalisés.

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