Nouveau succès commercial pour le fabricant de satellite toulousain qui fournira un instrument critique pour un satellite espion de l’armée française.
La France renforce ses capacités d’observation militaire depuis l’espace. Et cela profite à Thales Alenia Space (TAS) et notamment à son site de Toulouse. Le fabricant de satellites, détenu à 67 % par le français Thales et à 33 % par l’italien Leonardo, vient de décrocher une nouvelle commande pour l’État français. La direction générale de l’armement (DGA) et le Centre national d’études spatiales (Cnes) viennent de sélectionner TAS pour fournir la charge utile et le segment sol utilisateur de la mission DESIR (Démonstrateur des Éléments Souverains d’Imagerie Radar). C’est un autre Toulousain, Loft Orbital, une société du New Space, qui a été désigné maître d’œuvre du satellite.
Un satellite capable de voir de jour comme de nuit
Il s’agit pour Thales Alenia Space de concevoir et de fabriquer le coeur du satellite à savoir un radar embarqué pour le satellite militaire qui sera capable d’observer de jour comme de nuit, quelles que soient les conditions météorologiques. Cette faculté sera permise par l’imagerie radar à synthèse d’ouverture (SAR). Le segment sol également confié à Thales Alenia Space permettra, lui, de suivre l’orbite du satellite et de le guider. Si la mission principale du satellite est bien militaire, il pourra aussi être utilisé pour la surveillance de l’environnement, la gestion des crises ou encore la surveillance maritime. Ce premier satellite est un démonstrateur qui pourra déboucher sur la fabrication d’autres satellites de série dans le futur. Il embarque aussi une autre PME toulousaine du spatial avec Tekever qui fournira l’antenne active SAR, un élément critique qui conditionne directement les performances du système et la qualité de ses données en mission.
Une bouffée d’oxygène pour le site de Toulouse
C’est à Toulouse que ces deux équipements majeurs pour la mission DESIR seront construits. Le site emploie 2 400 salariés et cumule plusieurs spécialités dont la conception et la fabrication d’instruments d’observation de la Terre avec une expertise reconnue dans les altimètres ainsi que dans les segments sol. Ce contrat dont le montant n’a pas été dévoilé est une bonne nouvelle pour le site toulousain de Thales Alenia Space puisqu’il représente “près de trois ans de travail” selon une source industrielle. Ce nouveau succès commercial intervient alors que le plan Thémis de réduction d’effectifs avait été lancé en 2025 par le satellitier. Il visait 650 postes à Toulouse mais a été suspendu par la direction en raison de plusieurs succès commerciaux engrangés ces derniers mois.
En effet, TAS a raflé plusieurs contrats depuis un an. Il a gagné l’intégration d’un satellite d’observation de la Terre auprès de l’agence spatiale italienne en lien avec la Nasa américaine ainsi que la fabrication de la charge utile du troisième satellite de la mission européenne Copernicus pour 88 M€. TAS a aussi été retenu pour prolonger la durée de vie du programme EGNOS qui sert à géolocaliser avec précision les avions notamment avec un contrat de 51 M€.

