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Le Nouvel Obs avec AFP
Le ministère algérien des Affaires étrangères a convoqué samedi le chargé d’affaires de l’ambassade de France à Alger pour protester contre un numéro de Complément d’enquête, diffusé jeudi sur France 2,(Photo d’illustration). ALAIN JOCARD / AFP
Le ministère algérien des Affaires étrangères a convoqué samedi le chargé d’affaires de l’ambassade de France à Alger pour protester contre un numéro de Complément d’enquête, diffusé jeudi sur France 2, intitulé « Rumeurs et coups tordus : la guerre secrète France-Algérie » et consacré à la crise diplomatique entre les deux pays. Dans un communiqué, Alger qualifie l’émission de « tissu de contre-vérités », allant jusqu’à dénoncer « une véritable agression contre l’Etat algérien, ses institutions et ses symboles ».
Le ministère met aussi en cause la participation de l’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, qui dirige l’ambassade depuis Paris après avoir quitté le pays à la demande du président Emmanuel Macron, sur fond de crise bilatérale persistante depuis l’été 2024.
Dans ce numéro, l’ambassadeur revient notamment sur la décision d’Emmanuel Macron, fin juillet 2024, de soutenir la proposition marocaine d’autonomie pour le territoire disputé du Sahara occidental, suivie par le rappel par Alger de son ambassadeur à Paris. Alger soutient dans ce conflit les indépendantistes du Polisario, opposés à Rabat.
Le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Chems-Eddine Hafiz, proche du président Abdelmadjid Tebboune, affirme dans l’émission que ce soutien de Paris à Rabat sur le Sahara occidental « a mis fin à la relation » entre les deux chefs d’Etat.
Jeudi, quelques heures avant la diffusion du programme, l’APS, l’agence officielle de presse algérienne, avait publié une dépêche à charge contre l’audiovisuel public français, dénonçant « un intitulé racoleur » et « un média public qui a troqué l’exigence journalistique contre les thèses les plus rances de l’extrême droite française ». L’APS critique « une entreprise de désinformation méthodique, où l’Algérie sert de cible obsessionnelle et de fonds de commerce médiatique. »
L’ancien ambassadeur et un influenceur visés par Alger
Dans ce communiqué, l’organisme étatique pointe, sans le nommer, Xavier Driencourt, ancien ambassadeur de France en Algérie, décrit comme un « ex-faux diplomate français, un agité, atteint d’une véritable pathologie obsessionnelle nommée “Algérie” »
Un journaliste du Point relève ce que « si l’on voit bien l’ancien diplomate français intervenir dans la bande-annonce du dernier épisode de Complément d’enquête, il n’apparaît pas dans l’émission. » Xavier Driencourt ne s’est pas exprimé sur le sujet, mais il a relayé un post sur le réseau social X dénonçant son absence du montage final du programme, rapporte Le Point.
L’APS revient également sur l’intervention de l’influenceur controversé Amir DZ, toujours sans le nommer, et le qualifie de « dealer de drogue, maître chanteur, analphabète, voyou sans formation ni légitimité intellectuelle ». De son vrai nom Amir Boukhors, cet opposant au pouvoir algérien a été victime, en avril 2024, d’un enlèvement sur le sol français. La justice française a délivré un mandat d’arrêt international contre un ancien diplomate de l’ambassade d’Algérie à Paris pour sa participation présumée.

