Le président des Emirats arabes unis au centre et les délégations américaine, russe et ukrainienne lors du premier cycle de pourparlers, le 23 janvier 2026. AFP PHOTO/UAE PRESIDENTIAL COURT
« Nous pensons qu’il est réaliste de parvenir à une paix digne et durable », a déclaré le président ukrainien Volodymyr Zelensky en début de semaine à propos des négociations de deux jours qui s’ouvriront mercredi 4 février à Abu Dhabi, aux Emirats arabes unis. Presque quatre ans après l’invasion de son pays par la Russie, les questions de sécurité, d’adhésion aux organes internationaux et surtout de contrôle de territoires restent suspendues à ces pourparlers tripartites.
• Un nouveau cycle de négociations
Ce cycle de négociations, prévu le mercredi 4 et le jeudi 5 février, fait suite à celui qui avait eu lieu les 23 et 24 janvier derniers.
Le sujet de la cession de territoires y sera particulièrement débattu. La Russie exige en effet que les forces ukrainiennes se retirent des zones de la région industrielle et minière de Donetsk, dans l’est de l’Ukraine, qu’elles contrôlent encore.
La question des conditions de sécurité pour parvenir à mettre fin à la guerre sera à nouveau soulevée. Pour Volodymyr Zelensky, « aucune garantie de sécurité ne peut fonctionner sans les Etats-Unis ». La Russie exige aussi un engagement de Kiev à ne pas adhérer à l’Otan.
• L’Union européenne à la marge
Grande absente de ces pourparlers : l’Union européenne. Alors que le ministre français délégué au Commerce extérieur, Nicolas Forissier, est arrivé à Kiev ce mardi pour une série de rencontres autour de la reconstruction de l’Ukraine, qu’Ursula von der Leyen se rendra en Ukraine pour marquer les quatre ans de la guerre et que plusieurs pays européens, dont la France, ont proposé d’envoyer des troupes dans le pays pour aider au maintien de la paix, les négociations se déroulent loin de l’Europe et sans participation des pays de l’UE.
Ces derniers craignent que Washington ne pousse Kiev à accepter un accord jugé trop favorable à Moscou. La Russie n’a pour sa part eu de cesse de critiquer l’ingérence des Européens dans les négociations.
De plus en plus critique ces dernières semaines envers ses principaux soutiens, Zelensky a d’ailleurs prononcé un discours particulièrement dur à leur encontre à Davos, le 22 janvier, disant voir une Europe « fragmentée » et « perdue » lorsqu’il s’agit d’influer sur les positions de Donald Trump, et manquant de « volonté politique » face à Vladimir Poutine.
• L’Ukraine sous attaque russe
Malgré ces négociations prévues, l’offensive russe s’intensifie en Ukraine. Alors que Volodymyr Zelensky se félicitait lundi 2 février de récentes « mesures de désescalade » avec la Russie, Moscou a lancé, pendant la nuit du 2 au 3 février, sa « plus puissante » attaque de drones et missiles sur l’Ukraine depuis le début de l’année, laissant des centaines de milliers de personnes sans chauffage par des températures glaciales.
Selon l’armée de l’air ukrainienne, l’armée russe a tiré 71 missiles et 450 drones d’attaque, dont respectivement 38 et 412 ont été interceptés.
Ces frappes, largement vues en Ukraine comme une tentative du Kremlin de briser l’esprit de la population civile, ont touché huit régions dont celles de Kiev, Dnipro (centre-est), Kharkiv (nord-est) et Odessa (sud). Un célèbre monument soviétique commémorant la victoire sur l’Allemagne nazie a aussi été endommagé, au pied de la statue géante de la « Mère Patrie » (rebaptisée « Mère Ukraine ») qui trône au-dessus de Kiev.
Les frappes russes massives de la nuit dernière en Ukraine ne témoignent pas d’un engagement « sérieux » de la part du Kremlin en faveur de la paix, a affirmé mardi à Kiev le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte, présent lors d’une alerte aérienne dans la capitale.

