Le récent comité de suivi a confirmé les craintes de l’ensemble des soutiens de l’usine, qui travaillent à sa pérennité depuis plusieurs années.
La phrase émane de MM. Viala, Teyssèdre, Keroslian, Mazars, Marc et Anglars qui, en tant que participants au comité de suivi, ont fait part, mardi, de leurs inquiétudes à l’issue de la dernière réunion de l’instance.
Autour de la préfète de l’Aveyron, du délégué interministériel aux restructurations d’entreprises et des représentants syndicaux de l’usine, une nouvelle réunion de ce comité de suivi s’est donc tenue lundi 28 janvier, avec à la clé un communiqué signé des élus… et dont le constat est plutôt amer.
“Des productions sans potentiel de développement”
Morceaux choisis : “Bosch a confirmé une situation industrielle marquée par une absence totale de visibilité à moyen terme” ; “le site d’Onet-le-Château est aujourd’hui cantonné à des productions sans potentiel de développement” ; “Bosch n’exprime aucune volonté de maintien pérenne de l’activité au-delà de 2030. L’hypothèse d’une fermeture progressive du site n’est pas écartée par l’entreprise.”
Soucieux de longue date du devenir de l’entreprise, les élus impliqués font part de leurs inquiétudes de manière si directe pour la première fois.
“Plus d’activité de production en France”
Comme en écho aux propos du représentant syndical (Sud) Cédric Belledent dans nos colonnes le 22 février : “Depuis 5 ans, tous les sites français de Bosch qui étaient proches des 300 salariés ont fermé. Le groupe Bosch ne souhaite plus qu’il y ait d’activité de production en France. Avec les fermetures annoncées en 2026, ce sont 300 personnes qui vont pointer au chômage. Il ne va rester que deux sites en France : le siège social (situé à Saint-Ouen-Drancy) avec ses 1 200 salariés… et l’usine d’Onet-le-Château.”
La diversification reste à l’arrêt, la redynamisation engagée
Autre signal alarmant, pointé par les élus au sortir du comité de suivi : les échanges avec les secteurs de l’aéronautique et de l’armement n’ont pas permis d’identifier des opportunités de diversification à court terme… “car Bosch ne souhaite pas s’y engager”.
L’entreprise a confirmé l’arrêt progressif de la production de buses d’injecteurs diesel sur le site, programmé dans le cadre de l’accord signé en 2021, et annoncé l’arrivée prochaine de deux lignes de production de capteurs à destination des arbres à came des automobiles. Cette nouvelle activité devrait préserver l’emploi d’une trentaine de personnes.
Face à cette situation, le comité de suivi a décidé d’engager officiellement “la phase de redynamisation industrielle du site d’Onet-le-Château”. L’idée est de valoriser les surfaces foncières et les bâtiments que Bosch n’utilise plus afin d’y accueillir de nouvelles entreprises industrielles.
Une première réunion technique se tiendra dans les prochaines semaines à ce sujet afin notamment de définir un cahier des charges clair et lancer des actions de prospection.
“Préparer la reconversion et la réindustrialisation”
“Bosch organise méthodiquement sa sortie du territoire sans projet industriel de long terme. Il s’agit d’anticiper, de protéger l’emploi, de préserver les compétences et de préparer dès aujourd’hui la reconversion et la réindustrialisation du site”, poursuivent les élus.
Perte de compétences et conséquences économiques
D’ici à 2030 et conformément au récent plan de sauvegarde de l’emploi homologué par l’État, une réduction significative des effectifs est programmée, passant de 550 employés actuellement à 350 dans quatre ans.
Aucun départ ne devrait être contraint et ceux qui quitteront l’entreprise le feront dans le cadre de départs anticipés à la retraite ou volontaires.
Des engagements sociaux qui, pour les élus, “ne sauraient masquer la réalité d’une baisse continue des effectifs, d’une perte des compétences et d’un risque majeur de perte de savoir-faire industriel pour le territoire, sans oublier les conséquences économiques induites sur le bassin ruthénois large”, concluent les élus.

